La France figure désormais parmi les pays d’Europe de l’Ouest les mieux placés en termes d’espérance de vie et de qualité des soins. © Adobe Stock
La France figure désormais parmi les pays d’Europe de l’Ouest les mieux placés en termes d’espérance de vie et de qualité des soins. © Freepik / Follow

La France se distingue par une santé globale enviable, parmi les meilleures en Europe. Mais derrière ce tableau flatteur se cache une réalité plus nuancée : le tabac continue de miner les efforts de santé publique. Décryptage.

Avec une espérance de vie de 85,7 ans pour les femmes et 80 ans pour les hommes en 2023, la France figure parmi les pays les plus performants d’Europe en matière de longévité selon l’Insee. Ces bons résultats s’expliquent notamment par un système de santé robuste, des campagnes de prévention efficaces, et un suivi médical globalement bien assuré.

Par ailleurs, les efforts de dépistage, notamment pour les cancers du sein ou colorectal, se sont intensifiés ces dernières années, tout comme la promotion de l’activité physique. Résultat : la santé perçue par les Français reste majoritairement positive, et les maladies cardiovasculaires reculent lentement mais sûrement selon Santé publique France.

Le tabac : première cause de décès évitable en France

Les Français vivent longtemps et plutôt en bonne santé. Mais tout n’est pas rose. Le tabac reste la première cause de mortalité évitable en France, avec environ 75 000 décès chaque année. C’est plus que les accidents de la route, l’alcool ou les drogues réunis, selon Santé publique France. Et malgré les campagnes, les chiffres peinent à baisser.

En 2022, près de 12 millions d’adultes fumaient quotidiennement, soit 24,5 % des 18-75 ans. Un chiffre quasi stable depuis 2019, ce qui montre les limites des politiques actuelles.

Une addiction qui creuse les inégalités sociales

Autre constat préoccupant : le tabagisme touche beaucoup plus fortement les personnes en situation de précarité. Les Français sans diplôme ou avec un niveau inférieur au bac sont presque deux fois plus nombreux à fumer que les diplômés de l’enseignement supérieur selon Santé publique France. Le tabac devient alors un révélateur des fractures sociales en matière de santé.

Cette surreprésentation dans les milieux modestes complique les campagnes de prévention classiques et souligne l’importance d’actions ciblées.

Pourquoi ça ne baisse pas (vraiment) ?

La hausse des prix, les paquets neutres, l’interdiction de fumer dans certains lieux… Toutes ces mesures ont eu un effet. Mais pas suffisant. Car le tabac bon marché continue de circuler. En 2022, un fumeur sur trois s’approvisionnait à l’étranger ou via des circuits non officiels, contournant ainsi les hausses de prix censées être dissuasives selon Santé publique France.

Autre frein : l’arrêt du tabac reste un parcours difficile. Si les substituts nicotiniques sont mieux remboursés, l’accompagnement personnalisé reste encore trop inégalement proposé selon les territoires.

Une “génération sans tabac” d’ici 2032 ?

C’est l’objectif affiché par les autorités sanitaires. Pour y parvenir, la France mise sur des politiques de prévention renforcées, en particulier chez les jeunes, et sur un meilleur accès aux aides au sevrage. 

Mais pour inverser la tendance, il faudra aussi s’attaquer à la dimension sociale du tabagisme et améliorer l’accompagnement des publics les plus fragiles.

À SAVOIR

Le tabagisme représente également un fardeau économique considérable pour la France. En 2019, le coût social du tabac était estimé à 156 milliards d’euros, incluant les dépenses de santé, les pertes de productivité et d’autres impacts indirects. Ce montant dépasse largement les recettes fiscales générées par la vente de tabac, qui s’élevaient à environ 13 milliards d’euros la même année.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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