Une Française contaminée par le virus Andes, souche de l’hantavirus rare contracté lors d’une croisière en Patagonie, est actuellement hospitalisée dans un état critique. Les infectiologues ont confirmé qu’elle souffre de la forme cardiopulmonaire la plus sévère de la maladie. Pour maintenir son oxygénation, les médecins ont recours à une ECMO, un dispositif de circulation extracorporelle souvent surnommé « poumon artificiel ».
La patiente, contaminée lors d’une croisière d’expédition en Patagonie, présente la forme cardiopulmonaire la plus grave de l’infection. Selon les médecins qui suivent son cas, son état a nécessité une mise sous ECMO, une technique de suppléance vitale utilisée dans les situations respiratoires extrêmes.
Car tous les hantavirus ne se ressemblent pas. Et celui-ci fait partie des très rares hantavirus capables de se transmettre entre humains.
Une Française revenue de la croisière d’expédition en Patagonie chilienne a développé la forme cardiopulmonaire la plus sévère du virus Andes, un hantavirus rare présent en Amérique du Sud. Hospitalisée en réanimation, elle est actuellement placée sous ECMO, une assistance respiratoire extracorporelle surnommée “poumon artificiel”, après une dégradation rapide de son état pulmonaire, ont indiqué les infectiologues chargés de son suivi.
Le cas est pris très au sérieux par les autorités sanitaires françaises et internationales. Car contrairement aux hantavirus observés habituellement en Europe, essentiellement responsables d’atteintes rénales modérées, le virus Andes peut provoquer une détresse respiratoire fulgurante avec un taux de mortalité compris entre 35% et 40%.
Surtout, il demeure à ce jour le seul hantavirus pour lequel des transmissions interhumaines ont été clairement documentées, selon l’OMS. En France, plusieurs cas contacts font désormais l’objet d’une surveillance sanitaire renforcée.
Hantavirus : un virus transmis par les rongeurs
Les hantavirus appartiennent à une famille de virus transportés principalement par des rongeurs sauvages. Les contaminations humaines surviennent généralement après inhalation de particules issues d’urines, de salive ou d’excréments de rongeurs infectés.
Selon l’Institut Pasteur, ces virus sont présents dans de nombreuses régions du monde. En Europe, ils provoquent surtout des atteintes rénales appelées « fièvres hémorragiques avec syndrome rénal », souvent moins sévères.
Mais en Amérique du Sud circule le virus Andes. Et celui-ci peut provoquer un syndrome cardiopulmonaire à hantavirus, beaucoup plus dangereux.
Concrètement, le virus attaque les poumons et les vaisseaux sanguins. Les patients développent rapidement une détresse respiratoire aiguë, les poumons se remplissent de liquide, l’oxygène n’arrive plus correctement dans le sang et le cœur peut lui aussi être fragilisé.
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) rappelle que la mortalité de cette forme sévère peut atteindre 35 à 40 %, parfois davantage selon les foyers épidémiques observés en Amérique latine.
Hantavirus : qu’en est-il de la Française contaminée ?
Une évolution brutale en quelques heures
L’état de la patiente s’est dégradé rapidement une fois arrivée sur le sol français. Les premiers symptômes ressemblent souvent à une grosse grippe :
- forte fièvre,
- douleurs musculaires,
- fatigue intense,
- maux de tête,
- parfois troubles digestifs.
Puis, tout s’accélère.
« Les signes respiratoires peuvent apparaître brutalement après quelques jours d’évolution », explique l’OMS. Une toux sèche s’installe, l’essoufflement augmente et l’oxygénation chute rapidement. C’est précisément ce qui semble s’être produit chez la patiente française.
L’ECMO, ce “poumon artificiel” utilisé en dernier recours
Pour maintenir la jeune femme en vie, les médecins utilisent désormais une ECMO, pour “ExtraCorporeal Membrane Oxygenation”. Le sang est prélevé hors du corps, oxygéné artificiellement par une machine, puis réinjecté dans l’organisme.
La machine remplace temporairement le travail des poumons et parfois celui du cœur.
Cette technique est réservée aux cas les plus critiques. En France, elle est utilisée dans certains services spécialisés de réanimation, notamment lors de défaillances respiratoires sévères. Le grand public l’avait découverte pendant la pandémie de Covid-19, lorsque plusieurs patients jeunes avaient été placés sous ECMO après des formes fulgurantes.
Selon la Société de réanimation de langue française (SRLF), l’ECMO constitue une thérapeutique lourde, complexe et très encadrée, mobilisant des équipes hautement spécialisées.
Pourquoi ce cas inquiète particulièrement les infectiologues ?
Le virus Andes n’est pas seulement redouté pour sa gravité clinique. Il intrigue aussi les scientifiques parce qu’il est le seul hantavirus pour lequel des transmissions interhumaines ont été clairement documentées.
Plusieurs études menées en Argentine et au Chili ont montré des contaminations entre proches, notamment lors de contacts étroits et prolongés. C’est ce qui pousse aujourd’hui les autorités sanitaires françaises à surveiller attentivement les cas contacts de la patiente.
Selon l’ANRS-Maladies infectieuses émergentes, plusieurs personnes revenues de la même croisière font actuellement l’objet d’un suivi médical. La période d’incubation peut atteindre six semaines.
Pour autant, selon les spécialistes, le virus ne se transmet pas comme la grippe ou le Covid-19. Les contaminations interhumaines documentées concernent essentiellement des contacts rapprochés, souvent familiaux ou conjugaux.
Hantavirus : existe-t-il un traitement ?
À ce jour, il n’existe ni traitement antiviral spécifique validé, ni vaccin largement disponible contre les hantavirus.
La prise en charge repose essentiellement sur des soins de réanimation :
- oxygénation,
- assistance respiratoire,
- soutien cardiaque,
- surveillance intensive.
Les spécialistes insistent sur l’importance d’une prise en charge précoce. Plus le syndrome respiratoire est détecté rapidement, meilleures sont les chances de survie.
Épidémie d’hantavirus : faut-il s’inquiéter en France ?
Pour les autorités sanitaires, la réponse reste non. L’ECDC estime actuellement que le risque de diffusion large en Europe est “très faible”. Aucun signal de circulation communautaire n’a été détecté.
Les infectiologues rappellent aussi que les hantavirus nécessitent généralement des conditions de transmission bien particulières.
Le principal enjeu aujourd’hui consiste surtout à identifier rapidement les personnes ayant eu des contacts rapprochés avec les cas confirmés afin de surveiller l’apparition éventuelle de symptômes.
À SAVOIR
Le virus Andes peut survivre plusieurs jours dans des environnements froids et humides. Selon les CDC américains, des particules virales restent parfois infectieuses dans des lieux clos mal ventilés fréquentés par des rongeurs, comme certaines cabanes ou refuges de Patagonie.








