Une femme assise est en train d'enlever ses talоns à cause d'une dоuleur à l'avant-pied, suspectant un névrоme de Mоrtоn․
Le névrоme de Mоrtоn cоrrespоnd à une cоmpressiоn d'un nerf situé à l'avant-pied, entraînant des dоuleurs, des sensatiоns de brûlure ainsi qu'une impressiоn d'avоir un caillоu dans la chaussure. ©karlyukav / Freepik

Brûlure sous la plante du pied, sensation de décharge entre les orteils, impression d’avoir un gravillon dans la chaussure… Ces douleurs peuvent être le signe d’un névrome de Morton, une atteinte nerveuse. Comment identifier les symptômes, comprendre leur origine et soulager efficacement cette douleur ? On vous explique.

La maladie de Morton a longtemps été perçue comme une douleur bénigne au pied liée à des chaussures mal adaptées. En réalité, il s’agit d’une pathologie qui affecte principalement l’avant-pied et touche de nombreux adultes, surtout les femmes, souvent habituées à porter des chaussures étroites ou à talons surélevés.

Cette pathologie survient souvent dans des situations où la plante du pied est fortement sollicitée, comme la course à pied, le fait de rester debout longuement ou certaines contraintes professionnelles.

Souvent banalisée au départ, cette douleur peut toutefois s’intensifier progressivement si elle n’est pas prise en charge rapidement.

Le syndrome de Morton, aussi appelé névrome de Morton, correspond à un épaississement d’un nerf situé entre les orteils, le plus souvent entre le troisième et le quatrième, au niveau du 3ᵉ espace intermétatarsien.

À cet endroit, deux branches nerveuses se rejoignent, formant un nerf naturellement plus volumineux et donc davantage vulnérable à la compression.

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, il ne s’agit pas d’une tumeur. Il s’agit d’une atteinte nerveuse liée à des pressions répétées.

Concrètement, entre les têtes métatarsiennes, les nerfs circulent dans un espace étroit. Lorsque cette zone est soumise à des frottements ou à une compression excessive, notamment à cause de chaussures trop serrées ou d’un déséquilibre du pied, le nerf s’irrite, s’enflamme puis s’épaissit.

Avec le temps, cette irritation peut aller plus loin : le tissu nerveux est progressivement remplacé par un tissu fibreux, plus rigide, ce qui altère sa capacité à transmettre correctement les signaux nerveux et accentue la douleur.

La douleur se situe à l’avant-pied, entre les orteils, sous la plante du pied. Elle peut irradier vers les orteils et s’accompagner d’une sensation très caractéristique, souvent décrite comme celle d’un caillou dans la chaussure.

Certaines personnes ressentent également :

Dans les formes plus avancées, la douleur peut devenir si intense qu’elle oblige à retirer sa chaussure en pleine marche pour soulager la pression, un signe très évocateur du syndrome.

La gêne est généralement accentuée lors de la marche, des stations prolongées debout ou avec le port de chaussures à talons, qui déplacent le poids du corps vers l’avant du pied.

Dans certains cas, une modification de la posture peut apparaître : le patient adapte sa marche pour éviter la zone douloureuse, ce que l’on appelle une marche antalgique.

Le névrome de Morton touche principalement :

  • les femmes, notamment après la ménopause
  • les personnes portant régulièrement des chaussures étroites ou à talons
  • les sportifs (course à pied, danse)
  • les professions nécessitant de rester debout longtemps

Le névrome de Morton apparaît généralement sur un seul pied, même si les deux peuvent parfois être concernés.

Le médecin ou le pédicure-podologue palpe l’avant-pied afin de reproduire la douleur. Une compression des métatarses peut déclencher une sensation parfois accompagnée d’un « clic » : il s’agit du signe de Mulder, typique du syndrome.

D’autres signes peuvent également être observés, comme une douleur à l’extension des orteils, la présence d’une petite masse palpable ou encore un engourdissement localisé.

Plusieurs douleurs plantaires peuvent ressembler au syndrome de Morton. Une douleur au talon liée à une aponévrose plantaire ou une inflammation du tendon d’Achille.

Le professionnel de santé évalue par ailleurs la posture, la marche et les tensions musculaires, notamment au niveau des mollets, afin d’identifier d’éventuels déséquilibres.

Pour confirmer le diagnostic, des examens d’imagerie sont réalisés. L’échographie permet de visualiser le nerf en mouvement, tandis que l’IRM offre une analyse plus détaillée des tissus et aide à éliminer d’autres pathologies comme une fracture de fatigue ou une atteinte articulaire.

Des radiographies peuvent également être prescrites afin de compléter le bilan.

La prise en charge repose d’abord sur un traitement conservateur, dont l’objectif est de réduire la compression du nerf et l’inflammation. Le port de semelles orthopédiques, ou orthèses plantaires, est souvent recommandé.

Elles permettent de mieux répartir les appuis, de soutenir la voûte plantaire et de diminuer la pression sur les têtes métatarsiennes, notamment grâce à un appui rétro-capital, une légère surélévation placée derrière les métatarses pour libérer mécaniquement le nerf.

L’adaptation des chaussures est également essentielle : privilégier des modèles plus larges, éviter les talons hauts et limiter les frottements. Des traitements anti-inflammatoires peuvent être prescrits pour soulager la douleur.

Dans certains cas, des infiltrations de corticoïdes sont réalisées directement dans la zone douloureuse afin de réduire l’inflammation du nerf.

Lorsque ces solutions ne suffisent pas, une intervention chirurgicale peut être envisagée.

Elle consiste à libérer le nerf comprimé ou à retirer la partie épaissie, une opération appelée neurectomie. Si cette intervention permet de supprimer la douleur, elle entraîne en contrepartie une perte de sensibilité permanente entre les orteils.

Cette option reste généralement proposée en dernier recours, après l’échec des traitements médicaux.

Le syndrome de Morton illustre l’impact de notre mode de vie sur la santé des pieds. Le port de chaussures inadaptées, une surcharge de l’avant-pied ou certaines déformations, comme l’hallux valgus, peuvent favoriser son apparition.

Il est essentiel de rester attentif aux premiers signes et de consulter rapidement un professionnel de santé. Une prise en charge rapide, associée à des mesures adaptées, permet d’éviter l’aggravation des symptômes.

Une douleur au pied n’est jamais anodine, en particulier lorsqu’elle devient persistante ou intense.

Bien traité, le névrome de Morton peut efficacement être soulagé, avec un retour progressif à une marche confortable et sans gêne.

À SAVOIR

En 1876, à Philadelphie, le chirurgien américain Thomas George Morton publie une description détaillée d’une douleur localisée à l’avant-pied d’un PATIENT. Il établit pour la première fois un lien direct entre cette gêne et la compression d’un nerf plantaire, popularisant ce qui sera ensuite appelé le « névrome de Morton ». Le terme « névrome », issu du grec neuro (nerf) et du suffixe -ome (masse), repose sur l’interprétation erronée du docteur. À l’époque, Morton pense décrire une tumeur nerveuse. Aujourd’hui, la médecine a démontré qu’il s’agit en réalité d’un épaississement du nerf lié à des compressions répétées, notamment dues aux frottements et aux contraintes mécaniques.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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