
Une étude britannique vient de révéler qu’à peine cinq minutes d’exposition à des publicités pour la malbouffe peuvent inciter les enfants à consommer jusqu’à 130 kcal supplémentaires dans la journée. Une donnée loin d’être anodine, alors que l’obésité infantile explose. Décryptage.
Si vous pensiez que quelques spots publicitaires glissés entre deux dessins animés étaient sans conséquence, détrompez-vous. Selon une étude présentée lors du Congrès européen sur l’obésité en mai 2025, seulement cinq petites minutes passées devant des publicités pour des aliments gras, sucrés ou salés suffisent à augmenter la consommation énergétique des enfants de 130 kcal par jour. Soit l’équivalent de deux tranches de pain… ou d’une poignée de bonbons.
Un chiffre qui peut sembler dérisoire, mais qui, à l’échelle de plusieurs jours, semaines ou mois, contribue fortement à l’excès de poids et à l’obésité chez l’enfant. Et on parle ici d’une simple exposition, sans même que l’enfant ait accès au produit mis en avant par la publicité.
Malbouffe et obésité infantile : une liaison dangereuse
Une étude rigoureuse menée sur 240 enfants
L’étude en question a été réalisée par des chercheurs de l’Université de Liverpool sur un panel de 240 enfants âgés de 7 à 15 ans. Les enfants ont été exposés à deux types de contenus : des publicités pour des aliments malsains, puis des publicités neutres, sans lien avec l’alimentation.
Après avoir vu les pubs de malbouffe, les enfants ont consommé en moyenne 58 kcal de plus au goûter et 72 kcal supplémentaires au déjeuner. Un simple visionnage suffit donc à dérégler leur sensation de satiété, et à les pousser vers des aliments caloriques.
Tous les supports sont concernés, même les plus discrets
Ce qui choque, c’est que le type de support n’a aucune importance. Que la pub soit diffusée à la télé, sur les réseaux sociaux, dans un podcast ou même sur une simple affiche publicitaire, l’effet est le même : une envie immédiate de manger.
Pire encore, le simple logo d’une marque suffit à influencer les enfants, même sans présentation d’un produit. L’impact est donc aussi visuel que psychologique, et montre à quel point les enfants sont extrêmement vulnérables au marketing alimentaire.
Obésité infantile : un fléau en pleine progression
En France, l’obésité gagne du terrain
En France, les chiffres donnent le vertige. D’après Santé publique France, un enfant sur six est en surpoids, et un sur vingt est obèse. Des proportions qui ont doublé en 40 ans, en partie à cause de l’évolution des modes de consommation et de la sédentarité, mais aussi à cause de l’environnement publicitaire ultra présent dans le quotidien des plus jeunes.
Ces enfants obèses risquent davantage de souffrir à l’âge adulte de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires, d’arthrose précoce et de troubles psychologiques comme l’anxiété ou une faible estime de soi.
Un appel urgent à la régulation des pubs alimentaires
Face à ces données, des voix s’élèvent. Des pédiatres, des nutritionnistes, mais aussi des associations de consommateurs, réclament une régulation plus stricte des publicités ciblant les enfants. Certaines militent pour l’interdiction totale de la publicité alimentaire pour les produits gras, sucrés et salés pendant les programmes jeunesse, sur tous les médias, y compris Internet.
Mais l’État, pour l’instant, reste frileux. Selon une enquête de Reporterre, les tentatives de régulation se heurtent à la puissance de l’industrie agroalimentaire, qui investit des sommes colossales dans la communication.
Des solutions pour protéger nos enfants
En attendant des mesures fortes, les parents ont un rôle important à jouer.
- Limiter le temps d’écran, surtout pendant les repas.
- Favoriser les contenus sans publicité (YouTube Kids, plateformes éducatives).
- Discuter avec les enfants de ce qu’ils voient à la télé, pour développer leur esprit critique.
- Privilégier une alimentation équilibrée, variée et joyeuse à la maison, pour qu’ils prennent goût à manger sainement.
La lutte contre la malbouffe et l’obésité chez les enfants passe par une prise de conscience collective. Il ne s’agit pas seulement de diaboliser un hamburger ou un paquet de chips, mais de questionner l’influence du marketing et de l’omniprésence des écrans.
Et si finalement, pour protéger nos enfants, le meilleur bouton à presser n’était pas celui du micro-ondes, mais celui de la télécommande ?
À SAVOIR
Selon une étude de Santé publique France publiée en 2020, plus de la moitié des publicités vues par les enfants et les adolescents concernent des produits gras, salés ou sucrés (PGSS). Ces publicités sont majoritairement diffusées à la télévision entre 19h et 22h, période durant laquelle plus de 20 % des enfants et adolescents sont devant l’écran.







