Canicule : pourquoi les femmes souffrent-elles davantage de la chaleur que les hommes ?

le 11 juillet 2026 à 09h05
Une femme qui supporte très mal la chaleur caniculaire.
Plusieurs études montrent que les femmes ressentent généralement l'inconfort lié à la chaleur plus tôt que les hommes. © Magnific
La France suffoque à nouveau sous l'effet d'une nouvelle vague de chaleur. Alors que le gouvernement a déclenché, pour la première fois, le plan ORSEC « chaleurs extrêmes » dans les départements placés en vigilance rouge, l'attention se porte sur les populations les plus exposées. Si les personnes âgées et celles atteintes de maladies chroniques sont bien identifiées comme particulièrement à risque, les femmes le sont aussi, en moyenne, davantage que les hommes. Mais pourquoi ? Explications. 
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Les vagues de chaleur ne sont plus des épisodes exceptionnels. Après une fin juin marquée par des températures records, la France connaît déjà un nouvel épisode caniculaire en ce début de mois de juillet. Face à son intensité, le gouvernement a activé pour la première fois le plan ORSEC « chaleurs extrêmes », un dispositif inédit destiné à mieux coordonner la protection des populations les plus exposées, notamment les personnes âgées, les personnes isolées ou en situation de handicap.

Mais la vulnérabilité face à la chaleur ne dépend pas uniquement de l’âge ou de l’état de santé. Le sexe joue également un rôle, bien que ce facteur soit encore peu connu du grand public. Depuis plusieurs années, des travaux de physiologie montrent que les femmes ne régulent pas leur température corporelle exactement de la même manière que les hommes. Elles transpirent différemment, leurs hormones influencent davantage leur température interne et leur système cardiovasculaire est parfois plus sollicité lors des fortes chaleurs. Des différences qui ne concernent évidemment pas toutes les femmes de la même façon, mais qui peuvent devenir significatives lorsque le mercure s’emballe, notamment pendant la grossesse, à la ménopause ou avec l’avancée en âge.

Canicule : pourquoi les femmes sont-elles plus vulnérables que les hommes ? 

Le corps des femmes se refroidit différemment

Pour maintenir sa température autour de 37 °C, le corps doit transpirer. En s’évaporant à la surface de la peau, la sueur emporte une partie de la chaleur produite par l’organisme, ce qui permet d’éviter qu’il ne surchauffe. C’est le principal mécanisme dont nous disposons pour faire face aux fortes températures. Or, plusieurs études de physiologie montrent que les femmes n’utilisent pas ce mécanisme tout à fait de la même manière que les hommes. En moyenne, elles commencent à transpirer lorsque leur température corporelle est déjà légèrement plus élevée et produisent, à effort identique, une quantité de sueur plus faible.

Selon les travaux du physiologiste Ronald J. Maughan et de plusieurs équipes spécialisées en physiologie de l’exercice, cette particularité ne traduit pas un fonctionnement moins performant du corps féminin, mais à une stratégie de thermorégulation différente, influencée notamment par les hormones et la morphologie. En revanche, lors d’une canicule ou d’un effort physique intense, cette transpiration moins abondante peut ralentir l’évacuation de la chaleur et rendre le refroidissement de l’organisme un peu moins efficace.

Les hormones modifient aussi la température corporelle

Les œstrogènes et la progestérone participent à la régulation de la température interne. Au cours du cycle menstruel, la température corporelle de base varie naturellement. Après l’ovulation, sous l’effet de la progestérone, elle augmente généralement de quelques dixièmes de degré. Cela peut sembler anodin, mais lorsque les températures extérieures dépassent déjà les 35 °C, cette légère hausse réduit la marge dont dispose l’organisme avant d’atteindre des températures potentiellement dangereuses.

La ménopause constitue également une période particulière. La baisse des œstrogènes s’accompagne fréquemment de bouffées de chaleur, qui résultent d’un dérèglement temporaire des mécanismes contrôlant la température corporelle. Lors d’une canicule, ces épisodes peuvent accentuer l’inconfort thermique.

Une circulation sanguine davantage sollicitée

Pour évacuer la chaleur, le corps ne se contente pas de produire de la sueur. Les vaisseaux sanguins situés sous la peau se dilatent afin d’augmenter le flux sanguin vers la surface du corps. Cette vasodilatation permet de transférer davantage de chaleur vers l’extérieur. Ce mécanisme mobilise fortement le système cardiovasculaire. Le cœur doit pomper davantage de sang tout en maintenant une pression artérielle suffisante.

Chez certaines femmes, notamment après la ménopause ou en présence d’une maladie cardiovasculaire, cette adaptation peut devenir plus difficile. Selon l’Inserm, le vieillissement s’accompagne d’une diminution progressive des capacités d’adaptation de l’organisme aux fortes chaleurs, quel que soit le sexe. Toutefois, plusieurs études épidémiologiques montrent que les femmes âgées représentent une part importante des décès observés lors des épisodes caniculaires.

La grossesse augmente aussi les besoins de l’organisme

Pendant neuf mois, le métabolisme fonctionne à un rythme plus soutenu afin d’assurer le développement du fœtus. Le volume sanguin augmente, le cœur travaille davantage et la production de chaleur corporelle est plus importante.

Selon le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), les femmes enceintes doivent donc être particulièrement vigilantes lors des épisodes de fortes chaleurs. Une hydratation suffisante, des périodes régulières de repos dans un environnement frais et une limitation des efforts physiques constituent des mesures essentielles.

La morphologie entre également en jeu

Les différences observées ne s’expliquent pas uniquement par les hormones. En moyenne, les femmes possèdent une masse musculaire plus faible et une proportion de masse grasse plus élevée que les hommes. Or, les muscles produisent une quantité importante de chaleur pendant l’effort, tandis que la masse corporelle et la surface de peau influencent les échanges thermiques avec l’environnement.

Les chercheurs rappellent toutefois que ces caractéristiques varient énormément d’un individu à l’autre. Une femme sportive, jeune et bien entraînée supportera souvent mieux une chaleur intense qu’un homme âgé souffrant d’une maladie chronique.

Les femmes âgées paient souvent le plus lourd tribut

Lors des grandes canicules, ce sont surtout les femmes âgées qui apparaissent parmi les populations les plus fragiles. Selon Santé publique France, l’âge demeure le principal facteur de risque face aux fortes chaleurs. Les personnes âgées transpirent moins efficacement, ressentent parfois moins la sensation de soif et présentent plus fréquemment des maladies chroniques ou des traitements susceptibles de perturber la régulation de la température corporelle.

Comme les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes, elles sont également plus nombreuses dans les classes d’âge les plus élevées. Ce phénomène contribue à expliquer leur surreprésentation parmi les victimes lors des épisodes caniculaires.

Canicule : certaines femmes doivent être particulièrement vigilantes

Les différences physiologiques observées ne doivent pas conduire à une inquiétude excessive, mais elles rappellent qu’une vigilance renforcée est nécessaire pour certaines personnes. Les autorités sanitaires recommandent notamment de porter une attention particulière :

  • aux femmes enceintes ;
  • aux femmes ménopausées souffrant de bouffées de chaleur importantes ;
  • aux personnes âgées ;
  • aux personnes atteintes de maladies cardiovasculaires, respiratoires ou rénales ;
  • aux personnes prenant certains médicaments pouvant modifier la transpiration ou l’hydratation.

Dans tous les cas, les conseils restent inchangés : boire régulièrement sans attendre d’avoir soif, maintenir son logement au frais en fermant volets et fenêtres durant la journée, aérer la nuit lorsque la température baisse, éviter les activités physiques aux heures les plus chaudes et prendre régulièrement des nouvelles des personnes les plus vulnérables.

À SAVOIR 

Les vêtements foncés absorbent davantage le rayonnement solaire que les vêtements clairs. En période de canicule, des vêtements amples et de couleur claire permettent de limiter l’accumulation de chaleur.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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