
Un an après avoir annoncé son cancer de la thyroïde, la comédienne Laura Felpin est officiellement en rémission. Une maladie souvent silencieuse, capable de se manifester par une simple boule dans le cou ou une voix qui change, mais qui se soigne aujourd’hui très bien lorsqu’elle est détectée à temps.
Il y a un an, l’annonce avait surpris ses fans. À seulement 35 ans, l’humoriste et comédienne Laura Felpin révélait être atteinte d’un cancer de la thyroïde. Une maladie dont on parle finalement assez peu dans le débat public, malgré un nombre de cas en augmentation depuis plusieurs années. Ce jeudi 5 juin 2026, l’actrice a annoncé être officiellement en rémission. Une nouvelle accueillie avec soulagement par son public, mais qui remet aussi en lumière un cancer souvent méconnu, parfois silencieux, et dont les premiers signes peuvent sembler anodins.
Car contrairement à certains cancers très symptomatiques, celui de la thyroïde évolue souvent discrètement. Beaucoup de patients découvrent la maladie presque par hasard, lors d’un examen médical, d’une échographie du cou ou après l’apparition d’une petite boule inhabituelle. En France, le cancer de la thyroïde reste relativement rare, mais il concerne chaque année plusieurs milliers de personnes. Selon Institut national du cancer, il représente environ 2 % des nouveaux cancers diagnostiqués dans le pays.
La thyroïde, une petite glande qui régule tout l’organisme
Située à la base du cou, juste devant la trachée, la thyroïde est une petite glande en forme de papillon. Malgré sa modeste taille, elle produit des hormones essentielles qui influencent notamment :
- le rythme cardiaque ;
- la température du corps ;
- le métabolisme ;
- la fatigue ;
- le poids ;
- ou encore l’humeur.
Lorsque certaines cellules de cette glande se mettent à se multiplier de manière anarchique, un cancer peut apparaître. Le plus fréquent est le cancer différencié de la thyroïde, notamment le carcinome papillaire. Selon le Centre Léon Bérard, ce type de cancer représente la grande majorité des cas et bénéficie généralement d’un très bon pronostic.
Cancer de la thyroïde : comment reconnaître la maladie ?
Cancer de la thyroïde : ces signes qui passent facilement sous les radars
Le cancer de la thyroïde peut évoluer silencieusement pendant des mois, voire des années, sans provoquer de symptômes très marqués. Pourtant, certains signaux doivent pousser à consulter, surtout lorsqu’ils persistent dans le temps. Selon Institut national du cancer, plusieurs symptômes peuvent alerter :
- une boule ou un nodule dans le cou ;
- des ganglions persistants ;
- une gêne ou une douleur pour avaler ;
- des difficultés respiratoires ;
- une voix qui devient plus rauque ou inhabituelle.
Ce dernier signe est souvent méconnu. La thyroïde étant située juste à côté des cordes vocales, une tumeur peut parfois irriter les nerfs qui contrôlent la voix et provoquer un enrouement, une voix plus grave ou une sensation étrange en parlant. Heureusement, dans la grande majorité des cas, ces symptômes ne sont pas liés à un cancer. Les nodules thyroïdiens sont très fréquents, surtout avec l’âge, et la plupart sont bénins. Mais lorsqu’une anomalie persiste ou évolue, les médecins préfèrent généralement approfondir les examens.
Thyroïde : quelles sont les causes de ce cancer ?
Comme beaucoup de cancers, celui de la thyroïde ne s’explique pas par une cause unique. Dans de nombreux cas, les médecins ne retrouvent d’ailleurs aucun élément déclencheur évident. Mais plusieurs facteurs de risque sont aujourd’hui bien identifiés par Institut national du cancer. Parmi les principaux facteurs connus :
- l’exposition aux rayonnements ionisants (des radiations invisibles provenant notamment des rayons X ou de la radioactivité), surtout pendant l’enfance ;
- certains antécédents familiaux ou prédispositions génétiques (un proche parent a déjà eu un cancer de la thyroïde ou certaines maladies génétiques rares)
- le fait d’être une femme, les femmes étant plus touchées que les hommes ;
- plus rarement, certaines maladies thyroïdiennes préexistantes (comme un goitre, des nodules thyroïdiens ou certaines inflammations chroniques de la thyroïde).
Le facteur de risque le plus clairement identifié reste toutefois l’exposition à la radioactivité. Après la catastrophe de Tchernobyl, le cancer de la thyroïde a d’ailleurs été surveillé de très près dans plusieurs pays européens, notamment chez les enfants exposés aux retombées radioactives. La raison tient au fonctionnement même de cette glande. La thyroïde capte naturellement l’iode nécessaire à la fabrication des hormones. Mais lors d’un accident nucléaire, elle peut aussi absorber de l’iode radioactif présent dans l’air, l’eau ou certains aliments contaminés. Avec le temps, cette radioactivité peut altérer les cellules thyroïdiennes et augmenter le risque de cancer, parfois plusieurs années après l’exposition.
Les chercheurs s’intéressent également au rôle possible des hormones, ce qui pourrait expliquer pourquoi les femmes sont davantage touchées par cette maladie. Mais à ce jour, les mécanismes précis restent encore mal compris.
Traitement : un cancer qui se soigne généralement bien
Le cancer de la thyroïde fait partie des cancers dont le pronostic est souvent très favorable. Selon les données de Santé publique France et de l’INCa, lorsqu’il est détecté tôt, les chances de guérison sont généralement excellentes. Il fait partie des cancers au pronostic le plus favorable. Le traitement dépend de la taille de la tumeur, de son type et de son extension, mais il repose le plus souvent sur :
- une chirurgie pour retirer tout ou partie de la thyroïde ;
- parfois un traitement à l’iode radioactif afin d’éliminer d’éventuelles cellules cancéreuses restantes ;
- un suivi médical régulier pendant plusieurs années.
Après l’opération, les patients doivent généralement prendre un traitement hormonal quotidien à vie. Ce médicament permet de remplacer les hormones que la thyroïde produisait naturellement et d’aider l’organisme à continuer de fonctionner normalement. Même si les perspectives sont très rassurantes, les médecins insistent sur l’importance du suivi. Des examens réguliers permettent de vérifier que la maladie ne réapparaît pas et d’adapter le traitement hormonal si nécessaire.
Une maladie de plus en plus diagnostiquée
Depuis plusieurs décennies, le nombre de cancers de la thyroïde diagnostiqués augmente dans de nombreux pays, y compris en France. Selon l’Institut national du cancer, cette hausse s’explique en partie par l’amélioration des examens médicaux et le recours beaucoup plus fréquent à l’imagerie. Aujourd’hui, les échographies cervicales permettent de détecter des nodules extrêmement petits, parfois de seulement quelques millimètres. Des anomalies qui seraient passées totalement inaperçues il y a encore trente ou quarante ans sont désormais identifiées lors d’examens réalisés pour d’autres raisons médicales.
Cette progression des diagnostics serait donc liée notamment :
- à des échographies plus précises ;
- à des examens médicaux plus fréquents ;
- à une meilleure surveillance des nodules thyroïdiens ;
- et à des cancers repérés à un stade beaucoup plus précoce.
Pour autant, les médecins rappellent qu’il ne faut jamais banaliser certains symptômes persistants.
À SAVOIR
Contrairement à beaucoup d’autres cancers, celui de la thyroïde touche relativement souvent des adultes jeunes. Selon l’Institut national du cancer, il est fréquemment diagnostiqué entre 30 et 50 ans, avec une majorité de patientes féminines.







