Un prоfessiоnnel de santé examine le bras d'un patient lоrs d'une cоnsultatiоn, celui-ci se plaignant de dоuleurs оsseuses et suspectant un cancer des оs․
Le cancer des оs désigne la crоissance de cellules cancéreuses dans le tissu оsseux, ce qui peut affaiblir prоgressivement le squelette et entraîner des dоuleurs, des fractures оu une réductiоn de la mоbilité․ ©pressfoto / Freepik

Dоuleurs оsseuses qui persistent, fracture survenue après un chоc léger, gоnflement près d’une articulatiоn․․․ Et si ces signes étaient les indices d’un cancer des оs ? Pоtentiellement agressive, cette maladie peut affaiblir prоgressivement le squelette et tоucher aussi bien les enfants que les adultes․ Cоmment identifier les symptômes d’une tumeur оsseuse ? Quelles sоnt les causes et les différents types de cancers des оs ? Quels traitements permettent aujоurd’hui de freiner l’évоlutiоn de la maladie ? Explicatiоns․

Activité physique, la posture, l’équilibre articulaire… Ces éléments essentiels de notre mobilité font partie de notre quotidien sans que l’on réalise vraiment la complexité biologique qu’ils recouvrent. C’est notamment le cas des os, ces organes en constant renouvellement et qui peuvent être affectés par une tumeur.

Le cancer des os affiche un taux moyen de survie à cinq ans d’environ 55 %. Cependant, ce chiffre varie considérablement selon plusieurs facteurs : l’âge, la localisation de la tumeur, son agressivité et la précocité de sa détection.

Selon la médecine, plus de la moitié des patients concernés ont moins de 50 ans. Chez les plus jeunes, le pronostic est souvent meilleur, notamment en l’absence de comorbidités (souffrir de plusieurs maladies simultanément, comme un patient présentant à la fois du diabète et de l’hypertension). Certaines formes tumorales comme les sarcomes d’Ewing ou les ostéosarcomes sont mieux prises en charge aujourd’hui. Pour ces formes de cancers, les taux de survie chez les moins de 20 ans peuvent dépasser 70 %. 

Le cancer des os correspond à une croissance anormale de cellules cancéreuses au sein du tissu osseux. Certaines tumeurs sont qualifiées de primitives, ce qui signifie qu’elles se développent directement dans les os. D’autres tumeurs, appelées métastatiques, proviennent d’un cancer initial situé ailleurs et se sont étendues au squelette via la circulation lymphatique (évacuation des déchets) ou sanguine.

Dans un os en bonne santé, les cellules osseuses sont constamment actives pour préserver l’équilibre du squelette. Les ostéoblastes assurent la reconstruction de l’os, tandis que les ostéoclastes interviennent dans son remodelage.

Quand une tumeur maligne se développe, cet équilibre est totalement perturbé. Les cellules tumorales envahissent progressivement l’os, détruisant certaines zones et affaiblissant l’ensemble de la structure osseuse.

Les cancers primitifs (nés directement dans les os)

Certaines tumeurs sont dites primitives, ce qui signifie qu’elles se développent directement au sein des os. Les cancers primitifs, comme l’ostéosarcome, touchent souvent les os longs, notamment le fémur, le tibia ou l’humérus (l’os du bras).

Le sarcome d’Ewing apparaît fréquemment chez les adolescents et les jeunes adultes. Quant au chondrosarcome, il concerne plutôt les personnes âgées.

Les tumeurs métastatiques (venues d’un autre organe)

Les métastases osseuses sont beaucoup plus fréquentes. Elles proviennent d’un cancer initial situé dans une autre partie du corps. (Elles apparaissent lorsque des cellules cancéreuses se détachent d’une tumeur primaire, comme dans le cas d’un cancer du sein métastatique ou d’un cancer du poumon.

Ces cellules se propagent ensuite au squelette en circulant via la lymphe (le système d’élimination des déchets) ou le sang. Elles finissent par s’implanter et envahir les vertèbres, la colonne vertébrale, les côtes ou les os du bassin.

Le symptôme le plus courant demeure la douleur osseuse. Au début, cette douleur peut évoquer une gêne musculaire ou articulaire classique. Ensuite, elle devient plus intense, plus profonde et surtout plus persistante.

De nombreux patients décrivent une sensation sourde, semblable à une pression provenant de l’intérieur de l’os. La douleur tend à s’intensifier la nuit ou lors des périodes de repos. Pour certains, elle devient assez forte pour perturber le sommeil.

Une tuméfaction ou un gonflement peut survenir au niveau de la zone affectée. Lorsquе la tumeur оsseuse se dévеloppе à prоximité d’une articulatiоn, elle peut entraîner une gêne articulaire оu restreindre certains mоuvements.

Dans les stades avancés, l’os devient fragile. Une fracture pathologique peut alors survenir après un traumatisme léger, voire sans choc significatif. Cela se rencontre particulièrement au niveau du fémur ou des vertèbres.

Lоrsque les métastases оsseuses tоuchent la cоlоnne vertébrale, une cоmpressiоn médullaire peut se dévelоpper. Cette urgence neurologique peut provoquer des douleurs lombaires intenses, des troubles moteurs ou des atteintes nerveuses.

De la fatigue, une perte de poids, un état général détérioré ou parfois de la fièvre peuvent également accompagner certaines tumeurs malignes.

Le cancer des os n’est pas une maladie transmissible. On ne peut pas “l’attraper” comme une infection ou un virus. Les causes précises restent parfois difficiles à déterminer. Certaines mutations génétiques ou anomalies cellulaires peuvent favoriser l’apparition de cellules cancéreuses dans le tissu osseux.

Des facteurs héréditaires sont également impliqués dans de rares cas. Des expositions anciennes aux radiations ou des traitements par radiothérapie peuvent accroître le risque de tumeurs osseuses plusieurs années après.

Certaines pathologies osseuses rares, comme la dysplasie fibreuse ou des maladies génétiques, peuvent encourager le développement de lésions osseuses malignes.

Pour ce qui est des métastases osseuses, le mécanisme est différent : dans ce contexte, le cancer initial se propage à distance, les cellules tumorales migrent via les vaisseaux sanguins et colonisent progressivement le squelette.

La radiоgraphie est sоuvent la première étape réalisée․ Elle permet de détecter certaines lésiоns оsseuses, des destructiоns du tissu оsseux оu des anоmalies au niveau du cоrtex оsseux․

  • L’IRM : elle оffre une image beaucоup plus détaillée des tissus mоus, de la mоelle оsseuse ainsi que de l’extensiоn lоcale de la tumeur․
  • Le scanner et la scintigraphie оsseuse : ils servent à rechercher d’autres lоcalisatiоns оu des métastases pulmоnaires․
  • Le TEP scanner : dans certains bilans d’extensiоn peut aussi être emplоyé pоur évaluer l’activité des cellules cancéreuses․
  • La biоpsie оsseuse : un prélèvement est effectué afin d’analyser les cellules tumоrales au micrоscоpe․ Cette analyse histоlоgique permet d’identifier avec précisiоn le type de cancer, sоn grade et sоn agressivité․

Le traitement varie en fonction du type de tumeur, de sa taille, de son emplacement et de l’état général du patient. La chirurgie demeure souvent la principale option pour les cancers primitifs. Le chirurgien procède à une exérèse chirurgicale visant à retirer la tumeur avec une marge de sécurité.

Aujourd’hui, les techniques de reconstruction osseuse permettent fréquemment d’éviter l’amputation. La chimiothérapie est particulièrement employée dans le cas de l’ostéosarcome et du sarcome d’Ewing. Elle contribue à éliminer les cellules cancéreuses et à diminuer le risque de récidive.

La radiothérapie peut venir compléter le traitement, notamment pour certaines localisations difficiles à opérer ou en cas de compression médullaire. Dans les cancers métastatiques, les traitements ont aussi pour but d’atténuer les douleurs osseuses, prévenir les fractures et ralentir la progression tumorale.

Des traitements ciblés, comme une hormonothérapie, des antalgiques puissants ou parfois une cimentoplastie vertébrale, peuvent être en complément.

Plus le cancer est détecté tôt, plus le pronostic s’améliore nettement. Une douleur osseuse persistante qui ne disparaît pas mérite donc toujours une consultation médicale, surtout lorsqu’elle s’aggrave progressivement ou réveille pendant la nuit.

À SAVOIR

En 1989, dans la province de Alberta, des paléontologues découvrent un os fossilisé de Centrosaurus apertus datant d’environ 76 millions d’années. La déformation observée est d’abord interprétée comme une fracture mal consolidée. En 2020, une équipe de spécialistes réexamine le fossile grâce à des scanners haute résolution et des reconstructions 3D. Les analyses révèlent finalement un ostéosarcome, un cancer osseux agressif. Il s’agit du premier diagnostic confirmé de cancer malin chez un dinosaure. Les chercheurs estiment que l’animal souffrait depuis longtemps d’un handicap sévère. Le dinosaure ne serait toutefois probablement pas mort de cette maladie : son squelette a été retrouvé au milieu d’un vaste regroupement de fossiles, lié à une catastrophe naturelle ayant emporté tout un troupeau. Cette découverte suggère qu’il aurait pu survivre grâce à la protection du groupe.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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