Une des collégiennes intoxiquées au collège du Soler qui a dû être hospitalisée.
Les symptômes rapportés s’articulent autour de vomissements, maux de ventre, maux de tête. © Freepik

Près de 250 élèves et une poignée d’adultes d’un collège des Pyrénées-Orientales ont été soudain pris de vomissements, maux de ventre et maux de tête. L’établissement scolaire se transforme en scène d’une crise sanitaire mystérieuse. Les familles s’inquiètent, les services de santé enquêtent, mais pour l’instant, l’origine reste inconnue.

Depuis le 5 décembre 2025, des dizaines d’élèves du collège Collège Jules‑Verne, à Soler (Pyrénées-Orientales), sont tombés malades presque simultanément. Ce vendredi, environ 90 enfants ont commencé à présenter des symptômes : vomissements, douleurs abdominales, maux de tête.

À ce jour, le nombre total de personnes concernées approche les 250, parmi lesquelles 239 enfants et 9 adultes, probablement du personnel. Parmi eux, 13 élèves ont nécessité une hospitalisation, et on recense environ 65 passages aux urgences.

Les symptômes restent pour l’instant essentiellement digestifs et aucun foyer définitif de contamination n’a encore été rendu public. Les premières analyses menées par les autorités sanitaires ont déjà permis d’écarter la piste de l’eau potable.

Quand plusieurs dizaines, voire centaines de personnes tombent malades quasi simultanément dans un établissement scolaire, on pense d’abord à ce que l’on appelle en France une Toxi‑infection Alimentaire Collective (TIAC).

Dans un cas typique de TIAC, des bactéries (comme des salmonelles, des staphylocoques, des Clostridium ou Bacillus) ou des virus (notamment des Norovirus) présents dans des aliments ou l’eau contaminée, provoquent en quelques heures à quelques jours des symptômes digestifs (vomissements, crampes, diarrhées, nausées) souvent identiques pour tous les malades.

Mais confirmer une TIAC n’est pas automatique, même en présence de ces symptômes. Il faut :

  • des indices solides d’une origine commune (repas partagé, eau commune, etc.),
  • le cas échéant des plats-témoins conservés,
  • des prélèvements sur les aliments suspectés, ou biologiques (selles, vomissements) destinés à être analysés en laboratoire.

Or, plusieurs pistes comme l’eau, sont d’ores et déjà écartées, ce qui signifie que l’agent (bactérien, viral, toxique, environnemental…) reste à identifier. Les enquêteurs doivent encore recouper les consommations, les emplois du temps, les personnes exposées, les symptômes, la chronologie…

Une intoxication alimentaire reste envisageable, via un plat de cantine, un produit mal conservé, une rupture de chaîne du froid, un défaut d’hygiène, voire un simple contact entre élèves. Mais un virus très contagieux, tel qu’un norovirus, pourrait tout aussi bien être en cause, tout comme une bactérie plus classique ou une contamination isolée.

Aussi, parce qu’il faut des preuves tangibles pour confirmer l’origine d’une telle flambée de cas. Dans le cadre d’une suspicion de TIAC, les enquêteurs doivent s’appuyer sur des éléments concrets : 

  • plats témoins, 
  • prélèvements biologiques, 
  • analyses d’aliments ou d’eau. 

Sans ces pièces du puzzle, difficile d’affirmer quoi que ce soit. Les protocoles français imposent d’ailleurs une traçabilité stricte et des déclarations officielles auprès de l’Agence Régionale de Santé (ARS) et, si nécessaire, de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP).

Les prochains jours et semaines sont décisifs. Les autorités sanitaires doivent :

  • achever leurs prélèvements (plats-témoins, restes alimentaires, échantillons biologiques),
  • analyser ces prélèvements pour identifier un germe ou un contaminant,
  • recouper les données : qui a mangé quoi, quand, à quelle heure, et quand les symptômes se sont-ils manifestés…
  • décider des mesures à prendre : restauration stoppée ? repas modifiés ? nettoyage ou désinfection ? communication aux familles ? éventuelles sanctions en cas de manquement.

Si l’agent est identifié, et s’il s’agit d’une TIAC confirmée, cela permettra d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise dans ce collège, mais aussi ailleurs. Mais si les analyses reviennent négatives, l’affaire pourrait pointer vers un autre type de contamination (environnement, produits chimiques, virus non alimentaires).

À SAVOIR 

En France, les toxi-infections alimentaires collectives ne sont pas rares. Rien qu’en 2022, Santé publique France a recensé 1 924 foyers de TIAC, soit le chiffre le plus élevé depuis 1987. Au total, 16 763 personnes ont été touchées, et 643 ont dû être hospitalisées, rappelant que la vigilance en restauration collective reste essentielle.

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Ma Santé

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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