Quelles sont les maladies qui provoquent des tremblements ?

Hоmme âgé dоnt la main tremble en tenant un verre d'eau, illustrant un tremblement qui pоurrait être assоcié à la maladie de Parkinsоn․
Les tremblements assоciés à une maladie neurоlоgique peuvent affecter les mains, la tête, la vоix оu les jambes. ©pixelshot
Les tremblements peuvent toucher les mains, la tête, la voix, les jambes ou l'ensemble du corps. S'ils sont souvent bénins et passagers, ils peuvent aussi révéler une maladie neurologique, un trouble hormonal, un effet secondaire médicamenteux ou une autre affection nécessitant une prise en charge. Comment distinguer un tremblement physiologique d'un symptôme plus préoccupant ? Quelles maladies et quels médicaments peuvent en être responsables ? Et dans quels cas faut-il consulter ? Explications.
Sommaire

Une main qui tremble au moment de saisir une tasse, une tête qui oscille sans raison apparente, des secousses dans les jambes ou tout le corps après un effort… Les tremblements font partie des symptômes neurologiques les plus fréquents.

S’ils sont souvent associés à la maladie de Parkinson dans l’imaginaire collectif, la réalité est bien plus complexe. Les neurologues rappellent que de nombreuses maladies peuvent provoquer un tremblement, mais aussi que certaines situations sans gravité, comme le stress, la fatigue ou un excès de caféine, peuvent en être responsables.

Les maladies neurodégénératives deviennent de plus en plus fréquentes avec l’avancée en âge. En France, elles concernent un très grand nombre de personnes : plus d’un million vivent avec une maladie d’Alzheimer ou une autre forme de démence, selon Santé publique France. Environ 175 000 sont traitées pour la maladie de Parkinson, tandis que la sclérose latérale amyotrophique (SLA), principale maladie du motoneurone, représente près de 2 300 nouveaux cas chaque année.

Parmi les troubles du mouvement, le tremblement essentiel serait même plus fréquent que la maladie de Parkinson. Face à un tremblement, identifier sa cause est donc essentiel, car son type, les circonstances dans lesquelles il apparaît et les autres symptômes associés permettent souvent d’orienter le diagnostic.

Pourquoi le corps se met-il à trembler ?

Un tremblement correspond à une succession de contractions musculaires involontaires et rythmiques. Autrement dit, les muscles se contractent puis se relâchent de façon répétée sans que la personne puisse les contrôler.Ces mouvements involontaires apparaissent lorsqu’un dysfonctionnement perturbe les circuits du système nerveux chargés du contrôle de la motricité.

Plusieurs régions du cerveau participent à cette régulation, notamment le cervelet, les noyaux gris centraux, le thalamus ainsi que le tronc cérébral. Ces structures communiquent en permanence grâce à des neurotransmetteurs, dont la dopamine, afin d’assurer des mouvements fluides et précis.

Lorsque cette communication est perturbée par une maladie neurologique, une atteinte cérébrale, un médicament ou un déséquilibre de l’organisme, les signaux nerveux deviennent moins bien coordonnés. Les muscles reçoivent alors des informations anormales qui peuvent provoquer un tremblement des mains, de la tête, de la voix, des jambes ou de l’ensemble du corps.

La maladie de Parkinson est-elle la seule maladie responsable de tremblements ?

Non. Même si la maladie de Parkinson est la pathologie la plus connue, elle est loin d’être la seule.

Dans cette maladie neurodégénérative, les neurones dopaminergiques situés dans la substance noire disparaissent progressivement. Cette dégénérescence entraîne une diminution de la dopamine, indispensable au contrôle des mouvements. Le syndrome parkinsonien associe généralement trois grands symptômes moteurs : un tremblement de repos, une rigidité musculaire et une lenteur des mouvements appelée akinésie.

Le tremblement parkinsonien présente une caractéristique importante : il apparaît surtout lorsque le membre est au repos et diminue souvent pendant l’action. Il débute fréquemment d’un seul côté du corps avant de s’étendre progressivement avec l’évolution de la maladie.

D’autres signes peuvent apparaître au fil du temps, comme des troubles de la marche, une diminution du balancement des bras, une perte de l’odorat, une constipation chronique ou des troubles du sommeil paradoxal.

Le tremblement essentiel est-il plus fréquent que Parkinson ?

Le tremblement essentiel constituerai même le trouble du mouvement le plus fréquent chez l’adulte. Contrairement à la maladie de Parkinson, il apparaît principalement lors d’un geste volontaire ou lorsque les bras sont tendus devant soi.

Écrire, boire dans un verre, boutonner sa chemise ou utiliser des couverts deviennent plus difficiles au quotidien. Les tremblements touchent les mains, la tête et la voix.

Les spécialistes penseraient qu’il existe une prédisposition génétique dans de nombreuses familles ainsi qu’un dysfonctionnement des circuits reliant le cervelet aux autres structures cérébrales. Cette pathologie n’entraîne pas de paralysie ni de troubles cognitifs comme dans certaines maladies neurodégénératives, mais elle peut devenir très handicapante au quotidien.

Quelles autres maladies neurologiques peuvent provoquer des tremblements ?

Plusieurs maladies neurologiques peuvent entraîner des tremblements selon des mécanismes différents. La sclérose en plaques peut provoquer un tremblement dit intentionnel. Celui-ci apparaît au moment où la personne cherche à atteindre un objet.

Plus la main approche de sa cible, plus le tremblement s’amplifie. Il est lié aux lésions de la myéline qui perturbent la transmission des informations nerveuses entre le cerveau et les muscles.

La maladie de Wilson, maladie génétique rare, provoque une accumulation de cuivre dans le foie et le cerveau. Lorsque les noyaux gris centraux sont atteints, des tremblements, une dystonie, une rigidité ou des mouvements anormaux peuvent apparaître, parfois chez des adultes jeunes.

La maladie de Huntington entraîne quant à elle des mouvements incontrôlés appelés “chorée”, qui peuvent parfois être confondus avec certains tremblements. Cette maladie neurodégénérative héréditaire s’accompagne également de troubles cognitifs et psychiatriques.

Plus rarement, certaines atteintes du cervelet, des accidents vasculaires cérébraux, des traumatismes crâniens, des tumeurs cérébrales ou certaines formes d’épilepsie peuvent également être responsables de tremblements.

Les tremblements sont-ils toujours liés à une maladie neurologique ?

Heureusement non. Le corps peut trembler sans qu’une maladie chronique soit en cause. Les médecins parlent alors de tremblement physiologique, un phénomène normal que chacun possède à très faible intensité.

Ce tremblement peut devenir plus visible lors d’un stress important, d’une émotion intense, d’un manque de sommeil, d’une forte fatigue, après un effort physique, en cas de fièvre ou après une consommation excessive de caféine ou de boissons énergisantes.

L’alcool, le sevrage alcoolique, l’hypoglycémie ou une hyperthyroïdie peuvent également provoquer des secousses musculaires parfois impressionnantes.Dans ces situations, le tremblement disparaît généralement une fois la cause corrigée.

Quels sont les médicaments qui peuvent faire trembler ?

De nombreux traitements peuvent avoir des tremblements parmi leurs effets indésirables.

Certains médicaments utilisés en psychiatrie, notamment les neuroleptiques, peuvent provoquer un syndrome parkinsonien médicamenteux.

Des bronchodilatateurs prescrits contre l’asthme, les antidépresseurs, le lithium, les corticoïdes ou les immunosuppresseurs peuvent également favoriser l’apparition de tremblements.

Dans ce contexte, il ne faut jamais arrêter son traitement sans avis médical. Une adaptation des doses ou un changement de médicament permet souvent de faire disparaître les symptômes.

Quand faut-il consulter un neurologue ?

Un tremblement occasionnel lié au stress ou à une forte émotion est généralement sans gravité. En revanche, plusieurs situations doivent conduire à consulter rapidement.

C’est le cas si le tremblement apparaît brutalement, s’aggrave progressivement, touche une seule partie du corps de façon persistante, s’accompagne d’une faiblesse musculaire, de troubles de la marche, de difficultés à parler, à avaler, d’une perte d’équilibre ou de mouvements anormaux inhabituels. Une consultation est également recommandée lorsque les tremblements deviennent suffisamment importants pour gêner les gestes du quotidien.

Le médecin commence par un examen clinique détaillé afin d’observer le type de tremblement. Selon les cas, il peut demander une IRM cérébrale, des analyses sanguines ou adresser le patient à un service de neurologie afin de préciser le diagnostic.

Existe-t-il des traitements contre les tremblements ?

Le traitement dépend entièrement de leur origine. Lorsqu’un tremblement est lié à une maladie de Parkinson, les traitements dopaminergiques, notamment la lévodopa ou les agonistes dopaminergiques, permettent souvent d’améliorer les symptômes moteurs pendant plusieurs années.

Chez certains patients atteints présentant des fluctuations motrices importantes, une stimulation cérébrale profonde, réalisée grâce à des électrodes implantées dans certaines zones du cerveau, peut être proposée.

Le tremblement essentiel peut être soulagé par des traitements médicamenteux, une rééducation avec un kinésithérapeute ou, dans les formes les plus sévères, par une stimulation cérébrale profonde.

Lorsque le tremblement est secondaire à une autre maladie, l’objectif est avant tout de traiter sa cause : corriger un trouble de la thyroïde, équilibrer une glycémie, modifier un traitement médicamenteux ou prendre en charge la pathologie neurologique responsable.

Dans tous les cas, un tremblement persistant ne doit pas être banalisé. Il ne signifie pas automatiquement une maladie de Parkinson, mais il constitue un symptôme qui mérite d’être évalué afin d’identifier son origine et de proposer une prise en charge adaptée.

À SAVOIR

Le 14 juillet 1518, à Strasbourg, une habitante nommée Frau Troffea se met à danser de façon incontrôlable pendant plusieurs jours. En quelques semaines, près de 400 personnes sont touchées par cette étrange épidémie de danse. Pensant aider les malades, les autorités font installer des estrades et venir des musiciens, mais plusieurs participants meurent d’épuisement. Plus de 500 ans plus tard, les chercheurs hésitent toujours entre une psychose collective et une intoxication à l’ergot de seigle pour expliquer ce phénomène.

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Pier Paolo Walack
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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