
Vous vous êtes déjà demandé pourquoi certains enfants naissent blonds, bruns ou roux alors que leurs parents ont une autre couleur de cheveux ? Cette caractéristique dépend en grande partie de l’hérédité et du brassage génétique qui se produisent lors de la fécondation. Comment se transmet la couleur des cheveux et pourquoi la génétique peut-elle parfois réserver des surprises ? Le point.
Lorsqu’un enfant naît, certains traits physiques ressemblent immédiatement à ceux de ses parents. Pourtant, il arrive parfois qu’un bébé ait une couleur de cheveux différente de celle de sa mère ou de son père. Cette situation peut surprendre, mais elle s’explique par le fonctionnement de l’hérédité biologique.
C’est ce mélange d’informations génétiques qui explique pourquoi la couleur des cheveux d’un enfant ne correspond pas toujours exactement à celle de ses parents, et pourquoi certaines caractéristiques réapparaissent parfois plusieurs générations plus tard.
Hérédité génétique : de quelle manière les gènes se transmettent-ils ?
L’hérédité biologique correspond au mécanisme par lequel le programme génétique est transmis de générations en générations. À l’intérieur du noyau cellulaire (partie centrale de la cellule qui renferme l’ADN et le patrimoine génétique) se trouve notre génome (ensemble de toute l’information génétique d’un organisme contenue dans son ADN), organisé en paires de chromosomes.
Lors de la fécondation, la transmission des caractères se produit lorsque les cellules reproductrices, le spermatozoïde et l’ovule, fusionnent. Ce bagage génétique définit chaque caractéristique d’un individu : la couleur des yeux, les groupes sanguins et leur facteur sanguin, la forme des globules rouges, mais aussi la transmission de certaines maladies génétiques.
Certaines maladies héréditaires, comme la mucoviscidose, l’hémophilie (souvent liée au chromosome X chez la femme porteuse) ou l’albinisme, font d’ailleurs l’objet d’un dépistage quotidien. Elles suivent les mêmes lois de la génétique que la transmission de la couleur des cheveux.
Au niveau moléculaire, l’information repose sur la molécule d’ADN, composée de nucléotides (petites molécules qui forment les « briques » de l’ADN et permettent de stocker l’information génétique).
Le gène impliqué dans la production de mélanine, le pigment colorant, peut exister sous différentes versions appelées allèles (différentes versions d’un gène transmises par les parents et qui influencent les caractéristiques d’une personne). Ces variants des gènes se situent sur un emplacement précis des chromosomes homologues (molécule contenant l’ADN).
Dans ce fonctionnement génétique, la règle de la dominance s’applique : nn allèle dominant (gène dominant) s’exprime lorsqu’il est présent, même s’il est associé à un allèle récessif (gène qui n’apparaît que si les deux parents transmettent la même version du gène). Ainsi, pour la couleur des cheveux, l’allèle responsable d’une teinte foncée est dominant, tandis que l’allèle blond est généralement récessif.
Brun, blond, roux : comment se transmet la couleur des cheveux ?
Concrètement, le résultat d’un croisement génétique capillaire dépend du génotype, c’est-à-dire de l’ensemble des allèles invisibles présents dans les paires de chromosomes. Ce génotype détermine ensuite le phénotype, c’est-à-dire la caractéristique visible, ici la couleur des cheveux. En appliquant les célèbres lois de Mendel, les proportions de couleurs transmises suivent une logique génétique précise.
Brun + Brun = ?
Si les deux parents sont bruns à l’état homozygote, ils possèdent deux copies identiques de l’allèle dominant. Leur descendance héritera alors du caractère foncé.
En revanche, si ces parents sont hétérozygotes, cela signifie qu’ils portent aussi un allèle récessif blond transmis par leur lignée ou leur arbre généalogique. Dans ce cas, le brassage génétique peut produire différentes combinaisons. L’enfant peut alors avoir environ une chance sur quatre de naître blond.
Blond + Blond = ?
Le blond étant un trait génétique récessif, deux parents blonds sont généralement homozygotes pour ce caractère. Leurs enfants hériteront donc presque toujours de cheveux blonds, car aucun allèle dominant ne vient masquer cette couleur. Cependant, la diversité génétique peut créer différentes nuances, allant du blond très clair au blond cendré.
Brun + Blond = ?
Dans cette combinaison, l’allèle dominant brun s’exprime souvent. L’enfant a donc de fortes probabilités d’avoir les cheveux bruns. Toutefois, si le parent brun possède aussi un allèle blond récessif, l’enfant peut hériter de ce gène et avoir une chance sur deux d’avoir les cheveux blonds.
Roux + Brun ou Blond = ?
La couleur rousse dépend d’une mutation génétique particulière impliquant la production de mélanine. Ce caractère est souvent récessif. Si un parent brun est porteur du gène roux et l’autre parent est roux, l’enfant peut naître roux ou brun. Avec un parent blond, le brassage des allèles peut produire des nuances intermédiaires comme le blond vénitien.
La coloration capillaire modifie-t-elle les gènes ?
Même si l’hérédité des caractères fixe la base génétique dès les premières divisions cellulaires, l’expression des traits génétiques peut évoluer légèrement au cours de la vie.
Les chercheurs en génétique expliquent que l’épigénétique et certains facteurs environnementaux, comme une forte exposition au soleil, peuvent éclaircir la chevelure sans modifier l’ADN. Ces variations concernent uniquement l’apparence des cheveux au fil du temps.
Beaucoup de parents se demandent alors si le fait de se teindre les cheveux peut influencer la couleur de cheveux de leur enfant. La réponse est non. Les colorations capillaires modifient uniquement l’aspect visible du cheveu et n’agissent pas sur le patrimoine génétique.
En réalité, avec l’âge, la production de mélanine diminue naturellement. Cette baisse de pigmentation entraîne l’apparition des cheveux blancs, un phénomène biologique normal chez les hommes et les femmes.
Il est donc important de comprendre que ces transformations, coloration blonde, brune ou auburn, sont des caractères acquis. Elles ne modifient ni les gènes ni l’ADN.
Une coloration capillaire n’a aucune influence sur les gamètes. Le génome, les séquences d’ADN et les paires de chromosomes restent inchangés. Ainsi, chaque parent transmet toujours son véritable patrimoine génétique et ses caractères héréditaires à ses enfants, indépendamment de la couleur qu’il choisit pour ses cheveux.
À SAVOIR
Pour essayer d’anticiper la teinte que l’enfant aura plus tard, observez les sourcils et les cils du bébé quelques semaines après la naissance. S’ils sont plus foncés que le duvet clair présent sur sa tête, il est probable que sa chevelure fonce progressivement en grandissant. À l’inverse, si les sourcils et les cils sont aussi clairs que les cheveux, il y a de fortes chances que l’enfant garde une couleur de cheveux claire. Ce phénomène s’explique par la production de mélanine, le pigment responsable de la coloration des cheveux. À la naissance, les follicules pileux du cuir chevelu produisent souvent peu de pigment et mettent plusieurs mois à atteindre leur fonctionnement normal. Les sourcils, en revanche, révèlent généralement plus tôt la pigmentation réelle déterminée par l’hérédité. Ainsi, pour se faire une idée de la future couleur de cheveux d’un bébé, observer ses sourcils et ses cils peut être un indice plus fiable que ses cheveux de naissance.







