Une femme à la santé cardiovasculaire qui n'a pas conscience du danger des grands froids pour son coeur.
Le grand froid augmente le risque de maladies cardiovasculaires. © Freepik

Crises cardiaques, poussées d’hypertension, troubles du rythme cardiaque… Le cœur semble particulièrement vulnérable lorsque le mercure chute. Hasard du calendrier ou véritable mécanisme biologique ? Explications.

À première vue, le froid paraît presque inoffensif. Il pique un peu le nez, engourdit les doigts, rougit les joues. Mais à l’intérieur du corps, il déclenche une réaction en chaîne bien moins anodine.

`Dès que la température extérieure baisse, l’organisme active son mode « survie » pour conserver la chaleur autour des organes vitaux. Pour y parvenir, les vaisseaux sanguins situés à la surface de la peau se contractent. C’est ce qu’on appelle la vasoconstriction.

Le sang circule alors dans des conduits plus étroits. La pression artérielle augmente et le cœur doit fournir davantage d’efforts pour propulser le sang dans tout le corps. Chez une personne en bonne santé, ce surcroît de travail reste généralement bien toléré. Mais chez les personnes fragiles, le mécanisme peut devenir problématique.

Selon Santé publique France, la mortalité cardiovasculaire augmente lors des vagues de froid, en particulier chez les plus de 65 ans et les personnes souffrant déjà de maladies cardiaques ou d’hypertension.

Une pression artérielle qui grimpe… et un cœur qui force

Plusieurs études françaises et internationales montrent une élévation moyenne de la pression de 5 à 10 mmHg en période hivernale. Une hausse qui peut sembler modeste, mais qui suffit parfois à faire basculer un équilibre déjà fragile.

Lorsque la pression monte, le cœur doit se contracter plus puissamment pour maintenir un débit sanguin suffisant. Cette surcharge de travail augmente ses besoins en oxygène. Et les artères coronaires, qui alimentent le muscle cardiaque, peuvent elles aussi se contracter sous l’effet du froid. Le risque de déséquilibre entre apport et besoin en oxygène devient alors significatif.

C’est l’une des raisons pour lesquelles les infarctus du myocarde sont plus fréquents en hiver. Selon la Fédération française de cardiologie, le risque d’infarctus augmente significativement dans les jours qui suivent un épisode de grand froid.

Un sang plus épais, des caillots plus faciles

Le froid modifie la composition du sang. En hiver, la viscosité sanguine augmente légèrement. Le sang devient plus « épais », les plaquettes plus réactives. Autrement dit, le terrain devient plus favorable à la formation de caillots sanguins.

Ce phénomène explique en partie la hausse des accidents cardiovasculaires observée par temps froid, notamment les infarctus et les accidents vasculaires cérébraux. Une étude publiée dans des revues médicales européennes montre que chaque baisse de 1 °C est associée à une augmentation mesurable des événements cardiovasculaires chez les personnes à risque.

Ajoutez à cela une hydratation souvent insuffisante en hiver et vous obtenez un cocktail peu apprécié par le système cardiovasculaire.

Le piège de l’effort brutal par grand froid

Pelle à la main, pas pressé d’attendre que la situation se débloque ou ski à Montmartre, on a parfois tendance à forcer un peu plus quand le froid s’installe et que la neige vient compliquer le quotidien comme ces derniers jours dans l’Hexagone.

Mais attention, l’effort physique intense par temps froid concentre en quelques minutes tous les facteurs de stress cardiovasculaire : 

  • accélération brutale du rythme cardiaque, 
  • hausse rapide de la tension artérielle
  • vasoconstriction marquée,
  • besoins accrus en oxygène. 

Chaque année, des infarctus surviennent après des efforts réalisés à froid, sans échauffement préalable.

Si tout le monde subit les effets du froid, certains profils paient un tribut bien plus lourd lorsque les températures chutent durablement. En première ligne figurent les personnes âgées, dont les mécanismes de régulation thermique et cardiovasculaire sont souvent moins efficaces avec l’âge. Chez elles, la vasoconstriction induite par le froid est plus marquée, la montée de la pression artérielle plus brutale, et la capacité du cœur à s’adapter à l’effort plus limitée.

Les patients atteints de maladies chroniques sont également particulièrement exposés, notamment ceux qui souffrent :

  • d’hypertension artérielle, souvent aggravée en hiver par la contraction des vaisseaux,
  • de diabète, qui fragilise les artères et altère la microcirculation,
  • d’insuffisance cardiaque ou ayant déjà présenté un infarctus du myocarde, chez qui le moindre stress supplémentaire peut déséquilibrer une situation déjà précaire.

À ces pathologies s’ajoutent des facteurs de risque comportementaux qui amplifient l’impact du froid sur le système cardiovasculaire :

  • le tabagisme favorise la vasoconstriction et l’épaississement du sang, 
  • le surpoids augmente la charge de travail du cœur,
  • la sédentarité réduit la capacité d’adaptation à l’effort.

Selon les données de l’Assurance maladie et de la Fédération française de cardiologie, ces populations concentrent l’essentiel des hospitalisations cardiovasculaires observées en France durant l’hiver.

Les spécialistes recommandent de :

  • se couvrir correctement, en protégeant en priorité la tête, le cou, le thorax et les extrémités, afin de limiter la vasoconstriction et la hausse de la pression artérielle ;
  • adapter l’activité physique, en privilégiant des efforts progressifs, avec un échauffement suffisant, et en évitant les exercices violents ou improvisés par grand froid ;
  • maintenir une bonne hydratation, même en l’absence de sensation de soif, pour prévenir l’épaississement du sang et le risque de formation de caillots.

Pour les personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaire, la vigilance doit être renforcée. Un suivi régulier de la tension artérielle en hiver est fortement recommandé. Quant aux traitements, ils ne doivent jamais être modifiés ou interrompus sans avis médical, même lorsque l’on se sent « en forme ».

À SAVOIR 

Le froid augmente aussi le risque cardiovasculaire indirectement. Les infections hivernales, comme la grippe ou les bronchites, déclenchent une inflammation de l’organisme et augmentent la coagulation du sang. Selon la Fédération française de cardiologie, le risque d’infarctus est multiplié par deux dans les jours suivant une grippe, notamment chez les personnes à risque.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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