Une femme se tord de douleur en se tenant la joue, gênée par un aphte douloureux dans la bouche.
Certaines bactéries peuvent fragiliser la muqueuse buccale et favoriser l’apparition d’aphtes douloureux, responsables d’une sensation de brûlure. ©wayhomestudio / Freepik

Une douleur vive apparaît dans votre bouche lorsque vous mangez ou parlez ? Il pourrait s’agir d’un aphte, une petite ulcération fréquente de la muqueuse buccale. Stress, alimentation acide, micro-traumatismes ou baisse des défenses immunitaires peuvent favoriser son apparition et expliquer ses récidives. Le point sur les causes des aphtes et les solutions pour les éviter et soulager la douleur.

Une petite plaie douloureuse sur la langue ou à l’intérieur de la lèvre peut rapidement devenir gênante au quotidien. Manger, parler ou même boire peut provoquer une sensation de brûlure. Dans la plupart des cas, il s’agit d’un aphte, une petite ulcération fréquente de la muqueuse buccale.

Selon la Société Française de Dermatologie, les aphtes touchent régulièrement 15 à 20 % de la population mondiale, et jusqu’à 40 % des enfants et des jeunes adultes de moins de 30 ans, avant de devenir plus rares avec l’âge. Bien que généralement bénigne et passagère, cette lésion peut être très douloureuse et réapparaître à plusieurs reprises.

Dans la bouche, la muqueuse joue normalement un rôle de protection contre les agressions extérieures. Mais lorsque l’organisme est fragilisé ou que les défenses immunitaires sont moins efficaces, cette protection peut s’affaiblir. De petites lésions apparaissent alors à l’intérieur de la bouche.

Elles prennent généralement la forme d’un petit cratère blanchâtre ou jaunâtre, entouré d’une zone rouge et enflammée. Cette plaie superficielle, appelée aphte, reste bénigne et n’est pas contagieuse, même si la douleur peut être très gênante au quotidien.

Plusieurs facteurs favorisent leur apparition. Les chirurgiens-dentistes rappellent souvent que la santé de la bouche reflète à la fois l’hygiène bucco-dentaire et certaines habitudes de vie. L’alimentation joue notamment un rôle important. Certains aliments irritants ou acides peuvent déclencher ou aggraver la formation d’aphtes.

C’est aussi le cas de produits dits histamino-libérateurs, c’est-à-dire des aliments capables de stimuler la libération d’histamine dans l’organisme. Le gruyère, les noix, les agrumes, les fraises ou encore les fruits secs font partie de ces aliments qui peuvent favoriser l’apparition de petits ulcères buccaux, souvent particulièrement douloureux.

Les micro-traumatismes du quotidien comptent aussi. Un aphte sur les gencives, sous la langue ou à l’intérieur des joues peut se former suite à une morsure accidentelle ou un brossage des dents trop énergique avec une brosse à poils durs. Les appareils dentaires et les prothèses mal ajustées provoquent également des lésions buccales à cause des frottements répétés. Cela rend la mastication difficile et entraîne des picotements.

Les enfants développent plus facilement des aphtes car leur système immunitaire est encore en maturation et la muqueuse buccale est plus fragile que celle des adultes. Elle réagit donc plus facilement aux petites agressions comme les morsures, le brossage trop énergique ou certains aliments acides.

Leur hygiène peut aussi être moins rigoureuse : ils se lavent parfois insuffisamment les mains et portent fréquemment leurs doigts, jouets ou objets à la bouche, ce qui peut irriter la muqueuse et favoriser l’introduction de microbes.

Les autres publics à risque sont les adolescents, les personnes stressées ou fatiguées, ainsi que celles présentant des carences en fer, vitamine B12 ou acide folique.

Les ulcères buccaux sont aussi liés à l’état des défenses immunitaires. Le stress, la fatigue ou un choc émotionnel sont autant d’éléments propres à affaiblir l’organisme. Les muqueuses deviennent plus fragiles et les lésions apparaissent plus facilement. Cela peut être fréquent pendant les périodes d’examens ou de surcharge de travail.

Les changements hormonaux influencent également la sensibilité de la bouche. De nombreuses femmes constatent l’apparition d’aphtes buccaux avant le début de leur cycle menstruel. Selon la Société Française de Dermatologie, ces affections touchent 15 à 20 % de la population mondiale, ce qui montre l’impact des bouleversements internes sur la santé buccale.

La guérison et la cicatrisation d’un aphte surviennent généralement en une à deux semaines. Dans la plupart des cas, la lésion disparaît spontanément sans laisser de trace.

En revanche, lorsque les aphtes reviennent souvent, il peut être utile d’en rechercher la cause. Les médecins vérifient notamment l’existence d’une carence nutritionnelle.

Un manque de vitamines, de fer ou d’acide folique (vitamine B9 essentielle au renouvellement des cellules et au bon fonctionnement de l’organisme) peut en effet ralentir le renouvellement des cellules de la muqueuse buccale et favoriser l’apparition répétée d’aphtes.

Pour soulager la douleur et la sensation de brûlure, certains remèdes naturels peuvent aider. Un bain de bouche avec au bicarbonate de soude (une cuillère à café dans un verre d’eau tiède) Permet de nettoyer la zone et d’équilibrer l’acidité de la salive.

En aromathérapie, une goutte d’huile essentielle de tea tree (arbre à thé) ou de laurier noble, appliquée avec un coton-tige, peut apporter un soulagement. Le pharmacien peut aussi proposer des pastilles ou un spray apaisant.

Il est important de consulter si les ulcérations sont volumineuses, accompagnées de fièvre ou de ganglions gonflés, ou si elles durent plus de deux semaines. Dans de rares cas, des aphtes chroniques peuvent révéler des maladies inflammatoires du système digestif.

Un professionnel pourra prescrire des gels anesthésiants à l’acide hyaluronique ou des corticostéroïdes locaux pour retrouver un confort durable et sourire sans douleur.

À SAVOIR

Le mot « aphte » remonte à l’Antiquité. Il a été utilisé pour la première fois par le célèbre médecin grec Hippocrate, vers 400 avant J.-C. C’est d’ailleurs lui qui a posé les bases de la médecine occidentale et inspiré le fameux serment d’Hippocrate. Le terme vient du grec « aphthai », lui-même dérivé du verbe « haptein », qui signifie « brûler » ou « allumer un feu ». Ce choix de mot n’est pas anodin. Hippocrate avait déjà remarqué que ces petites lésions de la bouche, pourtant minuscules et bénignes, provoquent souvent une sensation de brûlure très intense. Autrement dit, dès l’Antiquité, les médecins avaient compris ce que beaucoup ressentent encore aujourd’hui : un aphte est petit… mais la douleur qu’il provoque peut sembler énorme.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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