Un couple de personnes âgées qui prennent leur petit-déjeuner tardivement.
Et vous, à quelle heure prenez-vous votre petit-déjeuner. © Freepik

Prendre son petit-déjeuner tôt ou tard n’est pas seulement une question d’habitude. Selon des travaux scientifiques récents, l’heure à laquelle on prend son premier repas de la journée pourrait être associée à la santé et à la longévité chez les personnes âgées. 

À 7 heures pour certains, à 10 heures pour d’autres. Le petit-déjeuner, souvent présenté comme « le repas le plus important de la journée », est surtout une affaire de rythme de vie. Mais après 60 ans, l’heure à laquelle on le prend pourrait avoir un lien avec la santé.

Une étude publiée en 2025 dans la revue Communications Medicine, menée auprès d’environ 3 000 adultes suivis pendant plus de vingt ans, a montré qu’un petit-déjeuner pris plus tard dans la journée était associé à un risque de mortalité plus élevé. Les auteurs soulignent toutefois qu’il s’agit d’une association statistique. Un petit-déjeuner tardif pourrait surtout être le signe d’un état de santé plus fragile ou d’un rythme de vie perturbé.

Selon les analyses de l’étude, chaque heure de retard dans la prise du petit-déjeuner était associée à une augmentation du risque de mortalité d’environ 8 à 11 %. Les chercheurs ont également observé un écart de survie à dix ans entre les personnes prenant leur petit-déjeuner tôt et celles qui le prennent tard. Environ 89,5 % contre 86 à 87 %.

Ces résultats ne prouvent pas que manger tard cause directement des problèmes de santé. Ils montrent plutôt une association statistique. Autrement dit, l’heure du petit-déjeuner pourrait être un indicateur du mode de vie global et de l’état de santé.

Les rythmes circadiens sont des cycles biologiques d’environ 24 heures qui orchestrent de nombreuses fonctions de l’organisme, comme le sommeil, la température corporelle, la sécrétion d’hormones ou encore le métabolisme.

Cette horloge interne est principalement réglée par l’alternance entre lumière et obscurité, mais elle est également sensible à d’autres repères du quotidien, notamment les horaires des repas.

L’Inserm rappelle que le moment où l’on mange peut influencer la manière dont l’organisme gère l’énergie, le sucre et les graisses. Lorsque les repas sont pris très tard ou de manière irrégulière, cela peut perturber ces mécanismes.

Chez les personnes âgées, ces rythmes biologiques deviennent souvent plus fragiles et plus sensibles aux perturbations. Le sommeil se modifie, l’appétit peut varier et les habitudes quotidiennes changent. 

L’étude publiée dans Communications Medicine montre que les horaires de repas ont tendance à se décaler avec l’âge. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer :

  • des troubles du sommeil, fréquents après 60 ans
  • une baisse de l’appétit au réveil
  • la prise de certains médicaments
  • ou simplement des rythmes de vie différents après la retraite.

Les chercheurs ont aussi observé que les personnes prenant leur petit-déjeuner tard présentaient plus souvent des difficultés physiques ou psychologiques, ainsi qu’un sommeil moins réparateur.

Autrement dit, le petit-déjeuner tardif pourrait être le reflet d’une santé plus fragile, plutôt qu’une cause directe de problèmes de santé.

Dans les travaux scientifiques, les personnes qui prennent leur petit-déjeuner tôt ont souvent d’autres caractéristiques favorables à la santé. Elles ont tendance à :

  • avoir des horaires de sommeil plus réguliers
  • être plus actives physiquement
  • maintenir des routines quotidiennes plus stables.

Ces éléments sont bien connus des chercheurs. Une routine régulière (sommeil, repas, activité) contribue à synchroniser l’horloge biologique, ce qui facilite le bon fonctionnement de nombreux systèmes physiologiques.

L’Anses rappelle d’ailleurs que la régularité des repas est un facteur important d’équilibre nutritionnel, notamment chez les personnes âgées.

Au-delà de l’heure à laquelle on le prend, la composition du petit-déjeuner reste un point clé. Chez les seniors, ce premier repas de la journée contribue à couvrir une partie des besoins nutritionnels. Avec l’âge, l’organisme a notamment besoin d’un apport suffisant en protéines, vitamines et fibres pour préserver la masse musculaire et prévenir certaines carences.

Les recommandations nutritionnelles françaises suggèrent généralement un petit-déjeuner comprenant :

  • une source de protéines (produit laitier, œuf, yaourt)
  • des glucides complexes (pain complet, céréales peu sucrées)
  • un fruit ou un jus de fruit
  • une boisson chaude ou de l’eau.

L’objectif est de fournir de l’énergie de manière progressive et d’éviter les pics de glycémie, c’est-à-dire les hausses rapides du taux de sucre dans le sang.

Même si les données restent à confirmer, ces travaux s’inscrivent dans un domaine scientifique en plein essor : la chrononutrition.

Ce champ de recherche étudie l’impact des horaires de repas sur le métabolisme et la santé. Plusieurs études suggèrent déjà que manger plus tôt dans la journée pourrait être associé à un meilleur contrôle du poids et du métabolisme.

Chez les personnes âgées, maintenir des horaires réguliers pourrait contribuer à :

  • stabiliser l’appétit
  • soutenir le rythme veille-sommeil
  • et faciliter l’organisation des repas.

En pratique, les spécialistes recommandent surtout la régularité. L’heure idéale du petit-déjeuner peut varier d’une personne à l’autre, mais l’important est de conserver un rythme cohérent avec son cycle de sommeil.

Finalement, la question du petit-déjeuner dépasse largement celle de la tartine du matin. Elle renvoie à un principe plus global : l’importance du rythme dans notre quotidien.

Après 60 ans, le corps reste très sensible à ces repères temporels. Des horaires de repas stables, associés à un sommeil régulier et à une activité physique adaptée, participent à maintenir l’équilibre de l’organisme.

Le petit-déjeuner, pris tranquillement au début de la journée, pourrait donc être bien plus qu’une simple routine. Une manière, aussi, de donner le tempo à l’horloge interne. Et peut-être, au passage, de prendre soin de sa santé sur le long terme.

À SAVOIR 

Sauter le petit-déjeuner ou le prendre très tard, vers 10 h ou 11 h, pourrait être moins favorable pour la santé selon certaines études, en particulier avec l’avancée en âge.

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Ma Santé

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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