Une femme qui est tombée malade à cause de l'alternance chaud-froid.
Les virus respiratoires, comme la grippe ou le rhinovirus, survivent plus longtemps dans un air froid et sec selon l'Inserm. © Freepik

La météo joue-t-elle vraiment avec notre santé ? À chaque changement brutal de temps, les conversations s’animent : “c’est sûr, avec ce chaud-froid, je vais attraper un rhume”. Mais que dit la science ? Les écarts de température sont-ils responsables de nos nez qui coulent et de nos quintes de toux ? Éléments de réponse. 

On l’a tous entendu ou dit : “attention, couvre-toi, tu vas prendre froid !”. L’idée que la météo puisse nous rendre malade est ancrée dans l’imaginaire collectif. Pourtant, les virus (grippe, rhinovirus, coronavirus saisonniers) sont les vrais responsables des infections respiratoires. Alors, pourquoi associe-t-on toujours les variations de température à nos maladies d’hiver ?

Les dernières études montrent que si les écarts de température ne déclenchent pas une infection en soi, ils peuvent fragiliser notre organisme et créer un terrain favorable aux virus. En France, Santé publique France recense chaque hiver une surmortalité attribuable aux pathologies respiratoires, largement influencée par le climat.

Le froid, un facteur aggravant démontré

En hiver, les hospitalisations pour maladies respiratoires explosent. Une étude parue en 2024 dans Respiratory Research a confirmé que les visites aux urgences augmentent fortement lors de températures très basses : le risque est multiplié par 2,6 quand la température chute à –9 °C par rapport à une valeur de référence plus douce (25 °C).

En France, Santé publique France estime que 25 % de la surmortalité hivernale est liée aux infections respiratoires, aggravées par les pics de froid. L’Académie nationale de médecine rappelle que “les variations de température ambiante sont susceptibles d’entraîner des perturbations cardiovasculaires et respiratoires”, particulièrement chez les plus fragiles.

La chaleur aussi peut jouer un rôle

On parle souvent du froid, mais les épisodes de chaleur extrême sont loin d’être anodins. Le ministère de la Santé estime qu’en moyenne, 1 500 décès par an en France sont attribuables aux vagues de chaleur.

L’étude précitée révèle aussi que les fortes chaleurs (au-delà de 29 °C) augmentent de 26 % le risque de consultation pour problèmes respiratoires. Les enfants et adolescents sont les plus vulnérables dans ce contexte.

Les variations brusques : un stress pour le corps

Si ce n’est ni le chaud ni le froid qui “donnent le rhume”, pourquoi se sent-on plus fragile lors des changements soudains de température ?

  • Un stress pour l’organisme : passer de 10 °C à 25 °C en quelques heures oblige le corps à mobiliser ses mécanismes de thermorégulation (vasoconstriction, sudation, accélération du rythme cardiaque).
  • Un effet sur les muqueuses : l’air froid et sec assèche le nez et la gorge, diminuant l’efficacité du système mucociliaire qui agit comme bouclier contre les virus.
  • Un impact sur nos comportements : quand il fait froid, nous restons davantage en intérieur, dans des espaces clos, où la circulation virale est favorisée.

“Le froid ne rend pas malade, mais il diminue la résistance de nos muqueuses et augmente les contacts rapprochés en milieu fermé, ce qui facilite la transmission des virus”, explique le Pr Bruno Lina, virologue au CHU de Lyon.

Tout le monde peut se sentir un peu déboussolé quand la météo joue au yoyo, mais certaines personnes sont clairement plus fragiles que d’autres. 

  • Les seniors, par exemple, réagissent moins bien aux brusques chocs thermiques et voient leur organisme peiner à s’adapter. 
  • Chez les malades chroniques (asthmatiques, personnes atteintes de BPCO ou d’insuffisance cardiaque), un simple passage du chaud au froid peut suffire à déclencher une crise ou une aggravation des symptômes. 
  • Les plus jeunes ne sont pas épargnés : enfants et ados, dont la régulation de la température n’est pas encore optimale, supportent mal les coups de chaud. 

Enfin, il ne faut pas oublier les personnes en situation de précarité, souvent contraintes de vivre dans des logements mal isolés, où l’hiver glacial et l’été étouffant deviennent de vrais pièges pour la santé.

Il suffit souvent de petits réflexes au quotidien pour mieux supporter ces écarts de température.

  • Jouez la carte des couches : un tee-shirt, un pull, une veste… que l’on retire ou ajoute facilement selon l’heure de la journée.
  • Humidifiez l’air intérieur : un bol d’eau près du radiateur, une plante verte ou un humidificateur suffisent pour éviter le nez sec.
  • Ouvrez les fenêtres : même en hiver, quelques minutes d’aération chassent l’air vicié et réduisent la concentration de virus.
  • Misez sur les basiques : boire assez, dormir suffisamment et manger équilibré renforcent naturellement vos défenses.
  • Pensez prévention : pour les plus fragiles, la vaccination contre la grippe ou le pneumocoque reste un vrai atout santé.

Reste que ces gestes, aussi simples soient-ils, ne suffisent pas toujours à compenser l’impact des variations climatiques sur la santé. La multiplication des épisodes extrêmes (vagues de froid comme vagues de chaleur) impose aussi une réflexion collective, de l’aménagement des logements à l’organisation du système de santé.

À SAVOIR 

En France, un quart de la surmortalité hivernale est lié aux infections respiratoires, souvent aggravées par le froid et les écarts de température selon Santé publique France.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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