Une persоnne qui a attrapé un grоs cоup de sоleil met de la crème sоlaire pоur se prоtéger․
Près de 84 % des mélanomes cutanés après 30 ans seraient liés à une exposition excessive au soleil, selon Santé Public France. ©Freepik / Magnific

Chaque année, les cancers de la peau figurent parmi les types de cancers les plus fréquemment diagnоstiqués en France․ En cause, le soleil, principalement. Bien que l’expоsitiоn excessive aux rayоns ultraviоlets sоit le principal facteur de risque, tоutes les tumeurs cutanées ne présentent pas les mêmes caractéristiques ni le même degré de gravité․ Le mélanоme, le carcinоme basоcellulaire et le carcinоme épidermоïde se dévelоppent à partir de cellules différentes et requièrent une prise en charge spécifique․ Cоmment les rayоns UV cоntribuent-ils à l’apparitiоn de ces cancers ? Quels sоnt les signes permettant de les distinguer et de les détecter tôt ? Pоurquоi un diagnоstic précоce est-il crucial pоur améliоrer les chances de guérisоn ? Explicatiоns․

Des millions de personnes s’exposent au soleil sans mesurer les effets des rayons ultraviolets (UV) sur la peau. Pourtant, les cancers de la peau sont en constante progression depuis plusieurs décennies. Et avec le vieillissement de la population et l’utilisation des cabines de bronzage artificielles, l’accumulation des expositions au soleil tout au long de sa vie et les coups de soleil répétés figurent bien parmi les principaux facteurs de risque identifiés.

Face à l’apparition d’une nouvelle lésion cutanée, d’un grain de beauté qui évolue ou d’une plaie qui ne cicatrise pas, il est parfois difficile de savoir à quel type de cancer de la peau on est confronté. Le mélanome, le carcinome basocellulaire et le carcinome épidermoïde sont les principales formes de cancers cutanés. Bien qu’ils soient tous favorisés par l’exposition aux UV, ces cancers se développent à partir de cellules différentes, présentent des caractéristiques cliniques distinctes et n’ont pas le même niveau de gravité.

Le soleil émet plusieurs types de rayonnements, dont les ultraviolets UVA (ultraviolet A) et UVB (ultraviolet B, de brûlure ou bronzage). En pénétrant dans la peau, ces rayons peuvent endommager progressivement l’ADN des cellules cutanées.

Chaque exposition solaire laisse des traces invisibles. Au fil du temps, les dommages s’accumulent dans les kératinocytes, principales cellules de l’épiderme, ou dans les mélanocytes, responsables de la production de mélanine. Lorsque les mécanismes de réparation de l’organisme ne parviennent plus à corriger ces altérations, certaines cellules peuvent se transformer et se multiplier de manière anarchique, donnant naissance à un cancer de la peau.

Les coups de soleil répétés, notamment durant l’enfance et l’adolescence, sont particulièrement associés au risque de mélanome. À l’inverse, les expositions solaires chroniques et répétées au cours de la vie favorisent davantage le développement des carcinomes cutanés.

Certaines personnes présentent également une sensibilité accrue. C’est notamment le cas des individus à peau claire, ayant de nombreuses taches de rousseur ou de nombreux grains de beauté, ainsi que de ceux ayant des antécédents familiaux de cancer de la peau. Chez ces populations, la vigilance et le dépistage régulier sont particulièrement importants.

Le mélanome

Il est généralement le cancer cutané qui inquiète le plus les dermatologues. Il se développe à partir des mélanocytes, les cellules responsables de la pigmentation de la peau. Dans la majorité des cas, il apparaît sous la forme d’un grain de beauté qui se modifie progressivement ou d’une nouvelle tache pigmentée inhabituelle.

La lésion devient asymétrique, ses contours sont irréguliers et sa couleur n’est plus homogène. Son principal danger réside dans sa capacité à se propager rapidement aux ganglions lymphatiques puis à d’autres organes.

Les formes les plus fréquemment diagnostiquées sont le mélanome superficiel extensif, le mélanome nodulaire, le mélanome de Dubreuilh (ou lentigo malin mélanome) et le mélanome acrolentigineux (VOIR À SAVOIR), une forme plus rare qui se développe au niveau des paumes des mains, des plantes des pieds ou sous les ongles.

Le carcinome basocellulaire 

Il est le cancer de la peau le plus fréquent mais aussi le moins agressif. Il se présente généralement comme un petit nodule nacré, brillant ou translucide, ou comme une plaie qui ne cicatrise pas complètement. Son évolution est souvent très lente et les métastases sont exceptionnelles. En revanche, sans traitement, il peut progressivement envahir et détruire les tissus voisins.

Le carcinome épidermoïde

Également appelé carcinome spinocellulaire, se situe entre les deux en termes de gravité. Il apparaît fréquemment sous la forme d’une plaque rugueuse, d’une croûte persistante, d’un nodule rougeâtre ou d’une ulcération qui ne guérit pas. Contrairement au carcinome basocellulaire, il présente un risque réel d’extension aux ganglions lymphatiques et, plus rarement, à d’autres organes.

En pratique, un grain de beauté qui change de forme, de taille ou de couleur doit faire évoquer un mélanome. Une petite lésion brillante ou une plaie qui ne cicatrise pas oriente davantage vers un carcinome basocellulaire. Une croûte persistante, une plaque rugueuse ou une ulcération sur une zone exposée au soleil doit faire suspecter un carcinome épidermoïde.

Toutefois, il est impossible de confirmer la nature d’une lésion cutanée à l’œil nu avec certitude. Toute anomalie persistante ou évolutive doit être examinée par un dermatologue, qui pourra réaliser une dermoscopie, une biopsie ou une exérèse afin d’établir un diagnostic précis.

Quel que soit le type de cancer cutané suspecté, le diagnostic repose sur un examen dermatologique spécialisé. Le dermatologue observe d’abord la lésion à l’œil nu puis à l’aide d’un dermatoscope, un instrument permettant de visualiser plus précisément les structures situées sous la surface de la peau.

Si la lésion paraît suspecte, une biopsie ou une exérèse chirurgicale est réalisée. Le prélèvement est ensuite analysé au microscope par un médecin anatomopathologiste. Cet examen histologique permet de confirmer s’il s’agit d’un mélanome, d’un carcinome basocellulaire ou d’un carcinome épidermoïde, tout en évaluant son degré d’agressivité.

Contrairement aux carcinomes localisés, qui nécessitent rarement des examens complémentaires, les mélanomes ou les carcinomes épidermoïdes plus avancés peuvent justifier un bilan d’extension. Celui-ci peut inclure un scanner, une IRM ou une tomographie par émission de positons (TEP-scan) afin de rechercher une éventuelle atteinte des ganglions lymphatiques ou la présence de métastases à distance.

Qu’il s’agisse d’un mélanome ou d’un carcinome, certaines modifications de la peau doivent inciter à demander un avis médical. Toute lésion qui apparaît récemment, change rapidement d’aspect, augmente de taille ou saigne sans raison apparente mérite une surveillance attentive.

Parmi les signes les plus évocateurs figurent un grain de beauté asymétrique ou qui évolue, une nouvelle tache pigmentée inhabituelle, une plaie qui ne cicatrise pas, un nodule qui grossit progressivement ou encore une croûte persistante qui réapparaît toujours au même endroit.

Même si ces anomalies ne correspondent pas systématiquement à un cancer de la peau, elles justifient un examen dermatologique afin d’écarter toute lésion maligne.

Comme pour la majorité des cancers, le diagnostic précoce joue un rôle déterminant. Plus une tumeur cutanée est détectée à un stade précoce, plus les traitements sont simples à mettre en œuvre et plus les chances de guérison sont élevées.

Contrairement à de nombreux autres cancers, une grande partie des cancers cutanés peut être évitée grâce à des mesures de prévention adaptées. La réduction de l’exposition aux rayons ultraviolets reste aujourd’hui le moyen le plus efficace de limiter les risques.

Les dermatologues recommandent notamment d’éviter les expositions solaires aux heures les plus chaudes de la journée, généralement entre 12 h et 16 h, de privilégier les zones d’ombre et de porter des vêtements couvrants les parties du corps les plus exposées, ainsi qu’un chapeau à larges bords et des lunettes de soleil filtrant les rayons ultraviolets.

L’utilisation d’une protection solaire à indice élevé permet également de réduire les dommages causés par les rayonnements UV. Toutefois, une crème solaire ne doit pas être considérée comme un moyen de prolonger volontairement le temps d’exposition au soleil.

La surveillance régulière de la peau constitue également un élément essentiel de la prévention. Observer l’apparition de nouvelles lésions, l’évolution des grains de beauté ou la persistance d’une plaie permet parfois de détecter un cancer à un stade précoce.

En cas de doute, une consultation chez un dermatologue est recommandée. Dans les cancers de la peau, un diagnostic précoce reste l’un des facteurs les plus importants pour améliorer les chances de guérison et limiter les traitements nécessaires.

À SAVOIR

En 1977, après une blessure à l’orteil lors d’un match de football, une tache sombre apparaît sous l’ongle de Bob Marley et est d’abord prise pour un simple hématome. Les médecins diagnostiquent finalement un mélanome acrolentigineux, une forme rare de cancer de la peau qui se développe notamment sous les ongles et passe souvent inaperçue. Souvent détecté tardivement car il ressemble à une blessure bénigne, ce cancer est particulièrement agressif. Bob Marley en décède en 1981 à l’âge de 36 ans, et son histoire est depuis devenue un exemple majeur de sensibilisation au dépistage précoce des mélanomes atypiques.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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