Alors que de nouvelles études réévaluent à la hausse le rôle de l’hérédité dans notre longévité, les chercheurs rappellent qu’une large part du vieillissement reste façonnable. Entre patrimoine biologique, habitudes de vie, environnement et prévention, la science dévoile un tableau bien plus nuancé sur la façon dont nous pouvons réellement influencer notre avenir en santé.
Longtemps, on a pensé que le vieillissement était presque entièrement écrit dans nos gènes et qu’il ne resterait plus qu’à dérouler. Mais les recherches accumulées depuis une vingtaine d’années racontent une histoire un peu différente.
Les études de génétique, les données sur les jumeaux et les travaux en épidémiologie montrent que vieillir résulte autant de notre biologie que de nos habitudes de vie. Autrement dit, nos cellules ne décident pas tout, et nos choix comptent plus qu’on ne l’imagine.
Début 2026, une analyse internationale de la revue Science est venue préciser cette question en réévaluant la part réelle des gènes dans notre longévité. Alors jusqu’où notre patrimoine génétique compte-t-il ? Et jusqu’où nos choix peuvent réellement influencer la façon dont nous vieillissons ?
Les gènes : un rôle réel… mais pas total !
Une héritabilité sans doute sous-estimée pendant des années
Pendant longtemps, les études de référence estimaient que l’héritabilité de la longévité, c’est-à-dire la part de nos différences de durée de vie liée aux gènes, tournait autour de 20 à 25 %. Ces chiffres venaient principalement des grandes recherches sur les jumeaux réalisées dans les années 1990 et 2000.
Mais ces travaux avaient un angle mort assez important puisqu’ils mettaient dans le même panier les décès intrinsèques, liés au vieillissement biologique, et les décès extrinsèques, dus à des facteurs extérieurs comme les accidents, certaines infections, la sous-alimentation ou même les périodes de conflit.
Autrement dit, on évaluait le rôle des gènes… en incluant tout un ensemble d’événements sur lesquels les gènes n’ont aucune prise.
Or le contexte a changé. Dans les sociétés actuelles, la mortalité extrinsèque a nettement reculé grâce aux progrès médicaux, à la prévention et aux meilleures conditions de vie. L’effet réel des gènes ressort donc plus nettement, et certaines analyses récentes montrent que leur influence sur la longévité pourrait avoir été sous-estimée jusque-là.
Des gènes plus influents qu’on ne l’imaginait
D’après l’étude publiée en janvier 2026 dans la revue Science, l’héritabilité de la durée de vie intrinsèque dépasserait 50 % lorsqu’on tient compte des décès réellement liés au vieillissement et qu’on écarte les causes externes comme les accidents ou certaines infections.
Les chercheurs se sont appuyés sur de grandes bases de données familiales issues des registres nordiques, permettant de comparer plus précisément l’effet de la biologie et celui de l’environnement.
Il ne s’agit pas de dire que la moitié de notre durée de vie serait programmée à l’avance. Une héritabilité de 50 % signifie simplement qu’à l’échelle d’une population, environ la moitié des différences d’espérance de vie observées entre les individus s’expliquerait par des facteurs génétiques.
Mode de vie : comment nos habitudes façonnent le vieillissement ?
Vieillissement : alimentation, sport, sommeil… le mode d’emploi pas si secret
Si la génétique contribue à la longévité, nos comportements jouent un rôle concret, mesurable, souvent déterminant. Les travaux épidémiologiques le confirment depuis plus de 40 ans.
Selon l’Inserm, quatre grands types d’habitudes, que l’on connaît désormais assez bien, pèsent fortement dans le vieillissement :
- L’alimentation (qualité, densité nutritionnelle, fréquence des aliments ultra-transformés)
- L’activité physique (marche, activités d’endurance, renforcement musculaire)
- Le tabagisme et la consommation d’alcool
- Le sommeil et la gestion du stress
Ces paramètres influencent directement les maladies dites « chroniques » : cardiovasculaires, métaboliques, neurodégénératives. Or ce sont ces maladies qui conditionnent l’essentiel de la mortalité dans les sociétés industrialisées.
Des choix quotidiens qui modifient réellement la santé
Les études européennes publiées en 2022 et 2023 confirment qu’un mode de vie sain est associé à :
- L’OMS rappelle qu’être physiquement actif, manger varié et éviter le tabac est associé à un risque plus faible de maladies chroniques qui pèsent sur la santé avec l’âge.
- Plusieurs travaux montrent qu’adopter ces habitudes augmente les années vécues en bonne santé, ce qu’on appelle l’espérance de vie sans incapacité.
- Les recherches indiquent aussi que l’activité physique régulière contribue à préserver les capacités cérébrales au fil du temps.
- Certaines habitudes influencent même des marqueurs biologiques importants comme l’inflammation chronique, souvent liée au vieillissement.
Ces effets ne concernent pas seulement les plus jeunes. Les études montrent qu’après 60 ans aussi, ajuster ses habitudes peut encore améliorer la santé.
Les centenaires : exception biologique ou art de vivre ?
En France, le nombre de centenaires a été multiplié par vingt en cinquante ans selon l’Insee. La France comptait environ 200 centenaires en 1970 et environ 4 000 en 2020. Leur profil interroge autant qu’il fascine. Les recherches menées sur les populations très âgées mettent en avant une combinaison de facteurs :
- certains éléments génétiques qui semblent favoriser un vieillissement plus lent
- un environnement social solide, avec des liens familiaux et communautaires forts
- une alimentation traditionnelle, peu transformée
- une activité physique intégrée à la vie quotidienne, souvent liée aux déplacements ou au travail domestique
- des routines et des modes de vie qui limitent le stress chronique
Ces résultats montrent qu’aucun facteur isolé n’explique la longévité exceptionnelle. La biologie joue un rôle, mais l’ensemble du mode de vie, sur le long terme, contribue fortement à ces trajectoires de longévité.
À SAVOIR
Selon l’Organisation mondiale de la santé, le manque de contacts sociaux augmente le risque de mortalité précoce, avec un impact comparable à certains facteurs de risque physiques. L’OMS souligne qu’un isolement durable peut aussi favoriser le déclin cognitif, la dépression et l’aggravation des maladies chroniques.









Bon article mais ce sont des choses que l’on sait déjà. Par conséquent on n’apprend rien de nouveau : la génétique a une part très important dans la longévité d’une personne sauf si elle se nourrit avec trop de produits transformés, si elle a des addictions d’alcool ou de tabac, des cancers etc etc.
Il y a des familles de gens qui vivent longtemps +90 ans et d’autres où il ils ne dépassent pas 60/70 ans.