Une femme souffrant de rhizarthrose, l'arthrose du pouce.
L'arthrose du pouce frappe surtout les femmes, après 50 ans. © Freepik

L’arthrose du pouce, ou rhizarthrose, est beaucoup plus répandue qu’on ne le pense. Une personne sur trois, après 65 ans, souffrirait de cette affection dont on parle paradoxalement peu, malgré sa prévalence et ses lourdes répercussions sur le quotidien. Coup de projecteur sur les causes de la rhizarthrose, les signes qui alertent et les moyens de la soulager.

Deux millions de Français souffriraient de cette forme d’arthrose méconnue. La rhizarthrose, dénomination médicale de l’arthrose du pouce, touche l’articulation entre le trapèze (un os du poignet) et le premier métacarpien (l’os du pouce).

Cette articulation, appelée “trapézo-métacarpienne”, est essentielle pour les mouvements de préhension. L’arthrose, ou l’usure du cartilage, empêche l’articulation de bien fonctionner, provoquant douleur, raideur et parfois des déformations du pouce. Cette dégradation progressive du cartilage, d’ailleurs, est souvent bilatérale : elle touche le plus souvent les deux pouces en même temps.

La rhizarthrose est souvent classée dans le panier des rhumatismes, ces douleurs articulaires qui s’intensifient en fonction des saisons. Mais il s’agit bien d’une pathologie articulaire à part entière.

Le principal facteur de risque de la rhizarthrose est l’âge, puisque le cartilage s’use naturellement avec le temps. En France, cette maladie “affecte majoritairement les femmes de plus de 50 ans, souvent après la ménopause”, selon la plate-forme Arthrose-Pouce.com (voir À SAVOIR). Le vieillissement est donc en première ligne, mais certaines personnes plus jeunes peuvent aussi être affectées, en particulier celles ayant des métiers ou des activités sollicitant beaucoup les mains, comme les couturières ou les musiciens.

D’autres facteurs, comme des blessures antérieures au pouce, peuvent également favoriser l’apparition de cette affection. De plus, certaines personnes ont une prédisposition génétique qui les rend plus vulnérables à l’arthrose.

La rhizarthrose se manifeste généralement par des douleurs à la base du pouce, qui augmentent lors de mouvements répétitifs ou d’efforts. Au début, la douleur peut être supportable, mais elle devient plus fréquente et plus intense à mesure que la maladie progresse. Elle peut aussi être accompagnée de raideur et de gonflement, et parfois même de déformation de l’articulation. La douleur peut se faire sentir non seulement lors de l’utilisation du pouce, mais aussi au repos.

Un autre symptôme courant est la perte de force, ce qui rend plus difficile la prise d’objets ou l’exécution de gestes quotidiens. À chaque changement de saison, notamment au passage de l’hiver au printemps, certaines personnes constatent une aggravation de leurs douleurs, un phénomène souvent lié aux variations de température et de pression atmosphérique.

“Raideurs, gonflements, déformation, perte de force ou de mobilité sont autant de manifestations possibles”, résument les experts d’Arthrose-Pouce.com. “Ces épisodes, parfois banalisés, peuvent pourtant constituer un signal d’alerte à ne pas négliger”. Car les conséquences ne sont pas neutres.

Une perte progressive de mobilité

Si la rhizarthrose n’est pas traitée, la douleur et la raideur peuvent s’intensifier. L’usure du cartilage entraîne souvent une déformation de l’articulation, et la mobilité du pouce se réduit progressivement.

Les gestes du quotidien deviennent alors de plus en plus difficiles à accomplir. Dans les formes avancées, la douleur devient chronique et l’articulation peut se déformer, rendant la prise d’objets ou l’exécution de tâches simples de plus en plus compliquée.

Un impact sur la vie de tous les jours

Les douleurs liées à la rhizarthrose peuvent grandement affecter la vie quotidienne. En effet, le pouce étant essentiel pour de nombreuses tâches manuelles, la douleur peut rendre certains gestes impossibles à réaliser. Des activités courantes comme saisir un objet, cuisiner ou même utiliser un téléphone deviennent difficiles. Pour beaucoup, cela peut entraîner une perte de qualité de vie, affectant aussi bien la vie professionnelle que personnelle.

Certaines personnes renoncent à pratiquer des activités de loisirs, comme le sport ou la musique, en raison de la douleur. D’autres doivent ajuster leur façon de travailler ou de vivre au quotidien pour limiter l’impact de la maladie.

Heureusement, plusieurs traitements permettent de soulager les symptômes de la rhizarthrose et d’améliorer la qualité de vie des patients. Dans les premiers stades, des solutions non chirurgicales comme des attelles sur-mesure, portées principalement la nuit, peuvent aider à stabiliser l’articulation et à réduire la douleur. Des exercices de rééducation et la réduction des gestes répétitifs peuvent aussi être efficaces.

“Lorsque la douleur devient plus fréquente, persistante, ou impacte les gestes du quotidien, une évaluation plus approfondie par un médecin qui pourra prescrire un traitement médical (antalgiques, anti-inflammatoires, infiltrations), devient nécessaire”.

Les médecins, en premier lieu, privilégient donc la prescription d’anti-inflammatoires ou d’infiltrations de corticoïdes pour soulager l’inflammation et la douleur. Mais dans les cas où les traitements médicaux ne sont pas suffisants, des solutions chirurgicales existent. La pose d’une prothèse permet de remplacer l’articulation endommagée, offrant une meilleure mobilité et un soulagement durable de la douleur.

Une autre option est la trapézectomie, une intervention qui consiste à retirer l’os du trapèze pour soulager la douleur. Ces traitements chirurgicaux sont généralement proposés lorsque les autres options ont échoué.

À SAVOIR

La plateforme arthrose-pouce.com propose une information complète et accessible sur l’arthrose du pouce. Il offre des conseils utiles pour identifier les symptômes et connaître les solutions adaptées à chaque stade de la maladie. La plateforme permet ainsi aux patients de mieux comprendre leur affection et de trouver les bons professionnels pour les accompagner dans leur parcours de soins.

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Journaliste santé depuis de nombreuses années, Antoine Aulagnon possède une vaste expérience dans la création de contenus informatifs et précis dans le domaine de la santé, de la forme et du bien-être. Il a rejoint la team Ma Santé en 2018.

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