Extrasystole : ce trouble du rythme cardiaque peut-il révéler un problème au cœur ?

Médecin auscultant le cœur d’un patient avec un stéthoscope pour rechercher un trouble du rythme comme des extrasystoles.
Les extrasystoles sont souvent bénignes sur un cœur sain, mais un bilan peut être nécessaire si elles sont fréquentes ou associées à d’autres symptômes. ©peopleimages-yuriarcurs / Canva
Les extrasystoles désignent des battements cardiaques prématurés, souvent perçus comme un raté ou une secousse au niveau de la poitrine․ Bien qu'elles soient fréquentes et généralement sans gravité chez un cœur sain, elles peuvent toutefois justifier un examen approfondi lorsqu'elles surviennent de manière répétée ou s'accompagnent d'autres signes cliniques․ Quels en sont les facteurs déclenchants et dans quelles circonstances est-il recommandé de consulter ? Nos explications.
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Vous êtes au repos lorsque votre cœur semble soudain « sauter un battement », frapper plus fortement dans votre poitrine ou marquer une très courte pause. Cette sensation peut se révéler déstabilisante, surtout lorsqu’elle se répète.

Elle peut correspondre à une extrasystole, c’est-à-dire à une contraction du cœur qui survient plus tôt que prévu. Provoquée par une impulsion électrique prématurée, l’extrasystole figure parmi les troubles du rythme cardiaque les plus fréquents.

Lorsque l’impulsion naît dans une oreillette, les médecins parlent d’extrasystole atriale ou auriculaire. Lorsqu’elle provient d’un ventricule, il s’agit d’une extrasystole ventriculaire.

Chez une personne qui ne présente aucune anomalie structurelle du cœur, les extrasystoles isolées sont généralement bénignes et ne nécessitent aucun traitement particulier. Elles peuvent néanmoins devenir gênantes lorsqu’elles se répètent fréquemment ou provoquent des palpitations persistantes.

Qu’est-ce qui déclenche des extrasystoles ?

Le stress, l’anxiété, le manque de sommeil, l’alcool, la caféine, certains médicaments stimulants et les déséquilibres électrolytiques peuvent favoriser les extrasystoles ventriculaires.

Celles-ci peuvent également survenir chez des personnes qui ne présentent aucune maladie cardiaque connue, par exemple, l’hypertension artérielle. Lorsqu’elles apparaissent ou deviennent plus fréquentes pendant une activité physique, elles nécessitent une attention particulière et peuvent justifier des examens complémentaires.

L’électrocardiogramme permet d’identifier l’anomalie du rythme cardiaque. Si les extrasystoles ne surviennent pas pendant cet examen, un Holter (petit boîtier) sera utilisé pour enregistrer l’activité du cœur pendant 24 heures ou davantage afin d’en mesurer la fréquence des battements.

Selon les résultats et les symptômes observés, le cardiologue peut compléter le bilan par une échographie cardiaque ou un test d’effort.

Comment faire cesser les extrasystoles ?

La correction d’un facteur déclenchant peut réduire la fréquence des palpitations. Une personne peut ainsi diminuer sa consommation de caféine ou d’alcool, améliorer son sommeil ou traiter un déséquilibre biologique identifié.

En revanche, le magnésium et le potassium ne constituent pas des traitements systématiques. Une supplémentation se justifie uniquement lorsqu’un déficit a été confirmé ou qu’une situation médicale particulière l’exige.

Les extrasystoles qui provoquent peu ou pas de symptômes ne nécessitent généralement aucun médicament. Lorsque la gêne devient importante, le médecin peut prescrire certains bêta-bloquants ou inhibiteurs calciques.

Les traitements antiarythmiques restent réservés à des situations particulières en raison de leurs effets indésirables. Une ablation par cathéter peut enfin être envisagée lorsque des extrasystoles ventriculaires très fréquentes entraînent des symptômes marqués ou altèrent le fonctionnement du muscle cardiaque.

Les extrasystoles peuvent-elles provoquer un AVC ?

Une extrasystole isolée ne correspond pas à une fibrillation auriculaire et ne provoque pas directement un accident vasculaire cérébral. La fibrillation auriculaire constitue une arythmie distincte.

Elle résulte d’une activité électrique désorganisée des oreillettes, qui peut favoriser la formation de caillots sanguins et augmenter le risque d’AVC.

Plusieurs études observationnelles associent toutefois une fréquence élevée d’extrasystoles atriales à un risque supérieur de développer ultérieurement une fibrillation auriculaire ou de subir un AVC.

Des extrasystoles atriales fréquentes peuvent donc constituer un marqueur cardiovasculaire qui mérite une surveillance. Cette association ne signifie cependant pas qu’un battement prématuré isolé peut, à lui seul, déclencher un AVC.

Quand faut-il s’inquiéter des extrasystoles ?

Des extrasystoles occasionnelles sont généralement bénignes lorsqu’elles ne provoquent aucun autre symptôme et surviennent chez une personne sans maladie cardiaque connue. Une consultation devient toutefois nécessaire lorsqu’elles se multiplient, apparaissent pendant l’effort ou s’accompagnent d’un essoufflement inhabituel ou d’un malaise.

Un avis médical est également recommandé chez les personnes qui présentent une insuffisance cardiaque, une maladie coronarienne ou des antécédents d’infarctus du myocarde.

Des palpitations accompagnées d’une douleur thoracique, d’une perte de connaissance ou d’un essoufflement important nécessitent une prise en charge rapide. Ces manifestations peuvent révéler une arythmie plus sérieuse ou une autre maladie cardiovasculaire.

L’extrasystole correspond donc à un battement prématuré fréquent et souvent sans gravité lorsque le cœur est sain. Le médecin évalue principalement sa fréquence, son origine, les symptômes associés et l’existence éventuelle d’une maladie cardiaque sous-jacente.

À SAVOIR

En 1860, le physiologiste français Étienne-Jules Marey conçoit un sphygmographe portable capable d’enregistrer les pulsations artérielles sur un papier enduit de fumée, rendant ainsi visibles des anomalies jusque-là éphémères․ Ces premiers tracés graphiques contribuent à la compréhension moderne des troubles du rythme cardiaque et ouvrent la voie aux enregistrements électrocardiographiques, qui permettront par la suite d’identifier avec précision les extrasystoles․

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Pier Paolo Walack
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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