Trouver un médecin traitant, décrocher un rendez-vous sans attendre plusieurs semaines ou simplement consulter près de chez soi reste un véritable parcours du combattant pour de nombreux Français. Et si les choses commencent à bouger, les difficultés d’accès aux soins ne disparaissent pas du jour au lendemain. Ce jeudi 22 octobre 2026, l’Assurance Maladie a publié les nouveaux résultats de son Observatoire de l’accès aux soins, lancé en décembre 2024. Et ils sont… paradoxaux !
Déserts médicaux : les installations de généralistes augmentent de 22,8 %
Davantage de médecins choisissent de s’installer en libéral
Premier constat encourageant, les installations de médecins généralistes progressent nettement. Sur les douze derniers mois, leur nombre a augmenté de 22,8 %, soit 523 premières installations supplémentaires par rapport à la période précédente.
Cette dynamique prolonge celle observée en 2025, lorsque 2 810 généralistes s’étaient installés pour la première fois en libéral, contre 2 130 en 2024. Une évolution bienvenue alors que de nombreux cabinets peinent à trouver des successeurs aux médecins qui partent à la retraite.
Les territoires les plus touchés commencent à attirer des médecins
Autre bonne nouvelle, cette progression concerne également les zones où les médecins manquent le plus. Les premières installations y ont augmenté de 28,5 %, soit 182 installations supplémentaires en un an.
Ces territoires, souvent ruraux mais aussi présents dans certaines villes, sont particulièrement concernés par les difficultés d’accès aux consultations. L’arrivée de nouveaux praticiens pourrait donc soulager une partie des habitants, même si les besoins restent importants.
Médecin traitant : des progrès pour les malades chroniques
Moins de patients atteints de maladies chroniques sans médecin
Les personnes atteintes d’une affection de longue durée (ALD), comme le diabète, certains cancers ou les maladies cardiovasculaires, sont moins nombreuses à se retrouver sans médecin traitant.
Leur proportion est passée de 5,6 % fin 2022 à 4,1 % en juin 2026. Une amélioration importante pour ces patients qui nécessitent un suivi médical régulier, des prescriptions et parfois plusieurs consultations dans l’année.
Les généralistes reçoivent pourtant moins de patients différents
Malgré la hausse des installations, le nombre moyen de patients différents consultés par généraliste a diminué de 2,5 % sur douze mois. Chaque généraliste suit par ailleurs 1 048 patients en moyenne en tant que médecin traitant, un niveau relativement stable.
Autrement dit, davantage de médecins s’installent, mais cela ne se traduit pas automatiquement par une augmentation du nombre de personnes prises en charge par chaque praticien. Le bilan ne permet pas non plus de déterminer si les délais d’attente pour obtenir une consultation ont réellement diminué.
Accès aux soins : quelles solutions pour faciliter les consultations ?
Près de 10 000 contrats d’assistants médicaux signés
Pour permettre aux généralistes de consacrer davantage de temps aux consultations, le recrutement d’assistants médicaux continue de progresser.
Au 30 juin 2026, 9 987 contrats avaient été signés, contre 9 304 fin 2025. Ces professionnels prennent en charge certaines tâches administratives et participent à la préparation des consultations. L’objectif est de décharger les médecins d’une partie de leur travail quotidien pour leur permettre de recevoir davantage de patients.
Le Service d’accès aux soins couvre presque toute la France
Autre dispositif en développement, le Service d’accès aux soins (SAS) couvre désormais 98,5 % de la population française. Accessible notamment par le 15, il permet aux personnes qui ont besoin d’une consultation rapide, sans relever d’une urgence vitale, d’être orientées vers une solution adaptée lorsque leur médecin habituel n’est pas disponible.
Cette couverture presque nationale représente une avancée pour l’organisation des soins non programmés. Elle ne garantit toutefois pas qu’un médecin soit immédiatement disponible dans chaque territoire.
À SAVOIR
En France, un médecin généraliste peut continuer à exercer après avoir pris sa retraite. Grâce au dispositif de cumul emploi-retraite, certains praticiens poursuivent leurs consultations quelques jours par semaine, parfois dans leur ancien cabinet.



