Un homme enrhumé qui tente de se soigner avec des médicaments inutiles, tels que du sirop pour la toux ou des sprays nasaux.
Selon Jimmy Mohamed, de nombreux médicaments prescrits sans ordonnance ne soignent pas le rhume. © Freepik

Le nez qui coule, la gorge qui pique et la tête dans un étau… Nous connaissons tous la chanson. Mais il semblerait que nos vieux réflexes de soulagement rapide soient, au mieux, inutiles, au pire, franchement risqués. Du maxilase ou au spray nasal, de nombreux médicaments ont fait l’objet d’une alerte des autorités sanitaires ! On vous explique. 

Le petit air frais qui s’engouffre sous le manteau et nous laisse, quelques jours plus tard, avec un paquet de mouchoirs greffé à la main. Le rhume, ou rhinopharyngite, est sans doute l’affection la plus banale et la plus partagée de nos hivers. 

Et pourtant, face à ce désagrément, nous perdons parfois notre bon sens. On veut que ça s’arrête, et vite. On veut ce spray “magique” qui débouche le nez en trois secondes ou ce sirop qui promet de réduire la toux au silence.

Mais attention, la magie en pharmacie a parfois un coût caché assez salé pour notre santé. Ces derniers mois, le ton est monté d’un cran chez les autorités sanitaires et les experts comme le Dr Jimmy Mohamed qui considèrent que la plupart des produits stars de nos pharmacies devraient rester dans leurs boîtes en carton…

Médicaments décongestionnants : la fin d’un règne

C’est le pavé dans la mare de cet hiver. Ils s’appellent Actifed, Dolirhume, Humex ou encore Rhinadvil… Et l’ANSM a frappé fort en octobre 2023 en déconseillant formellement l’utilisation des décongestionnants oraux à base de pseudoéphédrine. Ils nous promettent un nez “libre” grâce à une action vasoconstrictrice. En clair, ils resserrent les petits vaisseaux sanguins à l’intérieur du nez pour diminuer le gonflement de la muqueuse.

Le problème c’est que ces molécules ne font pas le tri. Elles ne resserrent pas que les vaisseaux du nez, mais peuvent agir sur l’ensemble du système cardiovasculaire. Comme l’explique régulièrement Jimmy Mohamed dans ses chroniques, le risque, bien que rare, est gravissime entre infarctus du myocarde et accident vasculaire cérébral (AVC)

Selon l’ANSM, ces complications peuvent survenir quelle que soit la dose, même chez des personnes jeunes et sans aucun antécédent. Alors, pour une simple narine bouchée qui finira par passer de toute façon en sept jours, le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? 

Maxilase : “l’arnaque du siècle”

Un autre habitué de nos tables de chevet vient d’être détrôné : le Maxilase (ou l’alpha-amylase). On le dégaine dès que la gorge commence à gratter. Pourtant, son efficacité est aujourd’hui plus que remise en question et le Dr Jimmy Mohamed le présente même comme “l’arnaque du siècle”. L’alpha-amylase est une enzyme naturellement présente dans notre salive mais, lorsqu’on l’avale sous forme de comprimé ou de sirop, elle est instantanément détruite par l’acidité de notre estomac.

Résultat, son effet ne serait pas supérieur à celui d’un placebo. Pire, il figure dans la liste noire de la revue Prescrire, car il est associé à des risques de réactions allergiques cutanées (urticaire, démangeaisons) parfois sévères.

On se retrouve donc avec un médicament qui n’agit pas là où on l’attend, mais qui peut nous causer des soucis dont on se passerait bien. Pour un mal de gorge, le bon vieux miel n’a jamais été aussi moderne.

Sirops contre la toux : un silence parfois trompeur

La toux est fatigante, certes, mais elle est surtout utile. C’est le mécanisme de défense de notre corps pour évacuer les microbes et les sécrétions. Pourtant, nous avons le réflexe “antitussif” dès la première quinte. Et l’utilisation de ces sirops, notamment ceux contenant de la codéine ou de la dextrométhorphane, n’est pas aussi efficace que l’on veut bien le penser.

  • D’une part, bloquer une toux grasse peut entraîner un encombrement bronchique dangereux. 
  • D’autre part, ces molécules agissent sur le système nerveux central et peuvent provoquer somnolence, vertiges et confusion. 

Chez les enfants, la balance bénéfice-risque est encore plus fragile. La plupart des sirops dits “fluidifiants” n’ont d’ailleurs jamais fait la preuve scientifique de leur utilité réelle pour raccourcir la durée d’un rhume.

Les sprays collutoires : une attaque de face inutile ?

On les vaporise au fond de la gorge avec l’espoir d’une anesthésie immédiate. Les collutoires contenant des antiseptiques ou des anesthésiques locaux ne sont pourtant pas des alliés de choix. 

Ces sprays peuvent altérer la flore buccale naturelle, celle-là même qui nous aide à combattre les infections. En irritant la muqueuse déjà fragilisée par le virus, ils peuvent même prolonger la sensation d’inconfort. Sans compter que certains contiennent de l’alcool, ce qui n’est jamais idéal pour une gorge enflammée.

Fervex et consorts : l’effet cocktail qui endort

Enfin, méfiez-vous des médicaments “tout-en-un” comme le Fervex. Ils contiennent souvent un antihistaminique (la phéniramine) dont l’objectif est de tarir l’écoulement nasal. Mais cet ingrédient a un effet secondaire bien connu : il endort. 

Prendre ce genre de traitement avant de prendre le volant ou d’entamer une journée de travail demande une vigilance accrue. De plus, ces “cocktails” mélangent souvent du paracétamol, de la vitamine C et cet antihistaminique, ce qui multiplie les risques d’interactions ou de surdosage si vous prenez d’autres médicaments en parallèle.

Alors, que nous reste-t-il quand le thermomètre grimpe et que les éternuements s’enchaînent ? La simplicité.

  • Le lavage de nez : du sérum physiologique ou un spray d’eau de mer, trois à quatre fois par jour, pour évacuer mécaniquement les virus. C’est simple, c’est sans danger, et c’est ce qu’il y a de plus efficace pour décongestionner.
  • Le paracétamol : pour la fièvre et les maux de tête, il reste la référence, à condition de respecter les doses (jamais plus de 3 grammes par jour pour un adulte sans avis médical).
  • Le miel et les tisanes : pour la gorge, le miel est un lubrifiant naturel exceptionnel et possède des propriétés antiseptiques légères reconnues par l’OMS.
  • L’hydratation et le repos : un corps qui combat a besoin d’eau et d’énergie.

Alors, la prochaine fois que vous sentirez le virus pointer le bout de son nez, épargnez votre portefeuille et votre santé. Laissez votre corps faire son travail.

À SAVOIR

Le paracétamol est présent dans de nombreux remèdes anti-rhume sans que l’on s’en rende compte. Si vous cumulez un sachet de poudre pour état grippal et un comprimé classique de paracétamol, vous pouvez rapidement dépasser la limite de sécurité fixée à 3 grammes par jour pour un adulte sans avis médical.

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Ma Santé

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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