Gene Hackman après le décès de son épouse, Betsy Arakawa, des suites d’une infection à hantavirus.
Betsy Arakawa, l’épouse de Gene Hackman, est morte en février 2025 d’une infection à hantavirus. © Wikimedia commons

L’enquête autour de la mort de Betsy Arakawa, épouse de l’acteur Gene Hackman, a finalement conduit les autorités américaines à identifier un hantavirus, contracté au contact de rongeurs présents sur la propriété du couple au Nouveau-Mexique. Rare mais potentiellement mortelle, cette infection virale transmise par les excréments ou l’urine de certains rongeurs reste peu connue du grand public. Pourtant, elle existe aussi en France, où plusieurs dizaines de cas sont recensés chaque année.

Pendant plusieurs semaines, les circonstances de la mort de Betsy Arakawa ont nourri les interrogations des enquêteurs américains. L’épouse de Gene Hackman, retrouvée morte en 2025 dans leur propriété de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, ne présentait aucun signe évident d’intoxication criminelle ou accidentelle. Les analyses toxicologiques ont notamment permis d’écarter une fuite de gaz ou une intoxication au monoxyde de carbone.

Petit à petit, l’enquête s’est orientée vers une piste infectieuse. Des traces importantes de rongeurs auraient été retrouvées dans certaines dépendances de la propriété : nids, excréments, matériaux souillés. Les médecins légistes ont finalement conclu à une infection par hantavirus, une maladie rare transmise par certains rongeurs sauvages.

Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), les hantavirus se transmettent principalement lorsque des particules virales présentes dans l’urine, les selles ou la salive de rongeurs infectés deviennent aériennes puis sont inhalées par l’être humain.

Les hantavirus appartiennent à une famille de virus présents sur tous les continents. Chaque souche est généralement associée à une espèce précise de rongeur.

En Amérique du Nord et du Sud, certaines souches provoquent un syndrome pulmonaire sévère appelé « syndrome pulmonaire à hantavirus ». La maladie débute souvent comme une grippe

  • forte fièvre, 
  • fatigue, 
  • douleurs musculaires, 
  • maux de tête, 
  • parfois troubles digestifs. 

Puis, en quelques heures ou quelques jours, l’état peut brutalement s’aggraver avec une détresse respiratoire importante. Selon le CDC, environ un tiers des patients atteints de cette forme pulmonaire décèdent. 

Mais au départ, rien ne distingue vraiment l’infection d’une grippe ou d’un virus hivernal classique. L’incubation peut être longue. Les symptômes apparaissent généralement entre une et huit semaines après l’exposition aux rongeurs contaminés.

Les rongeurs porteurs du virus ne sont généralement pas malades. Ils transportent pourtant le virus dans leurs urines, leurs selles et leur salive pendant une longue période.

Le danger apparaît surtout lorsque des espaces fermés sont nettoyés sans précaution. Balayer ou passer l’aspirateur sur des déjections de rongeurs peut remettre dans l’air des particules contaminées. Les autorités sanitaires américaines déconseillent d’ailleurs explicitement d’utiliser un aspirateur dans ce contexte.

Les recommandations sanitaires sont donc simples :

  • aérer les pièces fermées avant nettoyage ;
  • porter des gants ;
  • humidifier les surfaces avec un désinfectant ;
  • éviter de balayer à sec ou d’aspirer les excréments.

Ces gestes peuvent sembler anecdotiques. Ils sont pourtant considérés comme la principale protection contre le virus.

Un virus surveillé dans le nord-est de la France

En France aussi, des infections à hantavirus sont surveillées depuis plusieurs décennies. Selon Santé publique France, ces virus circulent surtout dans le quart nord-est du territoire métropolitain.

La souche la plus fréquente en Europe est le virus Puumala. Elle provoque principalement une « fièvre hémorragique avec syndrome rénal » (FHSR), une forme généralement moins létale que les formes pulmonaires observées sur le continent américain.

Le principal réservoir français est le campagnol roussâtre, un petit rongeur vivant en forêt ou à proximité des habitations rurales, selon le Centre national de référence des hantavirus de l’Institut Pasteur.

Les cas restent rares mais réguliers. Santé publique France indique que 75 cas humains ont été recensés en France hexagonale en 2024, contre une moyenne annuelle d’environ 108 cas entre 2012 et 2023.

Depuis vingt ans, un peu plus de 2 000 cas ont été diagnostiqués dans le pays, principalement dans les Ardennes, le Jura, la Franche-Comté ou encore certaines zones boisées de Lorraine. 

Le retour inquiétant de l’hantavirus : faut-il craindre une épidémie ? 

Début mai 2026, plusieurs cas graves ont été signalés à bord du navire d’expédition Hondius, au large du Cap-Vert.

L’OMS a confirmé un foyer impliquant plusieurs passagers et trois décès. En France, 22 cas contacts ont été confirmés et une Française a été testé positive. 

Cette flambée a particulièrement attiré l’attention car la souche suspectée, le virus Andes, fait partie des très rares hantavirus capables de se transmettre entre humains dans certaines conditions très rapprochées. Un phénomène exceptionnel, car la quasi-totalité des hantavirus connus se transmettent uniquement via les rongeurs.

Les autorités sanitaires restent toutefois rassurantes. Le risque d’une propagation ou d’une réelle épidémie demeure faible.

Quels traitements contre le hantavirus ?

À ce jour, il n’existe ni vaccin largement disponible ni traitement antiviral spécifique contre les hantavirus. La prise en charge repose essentiellement sur les soins hospitaliers et le traitement des complications, en particulier respiratoires dans les formes pulmonaires sévères observées sur le continent américain.

Plus le diagnostic est posé tôt, meilleures sont les chances d’éviter une aggravation brutale. Les patients peuvent nécessiter une assistance respiratoire en réanimation lorsque les poumons sont fortement atteints. 

En Europe, les formes rénales observées avec le virus Puumala sont généralement moins graves, mais elles peuvent tout de même entraîner une hospitalisation et une surveillance étroite.

Prévention : les bons réflexes face aux rongeurs

Faute de traitement spécifique, la prévention reste aujourd’hui la meilleure protection. L’objectif est de limiter au maximum les contacts avec les rongeurs et leurs déjections.

Plusieurs gestes simples peuvent réduire le risque d’exposition :

  • éviter l’accumulation de déchets alimentaires ;
  • empêcher les rongeurs d’entrer dans les habitations ;
  • aérer les pièces fermées longtemps avant d’y entrer ou de les nettoyer ;
  • porter des gants lors du nettoyage de zones potentiellement souillées ;
  • humidifier les surfaces avec un désinfectant avant nettoyage ;
  • éviter de balayer à sec ou de passer l’aspirateur sur des excréments de rongeurs, afin de ne pas disperser des particules contaminées dans l’air.

Les professionnels forestiers, agriculteurs, chasseurs ou personnes vivant à proximité de zones boisées figurent parmi les populations les plus exposées. Mais les infections restent heureusement rares.

À SAVOIR 

Les pics de hantavirus suivent parfois… les bonnes années des forêts. Lorsque les hêtres produisent beaucoup de graines, les campagnols se multiplient fortement, ce qui augmente ensuite le risque de transmission du virus à l’humain. Un lien étonnant entre écologie forestière et maladies infectieuses, surveillé de près par Santé publique France et l’Institut Pasteur.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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