Une femme victime d'un infarctus.
Tabagisme, obésité, stress... Du fait d'un mode de vie de plus en plus similaire à celui des hommes, les femmes aussi sont désormais sujettes aux crises cardiaques. ©Freepik

Si les statistiques s’améliorent, du fait d’une meilleure prise en compte des facteurs de risques cardiovasculaires, l’infarctus est encore à l’origine de 12 000 décès chaque année en France. Quelles sont les causes et symptômes de ce que l’on appelle plus couramment la crise cardiaque ? Quels sont les traitements et leurs évolutions ? Chirurgien cardiaque à Lyon, le Dr Vincent Doisy a profité de l’émission Votre Santé pour revenir sur une pathologie qui, désormais, commence également à faire de plus en plus de victimes dans les rangs des femmes.

L’infarctus correspond à une atteinte du muscle cardiaque lié à la présence d’un caillot sanguin qui obstrue une artère coronaire. Il correspond à la fameuse crise cardiaque, et sa forme la plus courante est l’infarctus du myocarde. Chirurgien-cardiaque au Médipôle Lyon-Villeurbanne, Dr Vincent Doisy, était l’invité de l’émission Votre Santé, sur BFM TV Lyon, le mardi 28 février 2023. Il est revenu sur le mécanisme de l’infarctus, mais également sur ses signes avant-coureurs et sur la “féminisation” d’un accident jusqu’ici plus souvent réservé aux hommes.

Quel est le mécanisme du coeur  ?

Le cœur est une pompe qui doit être nourrie par les artères coronaires, branchées à partir de l’aorte et qui nourrissent le cœur en sang oxygéné, lui permettant ainsi de fonctionner. La deuxième partie est le muscle lui-même qui sert de pompe et qui a une pathologie propre : la pompe active, le cœur droit et gauche. La troisième partie ce sont les valves dans le cœur et qui servent à clapper anti-retour. Elles ont des formes spécifiques en raison de leur tissu vivant.

Quel est le processus de l’infarctus ?

Au bout d’un certain temps d’évolution de vie, le phénomène d’athérosclérose peut favoriser le fait que les artères se bouchent. Cela entraîne un défaut de vascularisation d’une partie du muscle qui meurt. C’est ce qu’on appelle un infarctus ou crise cardiaque.

Quel est le taux de mortalité d’un infarctus aujourd’hui ?

Il y a 80 000 infarctus chaque année en France, et 12 000 personnes qui en meurent.

On parle souvent d’insuffisance cardiaque, quels sont les symptômes qui doivent alerter ?

Il y a de multiples facteurs. L’insuffisance cardiaque est liée au défaut de fonctionnement de la pompe du muscle. Elle entraîne une défaillance de contraction du cœur et les essoufflements, soit à l’effort soit au repos, une difficulté à s’allonger. L’insuffisance cardiaque peut être due à un défaut du muscle. L’alcoolisme peut causer une insuffisance cardiaque isolément : les patients sont essoufflés avec des épisodes d’arythmie.

Y-a-t-il des douleurs, notamment au niveau du bras ?

La douleur dans le bras est le signe de la maladie coronaire : c’est-à-dire de l’infarctus et de l’angine de poitrine. Les deux peuvent donner une insuffisance cardiaque.

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Quel est le diagnostic ?

L’essoufflement est permanent et s’aggrave s’il n’y pas de traitement médical ou de relais chirurgical interventionnel.

L’infarctus touche-t-il davantage d’hommes que de femmes ?

Oui. La prévention a pourtant permis d’améliorer les choses, avec une diminution des cas, notamment chez les plus de 50 ans. Mais on observe un phénomène qui a évolué depuis une trentaine d’année. Les femmes se sont mises à avoir le même mode de vie que les hommes. L’augmentation du tabagisme chez les jeunes femmes ainsi que l’obésité, facteur qui se répand chez les jeunes et épidémique à l’heure actuelle, ont entraîné une augmentation du taux d’infarctus chez la femme de moins de 50 ans, pré-ménopausée. On constate une augmentation entre 2014 et 2019 de 18% du taux d’infarctus chez la femme.

Quels sont les traitements ?

Les personnes ayant des douleurs thoraciques doivent immédiatement appeler le SAMU au 15 pour une prise en charge rapide. L’infarctus doit être au mieux pris en charge dans les trois premières heures. La personne va être hospitalisée dans un service de soin intensif cardiologique. Elle bénéficiera en urgence d’une coronarographie qui permettra de déboucher l’artère, soit par des ballons soit par des stents. Le stent est un petit ressort que l’on introduit dans ces artères coronaires qui dilate l’artère et repousse les zones athéroscléroses. Il réduit le taux de mortalité de l’infarctus en permettant à l’artère d’être de nouveau vascularisé et supprime les conséquences sur le muscle cardiaque et la mort de celui-ci.

Ces traitements vont-ils évoluer à l’avenir vers des méthodes moins invasives ?

Pour ce qui est de la maladie coronaire il est difficile d’être moins invasif que le stent puisqu’il se pose par voie radiale. En cas de mise en place des stents à froid dans la phase d’infarctus, les patients arrivent le matin et sont pris en charge en déambulatoire et repartent le soir même. Les progrès que l’on va voir au niveau de la maladie coronaire ce sont surtout la prévention puisqu’il faut diminuer cette épidémie d’obésité chez les jeunes. C’est le principal facteur de risque à venir puisque les facteurs de risque agissent 20 ou 30 ans après leur survenu. Les jeunes de 20 ou 30 ans sont déjà obèses, le développement de diabète et maladies sont facteurs de risque cardiovasculaire.

À SAVOIR

Certains réflexes sont à adopter lorsque que l’on est face à une personne qui est en train de faire un infarctus. Si la personne a des douleurs thoraciques il faut appeler le SAMU. Si la personne est en arrêt cardiaque et donc en état de mort imminente, le geste le plus important en dehors d’appeler les urgences est le massage cardiaque. Inventée il y a 50 ans cette technique est très efficace : on masse la paroi thoracique, on comprime le cœur, ainsi on lui rétablit sa fonction de pompe. Il faut effectuer ce mouvement environ 30 fois par minute.

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