Un médecin prescrit un traitement hormonal à une femme souffrant de symptômes de la ménopause.
Plutôt qu'un retour massif vers les pratiques d'autrefois, les spécialistes évoquent une utilisation plus ciblée, plus prudente et davantage personnalisée du traitement hormonal. © Magnific

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) signe son retour. Longtemps délaissé après les inquiétudes soulevées au début des années 2000 quat au risque accru de cancer du sein, le THM a profité à près de 500 000 femmes en France en 2025, selon une étude d’EPI-PHARE.

Si certaines femme traversent la ménopause sans difficulté particulière, d’autres doivent composer avec des bouffées de chaleur à répétition, des sueurs nocturnes, des troubles du sommeil, des douleurs articulaires, une sécheresse vaginale ou encore des difficultés de concentration. Des symptômes parfois suffisamment invalidants pour altérer la qualité de vie.

Pendant longtemps, le traitement hormonal de la ménopause (THM) a constitué la réponse de référence pour soulager ces symptômes. Mais au début des années 2000, plusieurs études internationales, notamment la célèbre étude américaine Women’s Health Initiative (WHI), avaient profondément changé le regard porté sur ces traitements. Les inquiétudes autour d’un risque accru de cancer du sein, d’accident vasculaire cérébral ou de thrombose avaient entraîné une chute spectaculaire des prescriptions dans de nombreux pays, dont la France.

Vingt ans plus tard, le paysage évolue de nouveau. Les connaissances scientifiques se sont affinées, les traitements ont changé et les recommandations ont été réévaluées. Une étude d’EPI-PHARE, le groupement scientifique associant l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et la Caisse nationale de l’Assurance maladie (CNAM), confirme que le recours au traitement hormonal de la ménopause repart progressivement à la hausse en France.

Près de 500 000 femmes traitées en 2025

Selon EPI-PHARE, 496 245 femmes âgées de 40 à 70 ans ont reçu au moins un traitement hormonal de la ménopause en 2025. Cela représente 2,5 % des femmes de plus de 40 ans et surtout 4,4 % des femmes âgées de 45 à 60 ans, contre 3,6 % en 2022. Cette hausse reste modérée, mais elle marque une rupture avec une décennie de diminution continue. Entre 2012 et 2022, le nombre de femmes traitées avait progressivement diminué. Depuis trois ans, la tendance s’est inversée.

Les chercheurs observent également que le nombre de femmes qui débutent un traitement augmente lui aussi régulièrement. En 2025, le taux d’initiation est revenu à un niveau comparable à celui observé en 2012, signe que davantage de patientes et de professionnels de santé envisagent de nouveau cette option thérapeutique lorsque les symptômes le justifient.

Qu’est-ce que le traitement hormonal de la ménopause ?

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) a pour objectif de compenser la baisse des hormones féminines, principalement des œstrogènes, qui survient naturellement à la ménopause. Cette chute hormonale est à l’origine de nombreux symptômes : 

  • bouffées de chaleur, 
  • sueurs nocturnes, 
  • troubles du sommeil, 
  • fatigue, 
  • changements d’humeur, 
  • sécheresse vaginale,
  • fragilisation des os, qui augmente le risque d’ostéoporose.

Le principe est d’apporter une petite quantité d’hormones pour soulager ces symptômes lorsqu’ils deviennent difficiles à vivre au quotidien. Chez les femmes qui ont encore leur utérus, les œstrogènes sont toujours associés à un progestatif afin de protéger la muqueuse de l’utérus. Le traitement existe sous plusieurs formes, comme des patchs, des gels ou des comprimés. Le choix dépend des symptômes, de l’état de santé de la patiente et de ses antécédents. Aujourd’hui, les médecins privilégient le plus souvent les patchs et les gels, conformément aux recommandations actuelles.

THM : pourquoi les prescriptions avaient-elles autant chuté ?

Le traitement hormonal de la ménopause a longtemps souffert d’une mauvaise réputation. En cause, les résultats de plusieurs grandes études publiées au début des années 2000, en particulier la célèbre étude américaine Women’s Health Initiative (WHI). Celle-ci avait mis en évidence une augmentation du risque de cancer du sein, mais aussi d’accidents cardiovasculaires et de phlébites ou embolies pulmonaires chez certaines femmes recevant les traitements utilisés à l’époque.

Ces résultats ont profondément bouleversé les pratiques médicales dans de nombreux pays. En France, les prescriptions de THM se sont effondrées et les recommandations sont devenues beaucoup plus prudentes. Depuis, les connaissances ont considérablement évolué. De nombreuses études ont montré que le rapport bénéfice-risque dépend en réalité de plusieurs facteurs : 

  • l’âge de la femme, 
  • le temps écoulé depuis le début de la ménopause, 
  • le type d’hormones prescrites, 
  • leur dose, 
  • leur mode d’administration (patch, gel ou comprimé),
  • la durée du traitement. 

Autrement dit, les risques ne sont pas les mêmes pour toutes les femmes, ce qui explique pourquoi les prescriptions sont aujourd’hui beaucoup plus personnalisées qu’il y a vingt ans.

Ménopause : des traitements différents de ceux d’il y a vingt ans

Le traitement hormonal proposé aujourd’hui n’est plus exactement celui qui était largement prescrit il y a deux décennies. Selon EPI-PHARE, les prescriptions françaises respectent désormais majoritairement les recommandations actuelles. Les médecins privilégient les œstrogènes administrés par voie transdermique, sous forme de patch ou de gel, plutôt que par voie orale. Cette voie d’administration limite notamment certains risques thromboemboliques.

De même, lorsque cela est nécessaire, le progestatif utilisé est le plus souvent de la progestérone micronisée, considérée comme mieux adaptée au profil de risque actuel. Cette évolution des pratiques explique en partie le regain de confiance observé chez les professionnels de santé.

Pour autant, ce retour du traitement hormonal ne signifie pas qu’il convient à toutes les femmes ménopausées. La Haute Autorité de santé rappelle que le traitement hormonal est indiqué avant tout chez les femmes souffrant de symptômes climatériques importants altérant leur qualité de vie. La décision repose toujours sur une évaluation individuelle du rapport bénéfice-risque.

L’âge, les antécédents personnels et familiaux, les facteurs de risque cardiovasculaire, le risque de cancer du sein ou encore la présence d’une maladie thromboembolique sont pris en compte avant toute prescription. Lorsque le traitement est instauré, il est recommandé d’utiliser la dose minimale efficace pendant la durée la plus courte possible, avec une réévaluation régulière de son intérêt.

À SAVOIR 

Les bouffées de chaleur ne durent pas que quelques mois. Selon la North American Menopause Society, elles persistent en moyenne 7 à 10 ans, et peuvent même dépasser 15 ans chez certaines femmes. Une durée souvent méconnue, qui explique pourquoi certaines ont recours à un traitement hormonal pour retrouver une meilleure qualité de vie.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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