Ménopause : sommeil, poids, moral, sexualité… ce que vivent réellement les femmes

le 16 octobre 2026 à 09h17
Une femme ménopausée qui ressent les effets des bouleversements hormonaux sur son corps.
La ménopause peut entraîner des douleurs articulaires, des troubles de la mémoire, une fatigue persistante et une baisse de la libido. © Magnific
À l’occasion des Assises nationales de la ménopause, une nouvelle enquête révèle les effets de la ménopause sur le sommeil, le moral, le poids et la sexualité des femmes. Plus d’une femme ménopausée sur quatre souffre notamment de troubles fréquents du sommeil.
Sommaire

La ménopause ne se résume pas à l’arrêt des règles et aux bouffées de chaleur. Troubles du sommeil, fatigue, prise de poids, douleurs articulaires, sécheresse vaginale ou baisse du désir sexuel… Les changements hormonaux peuvent avoir de nombreuses conséquences sur la santé des femmes. Certaines traversent cette période sans difficulté particulière, tandis que d’autres doivent composer avec des symptômes qui perturbent leur sommeil, leur travail ou leur vie intime. Et malgré les solutions qui existent, toutes ne trouvent pas facilement les réponses et les soins dont elles ont besoin.

Ménopause : quels sont les véritables effets sur la santé des femmes ?

Plus d’une femme ménopausée sur quatre dort mal

Plus de 25 % des femmes ménopausées souffrent régulièrement de troubles du sommeil. Difficultés à s’endormir, réveils en pleine nuit, sommeil agité ou réveil trop matinal… Pour certaines, passer une bonne nuit devient compliqué. Ces problèmes s’expliquent en partie par les changements hormonaux liés à la ménopause. La baisse des œstrogènes, des hormones produites par les ovaires, perturbe notamment la régulation de la température du corps. Elle peut provoquer des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes qui réveillent les femmes en plein sommeil.

À force de se réveiller plusieurs fois par nuit, la fatigue s’accumule et peut entraîner des difficultés de concentration, de l’irritabilité ou une somnolence pendant la journée. Mais la ménopause n’est pas forcément la seule responsable. Le stress, l’anxiété, certaines douleurs ou encore l’apnée du sommeil peuvent également perturber les nuits. Lorsque ces troubles deviennent fréquents, une consultation médicale permet d’en identifier la cause et de trouver une solution adaptée.

Bouffées de chaleur : sept femmes sur dix sont concernées

Environ 70 % des femmes sont concernées par les bouffées de chaleur. Elles se traduisent par une montée soudaine de chaleur, principalement au niveau du visage, du cou et de la poitrine, parfois accompagnée de rougeurs, de sueurs et de palpitations.

Ces épisodes durent généralement quelques minutes, mais leur fréquence varie d’une femme à l’autre. Certaines en ressentent de temps en temps, tandis que d’autres peuvent en avoir plusieurs par heure. La nuit, ils peuvent provoquer des sueurs importantes, au point de devoir changer de vêtements ou de draps.

Si les bouffées de chaleur finissent souvent par s’atténuer avec le temps, elles peuvent aussi durer plusieurs années. Leur fréquence et leur intensité dépendent notamment de la façon dont l’organisme réagit aux changements hormonaux.

Prise de poids et silhouette : pourquoi le corps change à la ménopause

À la ménopause, certaines femmes voient leur silhouette changer, notamment au niveau du ventre, sans forcément manger davantage. En cause, la baisse des œstrogènes, qui favorise le stockage des graisses autour de l’abdomen. Avec l’âge, les muscles ont aussi tendance à fondre progressivement, ce qui réduit la quantité d’énergie dépensée par le corps au repos. Mais la ménopause ne fait pas systématiquement grossir. La prise de poids dépend aussi de l’âge, de l’alimentation, de l’activité physique et du sommeil.

Au-delà de l’apparence, l’accumulation de graisse au niveau du ventre peut augmenter le risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. Pour limiter ces changements, il est notamment conseillé de bouger régulièrement, de pratiquer des exercices pour entretenir ses muscles et de conserver une alimentation équilibrée. Pas besoin pour autant de se lancer dans un régime drastique.

Irritabilité, anxiété, moral en berne… la ménopause agit aussi sur l’humeur

À la ménopause, certaines femmes se sentent plus irritables, plus anxieuses ou ont le moral en baisse sans toujours comprendre pourquoi. Ces changements peuvent être liés aux variations hormonales, notamment pendant la périménopause, la période qui précède l’arrêt définitif des règles.

Mais les hormones ne sont pas les seules en cause. Le manque de sommeil, le stress au travail ou les difficultés personnelles peuvent aussi jouer sur le moral. Certaines femmes remarquent également des petits trous de mémoire, des oublis plus fréquents ou des difficultés à se concentrer, parfois même sur des tâches habituelles.

Ces troubles ne sont pas forcément le signe d’une maladie et peuvent être passagers. En revanche, lorsqu’ils persistent ou deviennent gênants au quotidien, mieux vaut en parler à un médecin pour en rechercher la cause. Une baisse de moral prolongée peut notamment cacher une dépression, qui nécessite une prise en charge spécifique.

Sexualité : sécheresse vaginale, douleurs et baisse du désir

La ménopause peut aussi avoir des conséquences sur la vie sexuelle. Avec la baisse des œstrogènes, les tissus du vagin et de la vulve deviennent parfois plus fins, moins souples et moins bien lubrifiés. Résultat, certaines femmes ressentent une sécheresse vaginale, des irritations ou des douleurs pendant les rapports sexuels.

Le désir sexuel peut également diminuer, mais ce n’est pas systématique. La fatigue, le stress, les changements physiques ou encore les douleurs peuvent aussi jouer sur la libido. Pour certaines femmes, ces difficultés finissent par rendre les rapports moins agréables, voire par les pousser à les éviter.

Contrairement aux bouffées de chaleur, qui peuvent disparaître avec le temps, la sécheresse vaginale a tendance à persister sans prise en charge. Des solutions existent toutefois pour soulager ces symptômes. Les lubrifiants et les hydratants vaginaux peuvent améliorer le confort. Si cela ne suffit pas, un médecin peut proposer un traitement local à base d’œstrogènes pour réduire la sécheresse, les douleurs et certaines gênes urinaires.w

Ménopause : quelles solutions pour soulager les symptômes ?

Le traitement hormonal de la ménopause 

Lorsque les symptômes deviennent difficiles à supporter, le traitement hormonal de la ménopause, appelé THM, peut être envisagé. Son principe est de compenser en partie la diminution des hormones produites par les ovaires, principalement les œstrogènes. Chez les femmes qui ont encore leur utérus, un progestatif est généralement associé pour protéger la muqueuse utérine.

Ce traitement peut réduire les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes et plusieurs autres symptômes liés à la ménopause. Il contribue également à prévenir la perte osseuse et certaines fractures. En octobre 2025, la Haute Autorité de santé a confirmé sa place dans la prise en charge des femmes dont les symptômes sont suffisamment importants pour altérer la qualité de vie.

Il ne convient cependant pas à toutes les patientes. Certains antécédents, notamment de cancer du sein, de thrombose ou de maladie cardiovasculaire, peuvent contre-indiquer son utilisation. Le choix du traitement dépend donc de l’âge, des antécédents médicaux et de l’importance des symptômes. Il est généralement envisagé avant 60 ans ou dans les dix années suivant le début de la ménopause, après une évaluation individuelle des bénéfices et des risques. Une surveillance médicale est indispensable, avec une réévaluation au moins une fois par an.

Près de 500 000 Françaises sous traitement hormonal en 2025

Le recours aux traitements hormonaux a fortement évolué en France. Selon une étude publiée le 25 juin 2026 par EPI-PHARE, un groupement réunissant l’Assurance Maladie et l’Agence nationale de sécurité du médicament, leur utilisation a diminué régulièrement entre 2012 et 2022. Chez les femmes âgées de 45 à 60 ans, la proportion d’utilisatrices est passée de 6,6 % à 3,6 % sur cette période.

Depuis 2022, la tendance s’inverse progressivement. En 2025, 496 245 femmes utilisaient un traitement hormonal de la ménopause, soit 4,4 % des femmes de cette tranche d’âge. Les pratiques ont également changé. Les prescriptions privilégient davantage les œstrogènes administrés à travers la peau, sous forme de gels ou de patchs, associés si nécessaire à de la progestérone. Cette voie d’administration présente notamment un risque de formation de caillots sanguins plus faible que les œstrogènes pris par voie orale.

Et pour les femmes qui ne peuvent pas prendre d’hormones ?

Le traitement hormonal n’est pas la seule possibilité. Pour certaines femmes, il est contre-indiqué. D’autres préfèrent simplement ne pas y avoir recours. Des traitements non hormonaux peuvent être proposés pour atténuer les bouffées de chaleur, selon leur intensité et les antécédents médicaux.

Pour les troubles du sommeil, la prise en charge dépend de leur origine. Une insomnie persistante peut notamment bénéficier d’une thérapie comportementale et cognitive, une méthode qui aide à retrouver de meilleures habitudes de sommeil. En cas de souffrance psychologique, un accompagnement peut également être utile. Le dispositif Mon soutien psy permet notamment de bénéficier de séances chez un psychologue conventionné, prises en charge par l’Assurance Maladie.

Il convient aussi de rester prudent avec les compléments alimentaires présentés comme des solutions naturelles contre la ménopause. Leur efficacité est variable, les preuves scientifiques sont parfois insuffisantes et certaines substances peuvent présenter des contre-indications ou des interactions avec des médicaments.

Ménopause : des conséquences sur la santé bien après l’arrêt des règles

Au-delà des symptômes visibles, la ménopause marque également une période importante pour la santé cardiovasculaire et osseuse. La diminution des œstrogènes accélère notamment la perte de densité osseuse. Les os deviennent progressivement plus fragiles, ce qui augmente le risque d’ostéoporose et de fractures, particulièrement avec l’avancée en âge.

Le risque cardiovasculaire évolue lui aussi après la ménopause. Les changements hormonaux peuvent contribuer à modifier la répartition des graisses et certains paramètres métaboliques, tandis que l’âge et les autres facteurs de risque continuent de jouer un rôle majeur. 

À SAVOIR 

En France, la ménopause survient généralement autour de 51 ans. Mais chez certaines femmes, elle arrive avant 40 ans. On parle alors d’insuffisance ovarienne prématurée, une situation qui concerne environ 1 % des femmes. Elle peut avoir des conséquences sur la fertilité, mais aussi sur la santé des os et du cœur, en raison d’une baisse précoce des œstrogènes.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partagez sur