Une femme explique, à l’aide d’une image, comment fonctionne le cycle menstruel.
Au cours de sa vie reproductive, une femme connaît en moyenne environ 400 à 500 cycles menstruels. © Freepik

Chaque mois, le cycle menstruel rythme le fonctionnement du corps féminin. Des règles à l’ovulation, plusieurs étapes hormonales se succèdent pour préparer l’organisme à une éventuelle grossesse. Un mécanisme biologique précis, qui se répète tout au long de la vie reproductive. Explications.

Le cycle menstruel se répète mois après mois tout au long de la vie reproductive qui dure donc environ 35 à 40 ans. Il correspond à l’ensemble des changements hormonaux et physiologiques qui préparent le corps à une éventuelle grossesse.

Concrètement, il commence le premier jour des règles et se termine la veille des règles suivantes. Sa durée moyenne est souvent de 28 jours, mais dans la réalité, elle peut varier. Le cycle reste considéré comme normal lorsqu’il dure entre 21 et 35 jours chez l’adulte.

Le cycle menstruel repose sur un système de régulation très précis entre le cerveau et les ovaires. Deux zones cérébrales, l’hypothalamus et l’hypophys, pilotent la libération d’hormones qui vont activer les ovaires.

En réponse, les ovaires produisent à leur tour différentes hormones, notamment les œstrogènes et la progestérone. Ces substances circulent dans l’organisme et agissent directement sur l’utérus, où elles régulent l’épaississement puis l’élimination de la muqueuse utérine au fil du cycle.

Les menstruations, ou plus communément les règles, correspondent à l’élimination de la muqueuse utérine, appelée endomètre, qui s’était épaissie lors du cycle précédent. Pourquoi cette évacuation ? Parce qu’aucune fécondation n’a eu lieu.

Lorsque l’ovule libéré lors du cycle précédent n’a pas rencontré de spermatozoïde, l’organisme n’a plus besoin de cet environnement destiné à accueillir un embryon. L’endomètre se détache alors progressivement et est évacué par le vagin sous forme de saignements. Et ces règles durent généralement entre trois et sept jours. Leur abondance et leur durée peuvent toutefois varier d’une personne à l’autre.

Pendant cette phase, les niveaux hormonaux sont au plus bas. Mais en coulisses, le corps prépare déjà la suite.

La phase folliculaire : les ovaires entrent en scène

La période qui suit le début des règles est appelée phase folliculaire. Son nom vient des follicules ovariens, de petites structures présentes dans les ovaires et contenant chacune un ovule immature.

Sous l’effet d’une hormone produite par l’hypophyse, appelée FSH (hormone folliculo-stimulante), plusieurs follicules commencent à se développer dans l’ovaire. En général, un seul d’entre eux poursuit sa maturation et devient dominant. C’est ce follicule qui libérera l’ovule lors de l’ovulation.

Dans le même temps, les ovaires produisent de plus en plus d’œstrogènes. Ces hormones permettent à l’endomètre de se reconstruire après les règles et de s’épaissir progressivement.

La durée de cette phase peut varier d’un cycle à l’autre, ce qui explique que toutes les femmes n’aient pas des cycles de la même longueur.

L’ovulation : le moment clé

Sous l’effet d’une hausse brutale de l’hormone LH (hormone lutéinisante), le follicule dominant libère l’ovule dans la trompe de Fallope. Dans un cycle de 28 jours, l’ovulation survient généralement autour du 14ᵉ jour, mais cette estimation peut varier selon la durée du cycle.

Une fois libéré, l’ovule reste viable pendant environ 24 heures. C’est durant cette période que la fécondation peut avoir lieu si des spermatozoïdes sont présents dans les trompes. Les spermatozoïdes peuvent survivre plusieurs jours dans l’appareil reproducteur féminin, ce qui élargit la fenêtre de fertilité.

C’est la raison pour laquelle la période fertile peut s’étendre sur plusieurs jours autour de l’ovulation. Si l’ovule rencontre un spermatozoïde, la fécondation peut avoir lieu dans la trompe utérine et un embryon commencera alors à se développer. Sinon, le cycle poursuit sa route.

La phase lutéale : l’utérus se prépare

Après l’ovulation débute la phase lutéale. Le follicule qui a libéré l’ovule se transforme en corps jaune, une structure temporaire de l’ovaire. Celui-ci produit alors une hormone appelée la progestérone.

Elle permet à l’endomètre de devenir plus épais et plus riche en nutriments, afin de favoriser l’implantation éventuelle d’un embryon. Cette phase dure en moyenne 14 jours. Si la fécondation a lieu, le corps jaune continue de produire des hormones afin de maintenir l’endomètre et soutenir le début de la grossesse.

En revanche, si aucun embryon ne s’implante, le corps jaune disparaît progressivement. La production de progestérone chute alors brutalement. Cette chute hormonale provoque le détachement de l’endomètre et les règles apparaissent à nouveau, marquant le début d’un nouveau cycle.

Cycle menstruel : une mécanique sensible aux variations

Un retard ponctuel ou un cycle légèrement irrégulier est généralement sans gravité, mais des changements répétés, des règles très espacées ou l’absence de menstruations pendant plusieurs mois peuvent justifier une consultation médicale.

Si le cycle menstruel semble parfois réglé comme une horloge, il peut aussi connaître des variations. Plusieurs facteurs peuvent influencer sa régularité :

  • le stress
  • les variations de poids
  • l’activité physique intense
  • certaines maladies
  • les changements hormonaux naturels

Les cycles sont notamment souvent irréguliers à l’adolescence, le temps que le système hormonal atteigne sa maturité.

Le cycle menstruel repose sur une coordination hormonale très précise entre le cerveau et les ovaires, ce qui explique à la fois sa régularité et sa sensibilité à différents facteurs biologiques.

Cycle menstruel irrégulier : quelles peuvent être les causes gynécologiques ?

Dans certains cas, les irrégularités du cycle peuvent être liées à des causes gynécologiques. Plusieurs troubles hormonaux ou maladies touchant les ovaires et l’utérus peuvent perturber l’équilibre du cycle menstruel. Parmi les plus fréquents :

  • Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un trouble hormonal caractérisé notamment par des cycles espacés ou absents, lié à un dérèglement de l’ovulation.
  • L’endométriose, une maladie inflammatoire chronique dans laquelle des tissus semblables à la muqueuse utérine se développent en dehors de l’utérus, pouvant s’accompagner de règles douloureuses et parfois de cycles irréguliers.
  • Les fibromes utérins, des tumeurs bénignes de l’utérus qui peuvent modifier la durée ou l’abondance des règles.
  • Certaines anomalies hormonales, par exemple liées à un dysfonctionnement des ovaires.

Si les cycles deviennent durablement irréguliers, très espacés, très rapprochés ou s’accompagnent d’autres symptômes (douleurs importantes, saignements abondants, absence de règles prolongée), un avis médical peut permettre d’en rechercher l’origine.

À SAVOIR 

Les variations hormonales qui se produisent au cours du cycle peuvent par exemple agir sur l’humeur, l’énergie, la température corporelle ou encore la qualité du sommeil. Après l’ovulation, la progestérone entraîne notamment une légère augmentation de la température corporelle, d’environ 0,3 à 0,5 °C.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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