Santé humaine : les 17 grandes menaces qui pourraient bouleverser notre avenir d’ici à 2100

le 15 octobre 2026 à 17h24
Une ville plongée sous un ciel menaçant, enveloppée d’un épais brouillard et de fumées sombres, illustrant ce à quoi pourrait ressembler le monde en cas de catastrophe majeure d’ici à 2100.
La pollution de l'air figure parmi les 17 grandes menaces pour la santé humaine identifiées par les scientifiques. © Magnific
Obésité, pandémies, changement climatique, intelligence artificielle ou guerre nucléaire… Une commission internationale de scientifiques a identifié les 17 principales menaces pour la santé humaine d'ici à 2100. Certaines font déjà des dégâts, d'autres pourraient provoquer des catastrophes mondiales. Mais bonne nouvelle, il est encore possible d'agir pour éviter le pire.
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Entre les risques de nouvelles pandémies, les progrès parfois inquiétants de l’intelligence artificielle et les conséquences du réchauffement climatique, notre avenir sanitaire s’annonce mouvementé. Pourtant, certains dangers beaucoup moins spectaculaires font déjà des ravages et pourraient peser encore plus lourd sur notre santé dans les prochaines décennies.

Dans un rapport de la revue médicale The Lancet, 35 experts internationaux ont identifié les 17 principales menaces qui pourraient mettre en danger la santé humaine d’ici à 2100.

Présentés lors du Sommet mondial de la santé à Berlin, leurs travaux s’appuient sur des données concernant 204 pays et territoires. L’idée n’est pas d’annoncer la fin du monde, mais de comprendre ce qui pourrait nous rendre malades, nous faire mourir prématurément et surtout ce qu’il serait possible d’éviter. Et surprise, les dangers les plus impressionnants ne sont pas forcément ceux qui risquent de faire le plus de victimes.

Alors quelles sont les prochaines menaces de l’humanité ? 

Obésité, mauvaise alimentation et sédentarité : les premières menaces pour notre santé

Pas besoin d’attendre une nouvelle pandémie ou une catastrophe nucléaire. Certaines des plus grandes menaces pour notre santé sont déjà bien installées dans notre quotidien. En tête, on retrouve l’obésité, une mauvaise alimentation et le manque d’activité physique. Selon les estimations, agir sur ces trois problèmes pourrait permettre de préserver jusqu’à 23,1 milliards d’années de vie en bonne santé dans le monde d’ici à 2100. Un chiffre énorme, qui ne correspond pas à autant de décès, mais aux années perdues à cause de morts prématurées ou passées à vivre avec une maladie ou un handicap.

Et les conséquences sont loin d’être anodines. Le surpoids et l’obésité augmentent notamment les risques de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de certains cancers. Une alimentation trop riche en sel, en sucre ou en graisses de mauvaise qualité, associée à un manque d’exercice, favorise également ces problèmes de santé. Le plus inquiétant, c’est que ces maladies ne concernent plus seulement les pays riches. L’obésité progresse aussi dans les pays moins favorisés, où une partie de la population souffre encore de malnutrition. Certains pays doivent ainsi gérer deux problèmes à la fois, avec des habitants qui ne mangent pas suffisamment et d’autres qui souffrent des conséquences du surpoids.

Pauvreté et manque d’éducation : quand les inégalités rendent malade

Parmi les 17 menaces identifiées, les scientifiques pointent aussi les inégalités de revenus et le manque d’éducation. Deux problèmes qui peuvent sembler éloignés de la médecine, mais dont les conséquences sont bien réelles. Avec de faibles revenus, il devient plus difficile de manger équilibré, de vivre dans un logement sain ou de consulter un médecin lorsque c’est nécessaire. Le manque d’éducation peut également compliquer l’accès aux informations de santé et aux conseils de prévention.

Ces difficultés peuvent s’accumuler au fil des années et favoriser l’apparition de maladies qui auraient parfois pu être évitées. Dans les pays où les systèmes de santé et les protections sociales sont insuffisants, les conséquences sont encore plus lourdes. Améliorer l’accès à l’éducation et réduire la pauvreté pourrait donc permettre de prévenir de nombreux problèmes de santé, bien au-delà des seules maladies liées au mode de vie.

Santé mentale, vieillissement, tabac : ces dangers qui font déjà des dégâts

Toutes les menaces ne prennent pas la forme d’une catastrophe mondiale. Certaines touchent déjà des millions de personnes et risquent de prendre encore plus d’ampleur. C’est notamment le cas des troubles de la santé mentale. Dépression, anxiété et autres troubles psychiques peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie quotidienne, les relations sociales et la capacité à travailler.

Autre défi, le vieillissement de la population. Si l’espérance de vie augmente, les années supplémentaires ne sont pas toujours vécues en bonne santé. Maladies chroniques, perte d’autonomie et handicaps risquent ainsi de peser davantage sur les systèmes de soins. Le tabagisme reste également un danger majeur. Il favorise notamment les cancers du poumon, les maladies respiratoires et les accidents cardiovasculaires.

Même constat pour l’hypertension artérielle. Souvent silencieuse, elle augmente les risques d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral et d’insuffisance rénale. Sans oublier la consommation excessive d’alcool, responsable de nombreuses maladies, notamment du foie, de plusieurs cancers et de troubles cardiovasculaires. Ces problèmes ont au moins un point commun. Une partie de leurs conséquences peut être évitée grâce à la prévention, au dépistage et à des soins adaptés.

Pandémies et antibiotiques : les infections pourraient devenir plus difficiles à combattre

Difficile d’oublier le Covid-19. En quelques mois, un virus a suffi à bouleverser les hôpitaux, les écoles, les entreprises et le quotidien de milliards de personnes. Et rien ne garantit qu’une nouvelle pandémie ne surviendra pas dans les prochaines décennies. Les déplacements internationaux, les échanges commerciaux et les contacts entre les humains et les animaux peuvent favoriser l’apparition et la propagation de nouvelles infections.

Mais les scientifiques alertent aussi sur un danger moins visible, la résistance aux antibiotiques. Le problème est simple. Certaines bactéries deviennent capables de résister aux médicaments censés les éliminer. Résultat, des infections autrefois faciles à soigner peuvent devenir beaucoup plus compliquées à traiter.

Et cela ne concerne pas uniquement les infections courantes. La résistance aux antibiotiques pourrait aussi rendre certaines opérations chirurgicales. Idem pour certains traitements contre le cancer plus risqués, puisque les infections seraient plus difficiles à combattre. Pour éviter d’en arriver là, les experts recommandent notamment de mieux surveiller les maladies infectieuses, de développer de nouveaux traitements et de limiter les usages inutiles des antibiotiques.

Réchauffement climatique : des conséquences bien au-delà des canicules

Quand on parle de changement climatique, on pense souvent aux températures qui grimpent, aux sécheresses ou aux incendies. Mais derrière ces phénomènes se cachent aussi de véritables risques pour notre santé. Les fortes chaleurs peuvent provoquer des déshydratations, des coups de chaleur et aggraver certaines maladies cardiaques ou respiratoires. Les inondations et les tempêtes peuvent, de leur côté, détruire des établissements de santé et rendre l’accès à l’eau potable plus difficile.

Pour mesurer les dégâts possibles, les scientifiques ont comparé deux scénarios. Dans le premier, le réchauffement mondial est limité à 1,8 °C. Dans le second, il atteint 4,4 °C. La différence est considérable. Limiter le réchauffement à 1,8 °C permettrait de préserver environ 1,89 milliard d’années de vie en bonne santé dans le monde d’ici à 2100, par rapport au scénario le plus chaud.

Pourtant, le changement climatique n’arrive qu’en quatorzième position dans les estimations présentées. Une place qui peut surprendre, mais qui ne signifie pas que le problème est secondaire. Certaines conséquences indirectes, comme les déplacements de populations, les pénuries alimentaires ou la montée des océans, restent difficiles à chiffrer et n’ont pas toutes été prises en compte.

Intelligence artificielle et guerre nucléaire : les scénarios qui font froid dans le dos

C’est la partie du rapport qui ressemble le plus à un scénario de film catastrophe. Sauf que les risques évoqués sont pris très au sérieux. Parmi les menaces les plus extrêmes, les experts évoquent une utilisation dangereuse de l’intelligence artificielle.

Le problème ne se limite pas aux robots ou aux logiciels qui remplaceraient certains emplois. Les scientifiques s’inquiètent surtout de la possibilité que des outils d’intelligence artificielle soient utilisés pour faciliter la fabrication d’armes biologiques ou préparer des attaques de grande ampleur. Autre scénario particulièrement redouté, une guerre nucléaire. Les explosions et les radiations feraient évidemment de nombreuses victimes. Mais les conséquences pourraient aller beaucoup plus loin.

En cas de conflit nucléaire majeur, les immenses incendies provoqués par les explosions pourraient envoyer de grandes quantités de suie dans l’atmosphère. La lumière du soleil atteindrait alors plus difficilement la surface de la Terre, entraînant une baisse des températures et une chute des récoltes. Les pénuries alimentaires pourraient toucher des populations situées très loin des zones de combat. 

Pollution, guerres et malnutrition : d’autres menaces qui pourraient s’aggraver

Les conflits armés ne menacent pas seulement les personnes directement exposées aux combats. Lorsqu’une guerre éclate, les hôpitaux peuvent être détruits, les campagnes de vaccination interrompues et les médicaments devenir difficiles à trouver. Les déplacements de population et les pénuries alimentaires peuvent ensuite provoquer de nouvelles crises sanitaires.

La pollution de l’air fait également partie des dangers identifiés. Les particules fines, émises notamment par les transports, le chauffage et certaines activités industrielles, peuvent pénétrer profondément dans les poumons et favoriser les maladies respiratoires et cardiovasculaires.

Autre problème majeur, la malnutrition infantile. Lorsqu’un enfant ne reçoit pas suffisamment de nutriments pendant ses premières années, sa croissance, son développement et ses défenses immunitaires peuvent en souffrir durablement. Les scientifiques s’inquiètent aussi d’une éventuelle réduction massive de l’aide internationale consacrée à la santé.

Dans les pays qui dépendent de ces financements, une baisse importante pourrait mettre en difficulté les campagnes de vaccination, les programmes de lutte contre les infections et l’accès aux traitements essentiels. Et ces problèmes peuvent se cumuler. Une guerre peut entraîner des pénuries alimentaires, favoriser les épidémies et empêcher les populations de recevoir des soins. Une catastrophe climatique peut, elle aussi, aggraver une situation sanitaire déjà fragile.

Comment éviter que ces menaces ne deviennent réalité ?

Rien n’est joué d’avance et heureusement. Si cette liste a de quoi inquiéter, les scientifiques rappellent qu’une bonne partie de ces dangers pourrait être évitée en agissant dès maintenant. Premier chantier, la prévention. Manger plus équilibré, bouger davantage, réduire le tabac et l’alcool ou dépister certaines maladies plus tôt permettrait déjà d’éviter de nombreux décès prématurés.

Mais il faut aussi mieux préparer les hôpitaux aux prochaines crises sanitaires, former davantage de soignants et renforcer la surveillance des épidémies. La recherche pourrait également faire la différence, notamment grâce à de nouveaux vaccins et à des traitements contre les bactéries résistantes aux antibiotiques.

Pour les menaces comme l’intelligence artificielle ou les guerres nucléaires, les solutions passent surtout par des règles internationales et une meilleure coopération entre les États. Reste que tous les pays n’ont pas les mêmes moyens. Certains doivent surtout gérer le vieillissement et les maladies chroniques, tandis que d’autres peinent encore à garantir l’accès à l’eau potable, à une alimentation suffisante ou aux soins. D’où l’importance de maintenir l’aide internationale à la santé, indispensable à de nombreux pays pour protéger leur population.

À SAVOIR 

La variole, qui aurait tué 300 millions de personnes au cours du seul XXe siècle selon l’OMS, reste la seule maladie infectieuse humaine totalement éradiquée. Le dernier cas naturel a été recensé en Somalie en 1977, avant que l’OMS ne déclare officiellement sa disparition en 1980. Une victoire historique rendue possible grâce à la vaccination et à une surveillance mondiale des contaminations.

Image de Pascal Auclair
Pascal Auclair
Enfant des radios locales, aujourd'hui homme de médias, il fait partager son expertise de la santé sur les supports print, web et TV du groupe Ma Santé AuRA.

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