Virus West Nile : les contaminations ont triplé en France, faut-il s’inquiéter ?

le 23 octobre 2026 à 15h36
Un médecin examine un patient contaminé par le virus West Nile, allongé sur un lit d’hôpital, sous surveillance cardiaque et assistance en oxygène, dans une unité de soins intensifs.
Dans ses formes les plus graves, le virus West Nile peut provoquer une inflammation du cerveau et nécessiter une hospitalisation en réanimation. © Magnific
Le virus du Nil occidental gagne du terrain en France. Selon le dernier bilan 195 personnes ont été infectées depuis le début de l'année, dont 76 ont développé des complications neurologiques graves. Six décès ont également été signalés. Plus inquiétant encore, le virus s'étend à de nouveaux départements, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes.
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Le bilan continue de grimper. En une semaine, 17 cas supplémentaires de virus West Nile ont été recensés en France, portant le total à 195 contaminations au 19 octobre. C’est plus de trois fois le bilan de 2025, qui constituait déjà un record avec 62 cas.

Ces infections sont dites « autochtones », autrement dit contractées directement sur le territoire français. Transmis par les moustiques communs du genre Culex, le virus circulait jusqu’ici principalement autour de la Méditerranée. Mais cette année, il s’invite bien au-delà du sud de la France.

Virus West Nile : 195 cas et six décès signalés en France

Un bilan trois fois supérieur à celui de 2025

La progression est donc particulièrement marquée cette année. Parmi les 195 personnes infectées, 160 ont présenté des symptômes, tandis que 35 infections ont été découvertes chez des personnes sans symptômes grâce aux contrôles effectués sur les dons de sang.

Les contaminations ont atteint leur pic à la mi-août, avant de diminuer progressivement. Les nouveaux cas continuent toutefois d’alimenter le bilan national.

Des complications neurologiques chez 76 patients

Parmi les cas recensés, 76 personnes ont développé des formes neurologiques graves, comme une méningite ou une inflammation du cerveau. Six décès ont été signalés parmi ces patients, sans qu’il soit encore possible de confirmer qu’ils ont été directement provoqués par le virus.

Dans la population générale, environ 80 % des infections passent inaperçues. Les formes graves restent rares et touchent surtout les personnes âgées ou dont les défenses immunitaires sont affaiblies.

Le virus West Nile gagne du terrain dans 15 nouveaux départements

Autre constat, le virus ne se cantonne plus au sud de la France. En 2026, des contaminations ont été recensées pour la première fois dans 15 départements, répartis dans cinq régions. Les Bouches-du-Rhône restent les plus touchées avec 36 cas, suivies de la Haute-Garonne (22), du Var (19) et du Vaucluse (18). En Auvergne-Rhône-Alpes, le Rhône, l’Ain, l’Isère et la Drôme enregistrent également leurs premiers cas de contamination locale.

Et la France est loin d’être la seule concernée. Plus de 1 900 cas ont été signalés dans 19 pays européens en 2026, principalement en Italie et en Grèce. Le réchauffement climatique et ses températures plus élevées favorisent la circulation du virus, qui gagne progressivement du terrain vers le nord de l’Europe.

Comment les autorités sanitaires réagissent-elles à cette hausse ?

Face à cette progression, la surveillance renforcée est maintenue jusqu’au 30 novembre 2026. Les autorités sanitaires souhaitent également sensibiliser davantage les professionnels de santé à ces infections encore peu connues. Des contrôles spécifiques des dons de sang sont organisés dans les zones concernées afin de limiter les risques de transmission par transfusion.

En l’absence de vaccin humain et de traitement antiviral spécifique, la prévention repose sur les répulsifs, les moustiquaires et les vêtements couvrants, particulièrement en soirée et pendant la nuit, lorsque les moustiques Culex sont les plus actifs.

À SAVOIR 

Le virus West Nile touche aussi les chevaux ! Au 2 septembre 2026, 69 avaient été infectés en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Particularité étonnante, les chevaux et les humains ne transmettent pratiquement pas le virus aux moustiques qui les piquent, car sa quantité dans leur sang est trop faible.

Image de Pascal Auclair
Pascal Auclair
Enfant des radios locales, aujourd'hui homme de médias, il fait partager son expertise de la santé sur les supports print, web et TV du groupe Ma Santé AuRA.

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