
Maria Branyas Morera est décédée en août 2024 à l’âge de 117 ans. Cette supercentenaire, doyenne de l’humanité pendant plus d’un an, a fait l’objet d’une étude scientifique en Espagne pour percer les secrets de sa longévité. Mode de vie, microbiote intestinal, patrimoine génétique… On fait le point.
Vivre plus de 100 ans est rare. Atteindre 117 ans relève carrément de l’exploit biologique. C’est pourtant ce qu’a accompli Maria Branyas Morera, née en 1907 et décédée en août 2024, en Catalogne, à l’âge exact de 117 ans et 168 jours. Cette femme à la mémoire vive et à l’humour intact a vu passer deux siècles, deux guerres mondiales, plusieurs pandémies mondiales dont celle du Covid, et des dizaines d’innovations technologiques.
Mais comment expliquer une telle longévité ? Des chercheurs de l’Université de Gérone, en Espagne, se sont penchés sur son cas pour en comprendre les secrets. Et leurs découvertes, publiées en mars 2025, sont aussi fascinantes que surprenantes.
Maria Branyas Morera : plus jeune qu’elle en avait l’air !
Une hygiène de vie simple… mais très efficace
Maria Branyas Morera avait sa propre recette : « une vie ordonnée, un environnement agréable, la chance et une bonne génétique ». Une formule apparemment simple, mais particulièrement efficace dans son cas.
Elle habitait une maison de retraite paisible, loin du stress urbain, où elle marchait chaque jour et entretenait des relations solides avec ses proches. Elle n’avait jamais fumé, ne buvait pas d’alcool et suivait un régime alimentaire typiquement méditerranéen : légumes frais, huile d’olive, poisson, peu de viande, et surtout trois yaourts quotidiens. Un détail qui n’a rien d’anodin, selon les chercheurs.
Un microbiote d’enfant et des cellules “jeunes”
En analysant sa flore intestinale, les scientifiques ont découvert un fait surprenant : à 117 ans, Maria possédait un microbiote aussi riche et équilibré que celui d’un enfant en bas âge. Ce microbiote exceptionnel aurait fortement contribué à renforcer son immunité et à prévenir les maladies liées au vieillissement.
Plus étonnant encore, son « âge biologique », c’est-à-dire l’état réel de ses cellules, était inférieur de 17 ans à son âge chronologique. En clair : à 117 ans, son organisme fonctionnait comme celui d’une personne de 100 ans seulement.
Longévité : quelle est la recette ?
Un patrimoine génétique hors norme
Autre découverte majeure : Maria possédait des variantes génétiques rares, capables de ralentir le vieillissement de ses cellules. Ces gènes limiteraient notamment l’inflammation chronique et les erreurs de réplication de l’ADN, facteurs essentiels des maladies liées à l’âge (Alzheimer, cancer, maladies cardiaques).
Cependant, si Maria a gagné à la loterie génétique, ses bonnes habitudes lui ont permis de tirer pleinement profit de ce précieux héritage.
Une recette accessible à tous ?
À travers l’exemple exceptionnel de Maria Branyas Morera, une conclusion s’impose. La longévité ne repose pas sur un seul secret, mais sur un ensemble de bonnes habitudes, accessibles au plus grand nombre.
- Une vie sans excès, avec une alimentation équilibrée.
- Une activité physique régulière, même modérée.
- Des liens sociaux forts, bénéfiques pour la santé mentale.
- Une attitude positive et curieuse face à la vie.
Bien sûr, la génétique aide, mais elle ne fait pas tout. Si tout le monde ne possède pas les gènes extraordinaires de la doyenne de l’humanité, chacun peut néanmoins adopter quelques-uns de ses précieux conseils pour améliorer sa santé et sa qualité de vie.
À SAVOIR
Maria Branyas Morera a survécu à la pandémie de grippe espagnole de 1918 et a contracté la COVID-19 en avril 2020, à l’âge de 113 ans. Elle s’est rétablie sans complications majeures, devenant ainsi l’une des personnes les plus âgées à avoir vaincu le virus.







