Une femme qui se demande pourquoi elle devient de plus en plus petite avec l’âge.
Les femmes ont tendance à perdre un peu plus de taille que les hommes avec l’âge. © Freepik

Passé 40 ans, nous entamons tous, sans exception, une lente descente vers le bas. En France, ce phénomène physiologique universel nous fait perdre entre 2 et 5 centimètres au fil des décennies. Mais pourquoi devient-on peu à peu plus petit avec l’âge ? Explications.

On atteint notre taille définitive à la fin de la croissance, généralement à la fin de l’adolescence, autour de 18-20 ans. Ensuite, elle reste stable pendant longtemps.

Mais avec les années, le corps change doucement. D’après l’Inserm, la colonne vertébrale commence progressivement à se modifier dès la quarantaine, pour s’accélérer après 60 ans. Alors, attention, on ne “rétrécit” pas d’un coup. Mais, au total, nous pouvons perdre environ 1 cm par décennie après 40 ans. Mais, où vont ces précieux centimètres ? 

Une colonne vertébrale qui se tasse

La colonne vertébrale est constituée de 33 vertèbres empilées, dont 24 sont mobiles, séparées par des disques intervertébraux, sortes de coussins souples riches en eau.

Avec l’âge, ces disques se modifient :

  • ils perdent progressivement leur hydratation
  • ils deviennent moins souples
  • leur épaisseur diminue

On peut imaginer une éponge bien humide : au début, elle est épaisse et souple. Quand elle sèche, elle devient plus fine et moins flexible. Les disques font un peu la même chose avec le temps. 

Comme ces “coussins” s’aplatissent, l’espace entre les vertèbres diminue. Mis bout à bout sur toute la colonne, cela finit par faire quelques millimètres en moins… puis quelques centimètres au fil des années. C’est ce qu’on appelle la dégénérescence discale.

Des os plus fragiles : l’effet de l’ostéoporose

Avec l’âge, les os se renouvellent moins bien. Normalement, notre corps fabrique de l’os neuf et en détruit en permanence. Mais en vieillissant, cet équilibre se dérègle et on perd plus d’os qu’on en fabrique. Ils deviennent moins denses, plus “poreux”, donc plus fragiles… C’est ce qu’on appelle l’ostéoporose.

D’après Santé publique France, cette maladie concerne environ 2 à 3 millions de personnes en France, surtout des femmes après la ménopause.

Mais quel lien avec la taille ? Eh bien ce sont surtout les vertèbres qui sont concernées. Quand elles sont fragilisées, elles peuvent se fissurer ou s’écraser légèrement. À force, ces petits “écrasements” répétés font perdre un peu de hauteur.

Le rôle décisif des muscles

Au fil des années, la masse musculaire diminue. Ce phénomène, appelé sarcopénie, commence tôt, dès la trentaine, et s’accentue avec le temps. D’après l’Inserm, on peut perdre environ 3 à 8 % de masse musculaire par décennie après 30 ans.

Or, les muscles ne servent pas seulement à bouger. Ils permettent aussi de maintenir le corps droit, en particulier les muscles du dos et de la ceinture abdominale. Quand ces muscles s’affaiblissent, la posture change peu à peu :

  • le dos a tendance à se courber
  • les épaules s’enroulent vers l’avant
  • la tête se projette légèrement vers l’avant

Cette modification de la posture donne l’impression de “rapetisser”… et contribue réellement à la diminution de la taille mesurée.

Des articulations qui s’usent

Le vieillissement ne concerne pas seulement les os et les muscles. Les articulations sont aussi touchées.

Dans une articulation, les extrémités des os sont recouvertes de cartilage. Ce tissu lisse agit comme une surface de glissement et permet aux os de bouger facilement les uns contre les autres, sans frottement.

Avec le temps, ce cartilage s’use. Il devient plus fin, moins souple, parfois irrégulier. Cette usure concerne particulièrement les articulations qui supportent le poids du corps, comme les hanches et les genoux.

Quand ces articulations deviennent moins efficaces ou un peu douloureuses, la posture peut s’adapter :

  • on se tient légèrement différemment
  • on fléchit un peu plus les jambes
  • l’équilibre du corps se modifie

Ces ajustements influencent la façon de se tenir debout.

Si perdre quelques centimètres est normal, une diminution importante ou rapide doit alerter. La Haute Autorité de santé (HAS) recommande de consulter en cas de perte de taille rapide supérieure à 3 cm, car cela peut révéler :

  • une ostéoporose avancée
  • des fractures vertébrales
  • ou d’autres pathologies sous-jacentes

Un suivi médical permet alors de poser un diagnostic et, si besoin, de mettre en place un traitement.

L’activité physique régulière

Bouger reste essentiel à tout âge. L’activité physique permet d’entretenir les muscles, en particulier ceux du dos, qui jouent un rôle clé dans la posture.

Elle contribue aussi à stimuler les os, ce qui aide à ralentir leur fragilisation. Les exercices les plus utiles sont :

Une alimentation adaptée

L’alimentation joue un rôle direct sur la solidité des os. Un apport suffisant en calcium (produits laitiers, certaines eaux minérales, légumes verts) est nécessaire pour maintenir la densité osseuse. La vitamine D, quant à elle, permet au corps de bien absorber ce calcium.

D’après Santé publique France, les besoins en calcium restent élevés avec l’âge, et une carence peut favoriser la fragilité osseuse.

La posture au quotidien

La manière de se tenir a un impact concret et direct sur la taille. Avec le temps, on a tendance à se voûter sans s’en rendre compte. Être attentif à sa posture permet de limiter cet effet :

  • se tenir droit en position debout et assise
  • éviter de rester longtemps immobile
  • bouger régulièrement dans la journée

Ces gestes simples aident à préserver l’alignement du corps et à limiter la perte de quelques centimètres liée à la posture.

À SAVOIR

Avec l’âge, tout le monde perd quelques centimètres. Mais cette diminution est généralement plus marquée chez les femmes. Selon l’Inserm, cela s’explique surtout par la ménopause. La baisse des œstrogènes (hormones féminines) accélère la perte de densité osseuse, ce qui favorise l’ostéoporose et les tassements des vertèbres.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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