Virus du Nil occidental : un premier cas autochtone détecté en France

le 17 juillet 2026 à 12h21
L’homme vient de se faire piquer par un moustique infecté par le virus du Nil occidental.
Le moustique qui transmet le virus du Nil pique surtout les oiseaux. L'homme n'est qu'un hôte accidentel. © Magnific
Le virus du Nil occidental circule de nouveau en France. Mi-juillet, les autorités sanitaires ont confirmé le premier cas autochtone de l'année dans les Pyrénées-Orientales. La personne, qui n'avait pas voyagé, a été contaminée localement par la piqûre d'un moustique Culex infecté. Faut-il s'inquiéter ?
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C’est une première en 2026. Santé publique France a annoncé, le 16 juillet, l’identification d’un cas autochtone d’infection par le virus du Nil occidental (West Nile) dans les Pyrénées-Orientales (Occitanie). La personne concernée n’a pas été contaminée lors d’un voyage, mais directement en France, après avoir été piquée par un moustique infecté. Selon les autorités sanitaires, les premiers symptômes sont apparus le 30 juin.

Cette détection constitue le premier cas humain de circulation locale du virus en France cette année. Elle s’inscrit dans le cadre de la surveillance renforcée mise en place chaque année entre le 1er mai et le 30 novembre, période d’activité des moustiques. Ce dispositif mobilise Santé publique France, les Agences régionales de santé (ARS), le Centre national de référence des arbovirus et plusieurs laboratoires spécialisés.

Virus du Nil occidental : qu’en est-il de ce premier cas autochtone ? 

Le moustique tigre n’est pas responsable

Pour une fois, le moustique tigre n’est pas le coupable. Le virus du Nil occidental est principalement transmis par des moustiques du genre Culex, des espèces très répandues en France que l’on rencontre aussi bien en ville qu’à la campagne, notamment près des eaux stagnantes.

Selon Santé publique France, le virus circule naturellement entre les oiseaux sauvages et les moustiques Culex. L’être humain peut être infecté lorsqu’il est piqué par un moustique porteur du virus. En revanche, une personne malade ne transmet pratiquement jamais le virus à son entourage.

Il n’y a donc pas de risque de contagion dans la vie quotidienne. En revanche, les autorités sanitaires vont désormais renforcer la surveillance pour détecter rapidement d’éventuels nouveaux cas dans le secteur.

Quels sont les symptômes ?

Le virus du Nil occidental passe le plus souvent totalement inaperçu. Près de huit personnes infectées sur dix ne développent aucun symptôme. Lorsque la maladie se manifeste, elle ressemble généralement à un syndrome grippal. Les symptômes apparaissent après une incubation de deux à quatorze jours et peuvent associer :

  • une fièvre parfois élevée ;
  • des maux de tête ;
  • des douleurs musculaires et articulaires ;
  • une fatigue importante ;
  • parfois une éruption cutanée ou des ganglions.

Chez une faible proportion de patients, principalement les personnes âgées ou immunodéprimées, l’infection peut évoluer vers une forme neuro-invasive beaucoup plus grave, avec une méningite, une encéphalite ou une paralysie. Selon l’OMS, ces formes sévères concernent moins de 1 % des personnes infectées, mais elles nécessitent une prise en charge hospitalière.

Un virus qui circule depuis longtemps dans les Pyrénées orientales 

Le bulletin de Santé publique France rappelle que des chevaux avaient été infectés dans ce département dès 2006, avant qu’un premier cas humain n’y soit signalé en 2018. Plus largement, le virus est désormais endémique dans plusieurs pays du sud de l’Europe, notamment en Italie, en Grèce, en Roumanie, en Hongrie ou encore en Espagne. Les épisodes surviennent principalement pendant l’été et au début de l’automne, lorsque l’activité des moustiques est maximale.

Le changement climatique, avec des températures plus élevées et des saisons chaudes plus longues, favorise l’installation durable de certains moustiques vecteurs et prolonge leur période d’activité. Les autorités sanitaires françaises surveillent donc de près cette évolution.

Premier cas autochtone : que font les autorités sanitaires ?

La découverte d’un cas autochtone déclenche immédiatement plusieurs mesures. Selon Santé publique France, les autorités réalisent une enquête épidémiologique afin de confirmer le lieu probable de contamination et d’identifier d’éventuels autres cas. La surveillance est également renforcée chez les oiseaux et les chevaux, qui jouent un rôle essentiel dans la circulation du virus.

Le dispositif français repose sur une approche dite « One Health », qui associe médecins, vétérinaires, biologistes, entomologistes, l’Office français de la biodiversité, l’Anses et les agences régionales de santé. Cette coopération permet de détecter plus rapidement une reprise de circulation du virus. Par ailleurs, des mesures spécifiques sont mises en œuvre pour sécuriser les dons de sang et d’organes dans les zones concernées, afin d’éviter toute transmission exceptionnelle par ces voies.

Virus du Nil Occidental : comment se protéger ?

Il n’existe ni vaccin disponible pour le grand public, ni traitement antiviral spécifique contre le virus du Nil occidental chez l’être humain. La prévention repose donc essentiellement sur la lutte contre les piqûres de moustiques. Les autorités recommandent notamment de :

  • porter des vêtements couvrants en soirée et la nuit ;
  • utiliser un répulsif adapté lorsque cela est nécessaire ;
  • installer des moustiquaires si possible ;
  • supprimer les eaux stagnantes autour de son domicile afin de limiter la prolifération des moustiques.

Ces gestes sont particulièrement recommandés dans les régions où une circulation du virus est identifiée pendant la saison estivale comme dans les Pyrénées Orientales. 

Chikungunya, dengue, zika : qu’en est-il des autres virus occidentaux ? 

À l’échelle nationale, la situation reste également sous surveillance pour les autres arboviroses. Au 16 juillet 2026, le virus du Nil occidental est le seul à avoir donné lieu à une transmission locale, avec ce premier cas autochtone confirmé dans les Pyrénées-Orientales. 

Les autres arboviroses restent, pour l’heure, exclusivement importées. Depuis le 1er mai, début de la surveillance renforcée, jusqu’au 12 juillet 2026, Santé publique France a recensé 215 cas de dengue, 69 de chikungunya et 9 de Zika chez des voyageurs revenus de zones où ces virus circulent activement, notamment en Amérique, dans les Caraïbes, en Afrique ou en Asie. Ces personnes ont été contaminées à l’étranger et non sur le territoire français, mais elles font l’objet d’une surveillance afin de prévenir toute transmission locale par des moustiques présents en France.

À SAVOIR 

Le moustique qui transmet le virus du Nil occidental pique surtout entre le crépuscule et l’aube. Contrairement au moustique tigre, principalement actif en journée, les moustiques du genre Culex recherchent surtout leurs proies en soirée, pendant la nuit et au petit matin.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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