De petites taches blanches, rouges ou brunes apparaissent sur votre dos, vos épaules ou sur votre thorax alors que le reste de la peau est bronzé. Elles ne font généralement pas mal, démangent peu et deviennent surtout plus visibles après quelques journées au soleil. Ce contraste peut faire penser à un problème de pigmentation, voire à un vitiligo.
Il peut pourtant s’agir d’un pityriasis versicolor, une mycose superficielle de la peau fréquente et bénigne. Elle est liée à la prolifération excessive d’une levure naturellement présente à la surface de la peau. Les taches peuvent être blanches, beige, rosées ou brun clair selon la couleur de peau.
À quoi ressemblent les taches du pityriasis versicolor ?
Le pityriasis versicolor provoque généralement plusieurs petites taches rondes ou ovales, principalement sur le thorax, le dos, les épaules, le cou et parfois le haut des bras.
Sur une peau bronzée ou foncée, les lésions apparaissent souvent plus claires. Plusieurs taches peuvent se rejoindre et former des plaques aux contours irréguliers. Sur une peau claire, la coloration peut au contraire tirer vers le rose ou le brun. C’est cette diversité de teintes qui explique le terme « versicolor ».
La surface peut également présenter de très fines squames. En frottant légèrement la zone, une petite desquamation comparable à une poussière de peau apparaît parfois. Les démangeaisons sont généralement absentes ou légères.
Pourquoi les taches blanches ressortent-elles après le bronzage ?
Le soleil ne provoque pas directement le pityriasis versicolor. Il le rend surtout beaucoup plus visible.
Lorsque la peau, saine, bronze, elle produit davantage de mélanine, le pigment responsable de sa coloration. Dans les zones atteintes, la levure perturbe temporairement la pigmentation. Ces plaques bronzent donc moins que la peau voisine.
Une personne peut ainsi avoir développé les lésions plusieurs semaines auparavant sans les remarquer. Après plusieurs journées d’exposition au soleil, le contraste devient soudainement évident.
Cette dépigmentation n’est généralement pas définitive. Même lorsque le traitement antifongique a fonctionné, la peau peut mettre plusieurs semaines avant de retrouver une coloration uniforme. Une tache blanche encore visible ne signifie donc pas forcément que la mycose est toujours active.
Quelle est la cause du pityriasis versicolor ?
Le responsable est une levure du genre Malassezia. Elle vit naturellement sur la peau de nombreuses personnes sans provoquer de problème. Le pityriasis apparaît lorsqu’elle prolifère de manière excessive.
La chaleur, l’humidité, la transpiration et une peau produisant beaucoup de sébum favorisent son développement. Les lésions apparaissent donc souvent sur le tronc, le dos et les épaules, avec des poussées plus fréquentes pendant l’été.
Certaines situations diminuant les défenses immunitaires ou certains traitements peuvent aussi favoriser cette affection. En revanche, le stress n’est pas considéré comme une cause directe démontrée.
Contrairement à d’autres mycoses, le pityriasis versicolor n’est pas considéré comme contagieux. Il ne s’attrape pas habituellement à la piscine, en partageant une serviette ou au contact d’une personne atteinte.
Comment le différencier du vitiligo ?
Toutes les taches blanches sur la peau ne sont pas liées à un pityriasis. Le vitiligo provoque lui aussi une dépigmentation, mais son aspect est différent.
Dans le vitiligo, les plaques sont généralement franchement blanches, bien délimitées et leur surface reste lisse. Elles ne présentent pas les petites squames caractéristiques du pityriasis versicolor.
L’eczéma, certaines dermatites ou d’autres maladies de peau peuvent également modifier la couleur de l’épiderme. Lorsque le diagnostic n’est pas évident, le dermatologue peut examiner les lésions ou prélever quelques squames à leur surface.
Comment soigner un pityriasis versicolor ?
Le traitement repose avant tout sur des antifongiques destinés à réduire la prolifération de la levure. Selon l’étendue des lésions, ils peuvent être proposés sous forme de crème, de gel, de lotion ou de shampooing à appliquer sur les zones atteintes.
Des substances antifongiques comme le kétoconazole sont utilisées dans certaines présentations. Le sulfure de sélénium peut également être proposé selon les produits disponibles et l’avis du professionnel de santé.
Le traitement doit surtout être appliqué correctement et pendant la durée recommandée. Multiplier les crèmes, huiles essentielles ou produits cosmétiques ne fait pas disparaître plus rapidement les lésions.
Dans les formes très étendues, récidivantes ou résistantes aux traitements locaux, un médecin peut parfois prescrire un antifongique par voie orale. Ce traitement nécessite une prescription et ne doit pas être pris en automédication.
Les remèdes naturels sont-ils efficaces ?
L’aloe vera, les huiles végétales ou différentes huiles essentielles sont régulièrement présentés comme des remèdes contre le pityriasis versicolor. Leur efficacité n’est toutefois pas suffisamment démontrée pour remplacer un véritable traitement antifongique.
Certaines huiles essentielles peuvent même provoquer une irritation ou une réaction allergique. Une crème hydratante peut améliorer le confort d’une peau sèche, mais elle n’agit pas sur la levure responsable de la mycose.
Aucun aliment, complément alimentaire ou produit présenté comme capable de « nettoyer la peau » n’a démontré son efficacité pour faire disparaître le pityriasis versicolor.
Pourquoi les taches restent-elles visibles après le traitement ?
C’est souvent ce qui inquiète le plus. Le pityriasis peut avoir été correctement traité alors que les marques blanches restent visibles.
La desquamation disparaît généralement avant le trouble de pigmentation. La peau doit ensuite retrouver progressivement sa capacité normale à produire et répartir la mélanine. Cette récupération peut prendre plusieurs semaines, parfois plusieurs mois.
Il est donc inutile de multiplier les traitements uniquement parce que la couleur de peau n’est pas encore uniforme. En revanche, si les squames réapparaissent, que de nouvelles petites taches se forment ou que les plaques s’étendent, une récidive est possible.
Ces récidives sont fréquentes, surtout avec le retour de la chaleur et de la transpiration. Chez les personnes régulièrement touchées, un dermatologue peut proposer un traitement préventif à certaines périodes de l’année.
Le pityriasis versicolor reste une affection cutanée bénigne et ne se transforme pas en cancer de la peau. Mais des taches blanches apparues après le bronzage ne doivent pas automatiquement lui être attribuées. Si elles s’étendent rapidement, ne présentent aucune desquamation ou persistent malgré un traitement adapté, un avis médical permet d’écarter un vitiligo ou une autre maladie de peau.
À SAVOIR
Aux XVIIIe et XIXe siècles, certaines lésions cutanées aujourd’hui reconnues comme relevant du pityriasis versicolor étaient parfois qualifiées de taches hépatiques et attribuées à des dysfonctionnements hépatiques ou à des désordres internes․ Cette interprétation conduisait à des traitements généraux, tels que purges, saignées ou cures thermales, sans cibler la véritable cause de l’affection․ Ce n’est qu’avec les avancées de la dermatologie et de la microbiologie au XIXe siècle que la nature superficielle et fongique du pityriasis versicolor a pu être progressivement élucidée․




