Femme qui regarde vers le bas, les mains sur les hanches.
La périménopause, une transition hormonale souvent méconnue qui impacte les femmes dès 35 ans. ©Freepik

Fatigue persistante, insomnies, règles irrégulières, irritabilité soudaine… Et si ce n’était pas “juste le stress” ? Ces symptômes, vécus par des millions de femmes entre 35 et 50 ans, sont souvent liés à la périménopause, cette étape hormonale méconnue qui précède la ménopause. Pourtant, rares sont celles qui savent la reconnaître… et rares sont les médecins qui en parlent. On fait le point, avec le concours du Dr Christelle Besnard-Charvet, gynécologue à Lyon.

Les femmes connaissent généralement le mot “ménopause”, mais ignorent tout ou presque de la période qui la précède : la périménopause. Or, c’est souvent durant cette phase de transition hormonale, qui peut commencer dès 35 ans, que les premiers troubles apparaissent.

L’équilibre hormonal vacille, entraînant des symptômes multiples : insomnie, sautes d’humeur, anxiété, brouillard mental… Autant de signes mal compris, mal diagnostiqués, et trop souvent mis sur le compte du “burn-out”, de la “crise de la quarantaine” ou de simples “changements de vie”. Pourtant, la périménopause est bien réelle. Et elle mérite toute notre attention.

Un déséquilibre hormonal progressif

La pĂ©rimĂ©nopause correspond Ă  la pĂ©riode de transition entre un cycle menstruel rĂ©gulier et l’arrĂŞt dĂ©finitif des règles, soit la mĂ©nopause.

Elle peut durer de 4 Ă  10 ans. Durant cette phase, les hormones, Ĺ“strogènes et progestĂ©rone, fluctuent de façon imprĂ©visible, ce qui provoque une grande variĂ©tĂ© de symptĂ´mes physiques et psychiques.

Des signes qui passent souvent inaperçus

Bouffées de chaleur, troubles du sommeil, douleurs articulaires, règles abondantes ou irrégulières, anxiété, baisse de la libido, prise de poids inexpliquée, hypersensibilité…

Tous ces symptĂ´mes peuvent apparaĂ®tre bien avant l’arrĂŞt des règles. Le problème ? Peu de femmes font le lien. Et peu de mĂ©decins les orientent vers une piste hormonale.

Une invisibilité dans le discours médical

Aujourd’hui encore, la pĂ©rimĂ©nopause n’est pas systĂ©matiquement abordĂ©e en consultation gynĂ©cologique. Il n’existe pas de test unique pour la diagnostiquer, et la plupart des bilans hormonaux standards ne reflètent pas l’instabilitĂ© hormonale quotidienne.

RĂ©sultat : errance mĂ©dicale, automĂ©dication ou sentiment d’incomprĂ©hension.

Une période vécue dans la solitude

Ă€ 40 ans, difficile de s’identifier Ă  l’image “classique” de la mĂ©nopause. Beaucoup de femmes se sentent trop jeunes pour ĂŞtre concernĂ©es, mais dĂ©jĂ  trop impactĂ©es pour ne rien faire.

Sans reconnaissance mĂ©dicale ni soutien adaptĂ©, nombre d’entre elles traversent cette pĂ©riode dans le silence, voire dans la culpabilitĂ©.

Adapter son hygiène de vie

Certaines habitudes peuvent aider Ă  attĂ©nuer les symptĂ´mes : activitĂ© physique rĂ©gulière, alimentation anti-inflammatoire, rĂ©duction du stress, soutien Ă©motionnel, etc.

Des disciplines comme le yoga, la sophrologie, l’homéopathie, la phytothérapie ou l’aromathérapie peuvent aussi apporter un réel mieux-être..

Le rôle prématuré des traitements hormonaux

Tant que la ménopause n’est pas installée, un traitement hormonal estro-progestatif est contre-indiqué. Il est possible de prescrire un traitement à base de progestérone pour diminuer l’abondance des règles ou assurer la contraception.

Des alternatives, comme les plantes mĂ©dicinales, l’homĂ©opathie, l’aromathĂ©rapie, les complĂ©ments alimentaires Ă  base de magnesium, omega 3…, peuvent ĂŞtre envisagĂ©es.

Lorsque la ménopause est définitivement installée (et définie par l’absence de règles pendant 2 ans avant 50 ans ou un an après 50 ans), un traitement hormonal personnalisé peut alors être proposé et améliorer notablement la qualité de vie.

Ă€ SAVOIR

La pĂ©rimĂ©nopause n’est pas une maladie, mais une Ă©tape physiologique naturelle. Elle peut ĂŞtre vĂ©cue de manière fluide, ou au contraire, devenir très invalidante. Dans tous les cas, elle mĂ©rite reconnaissance, accompagnement et bienveillance. Si vous avez entre 35 et 50 ans, que vous ressentez une fatigue inhabituelle, un brouillard mental persistant ou une instabilitĂ© Ă©motionnelle, il est peut-ĂŞtre temps d’en parler Ă  un professionnel de santĂ© formĂ© Ă  la santĂ© hormonale. Mettre un mot sur ce que vous vivez, c’est dĂ©jĂ  reprendre le pouvoir.

Inscrivez-vous Ă  notre newsletter
Ma Santé

Article précédentUn nouveau variant du Covid détecté en France, faut-il s’inquiéter ?
Article suivantStress au travail : près d’un salarié français sur deux en détresse psychologique

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici