La dengue fait son retour en France métropolitaine. Le 20 juillet, l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie a confirmé le premier cas autochtone de la saison 2026 à Carmaux, dans le Tarn. La personne contaminée n’avait pas voyagé dans une zone où circule le virus, ce qui signifie qu’elle a été infectée localement, probablement après la piqûre d’un moustique tigre (Aedes albopictus) porteur de la dengue. Si ce type de transmission reste rare, il n’est plus exceptionnel. Chaque été, les autorités sanitaires renforcent la surveillance dans les départements colonisés par le moustique tigre afin de détecter rapidement ces cas et de limiter la propagation du virus.
La transmission locale de la dengue n’est plus exceptionnelle
L’année 2025 avait déjà confirmé l’installation durable du risque de transmission locale en France métropolitaine. Selon le bilan annuel de Santé publique France, 30 cas autochtones de dengue avaient été recensés, répartis en 11 foyers de transmission, auxquels s’ajoutait un cas isolé.
Plus largement, 2025 a marqué une saison inédite pour les maladies transmises par le moustique tigre. Santé publique France a recensé 809 cas autochtones de chikungunya dans l’Hexagone, un niveau jamais atteint depuis le début de la surveillance renforcée en 2006. Cette hausse s’explique notamment par la progression du moustique tigre sur le territoire, des conditions climatiques favorables à son développement et l’augmentation des cas importés chez des voyageurs revenant de zones touchées.
Si les épisodes de dengue restent encore rares, très localisés et rapidement maîtrisés grâce aux opérations de démoustication et à la surveillance sanitaire, ils montrent que la transmission locale du virus n’a plus rien d’exceptionnel. Chaque été, les autorités sanitaires s’attendent désormais à détecter de nouveaux cas dans les départements où le moustique tigre est implanté, avec pour objectif de casser rapidement les chaînes de transmission avant qu’un foyer ne s’installe
Premier cas autochtone de dengue : faut-il s’inquiéter ?
Dengue : que font les autorités sanitaires ?
La confirmation d’un cas autochtone déclenche immédiatement un protocole de lutte contre la propagation du virus. L’ARS Occitanie mène d’abord une enquête épidémiologique afin de retracer les déplacements de la personne malade pendant la période où le virus circulait dans son sang. L’objectif est d’identifier les secteurs où un moustique tigre a pu la piquer, puis devenir à son tour porteur du virus.
En parallèle, des opérations de démoustication ciblées sont réalisées autour du domicile du patient et dans les lieux qu’il a récemment fréquentés. Ces interventions visent à éliminer les moustiques adultes susceptibles d’avoir été infectés, avant qu’ils ne transmettent le virus à d’autres personnes.
Les professionnels de santé du secteur sont également invités à renforcer leur vigilance et à signaler rapidement tout patient présentant des symptômes compatibles avec la dengue. Les habitants concernés sont enfin informés des gestes à adopter, notamment l’élimination des eaux stagnantes où se reproduit le moustique tigre. L’objectif est d’interrompre au plus vite la chaîne de transmission et éviter l’apparition d’un foyer local de dengue.
Quels sont les symptômes de la dengue ?
Selon Santé publique France, la dengue apparaît généralement quatre à dix jours après la piqûre d’un moustique infecté. Les symptômes les plus fréquents sont :
- une forte fièvre ;
- des maux de tête parfois très intenses ;
- des douleurs musculaires et articulaires ;
- une grande fatigue ;
- parfois une éruption cutanée.
Dans la majorité des cas, la maladie guérit spontanément en une à deux semaines. En revanche, une faible proportion de patients développe une forme sévère pouvant entraîner des complications hémorragiques ou un état de choc. Ce risque est particulièrement élevé chez les personnes qui contractent une dengue pour la deuxième fois avec un autre sérotype viral.
Faut-il craindre une épidémie cet été ?
Pas à ce stade. La confirmation d’un cas autochtone ne signifie pas qu’une épidémie est en cours. En France métropolitaine, les épisodes observés jusqu’à présent sont restés très localisés, grâce notamment à la détection rapide des cas et aux interventions de démoustication.
En revanche, les spécialistes observent une tendance de fond : les épisodes de transmission locale deviennent plus fréquents d’une année sur l’autre, sous l’effet de l’implantation durable du moustique tigre et de l’augmentation des cas importés revenant de zones où la dengue circule activement. Santé publique France considère désormais ces épisodes estivaux comme une situation attendue dans les régions colonisées par Aedes albopictus.
Dengue, zika, chikungunya : comment réduire le risque ?
La meilleure protection consiste toujours à éviter les piqûres et à limiter les lieux où les moustiques peuvent pondre. Quelques gestes simples suffisent souvent :
- vider régulièrement les coupelles, seaux, gouttières et tout récipient contenant de l’eau stagnante ;
- porter des vêtements couvrants lorsque les moustiques sont actifs ;
- utiliser un répulsif adapté lorsque cela est recommandé ;
- installer des moustiquaires si nécessaire.
Car contrairement aux idées reçues, chaque petit volume d’eau oublié dans un jardin ou sur un balcon peut devenir une véritable nurserie pour le moustique tigre. Si la dengue reste une maladie essentiellement importée, elle peut désormais, ponctuellement, se transmettre en France. Une situation qui ne justifie pas d’inquiétude particulière, mais qui impose une vigilance collective face à un moustique désormais bien installé sur le territoire.
À SAVOIR
Contrairement au moustique commun, qui est principalement actif le soir et la nuit, le moustique tigre est surtout agressif au lever du jour et en fin d’après-midi, avec une activité qui peut se prolonger en journée. Dormir sous une moustiquaire ne protège donc pas toujours des piqûres si l’on passe du temps à l’extérieur.




