Une mère qui est en train d'acheter les fournitures pour la rentrée scolaire de sa fille.
Et vous, comment vous gérez la rentrée de vos enfants ? © Adobe Stock

À la rentrée scolaire, l’organisation familiale vire souvent à la course contre-la-montre. La charge mentale des parents flirte avec l’explosion. Comment comprendre ce phénomène à l’œuvre en France, comment se traduit-il exactement, et, surtout, comment l’alléger ? Éléments de réponse.

Chaque année, la rentrée scolaire s’annonce comme une étape décisive, mais aussi redoutée par de nombreux parents. Cahiers à acheter, inscriptions à finaliser, vêtements à étiqueter, emploi du temps à caler… autant de micro-tâches qui, mises bout à bout, forment une montagne mentale parfois insurmontable.

En France, plus de 87 % des parents reconnaissent vivre la rentrée avec un stress marqué, selon un sondage Kantar. Et ce sont encore majoritairement les mères qui portent le plus gros de cette charge invisible : gestion du calendrier, suivi des devoirs, organisation logistique. 

Selon une étude OpinionWay, Les Parents Zens, réalisée en avril 2025, 57 % des parents salariés constatent une augmentation de leur charge mentale au travail depuis qu’ils sont devenus parents.

Résultat ? 43 % des femmes estiment que leur carrière a été freinée, 17 % ont réduit leur temps de travail et 13 % ont refusé une promotion, pour cause de responsabilités familiales.

Par ailleurs, l’enquête révèle que seuls 27 % des salariés bénéficient d’un soutien RH concret, et parmi eux, à peine 16 % estimeraient que cela les aide réellement à concilier vie pro et vie perso.

Une inégalité frappante dans la gestion de la rentrée

L’IFOP, dans une enquête de 2023, montre que 64 % des femmes se sont occupées des achats de fournitures scolaires, contre seulement 16 % des hommes. Pour les inscriptions aux activités périscolaires ou sportives, c’est 55 % des femmes contre 27 % des hommes.

Ce déséquilibre, déjà à l’œuvre pendant les vacances (où 70 % des femmes sont fatiguées, contre 57 % des hommes), se réplique pendant la rentrée. Les femmes assument également davantage la gestion du linge, des lessives et du retour de vacances.

juin, un mois d’enfer

Selon un sondage Ifop, juin est décrit comme “le pire mois de l’année” en termes de surcharge mentale. Pique-niques, sorties scolaires, inscriptions, kermesses, cadeaux, dossiers… tout s’accumule dans un enchaînement exténuant. Les mères, particulièrement sollicitées, font face à un vrai “tunnel” mental.

Aussi, 71 % des femmes ressentent une charge mentale élevée toute l’année. Le suivi éducatif mobilise 77 % d’entre elles, et 73 % jugent la gestion du calendrier familial particulièrement lourde. 

Les parents solos : “super-gestionnaires” jusqu’au craquage

Un focus particulier est à faire sur les parents solos. Une étude IPSOS pour Even (2024) révèle que 31 % des parents solos se considèrent comme des « super‑gestionnaires », mais 20 % finissent par “lâcher prise”. Beaucoup d’entre eux accumulent les urgences sans filet, une surcharge mentale à haut risque.

Parmi les bonnes pratiques : anticiper. Préparer dès maintenant une caisse de fournitures, vérifier les sacs, préparer les vêtements la veille… Autant de gestes simples, mais puissants pour limiter les imprévus matinaux .

Ce n’est pas seulement la charge psychique des parents qui importe. La santé mentale des enfants joue un rôle clé dans l’ambiance familiale et donc dans la charge mentale collective.

  • Chez les enfants de 3 à 6 ans, 8,3 % présentent au moins une difficulté probable de santé mentale (émotionnelle, oppositionnelle ou liée à l’attention), selon Santé publique France (étude Enabee, déc. 2024).
  • Chez les collégiens et lycéens, 59 % des collégiens et 51 % des lycéens déclarent un bon niveau de bien-être mental ; mais les filles sont nettement plus stressées par le travail scolaire, jusqu’à 42 %, contre 15 % des garçons. De plus, 24 % des lycéens ont eu des idées suicidaires dans l’année, et 13 % ont déjà tenté un suicide .

Ces éléments montrent que préserver la santé mentale des parents participe aussi à un environnement serein pour les enfants et vice versa.

  • Déléguer et partager : établir ensemble une TO‑DO list familiale, recenser ce qui pèse réellement et le répartir équitablement . Même les petites tâches, si elles s’accumulent, épuisent.
  • Mettre des limites réalistes : différencier entre “je dois” et “je crois que je dois” est libérateur.
  • Accepter que tout ne soit pas parfait : les étiquettes oubliées, les goûters pas faits maison, ça n’est pas grave.
  • Rentrer dans une logique d’anticipation : préparer progressivement quelques jours ou une semaine à l’avance, organiser les repas, vérifier les sacs, préparer une caisse de fournitures… sont autant de gestes qui payent double.
  • Prévoir des pauses réelles (et sans culpabilité) : dans cette course, les micro‑moments personnels, même de 10 minutes, ont un effet ressourçant puissant. Se reconnecter avec soi, c’est aussi rester plus disponible pour les autres.

Ce ne sont pas des solutions miraculeuses, mais des petits pas concrets. À chaque geste mis en place, on allège un peu plus cette rentrée… et on offre un peu plus de sérénité à toute la famille.

À SAVOIR

En France, la charge mentale ne concerne pas seulement la rentrée. Selon une enquête de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) publiée en 2024, près de 40 % des parents d’enfants de moins de 12 ans déclarent manquer de temps pour eux-mêmes chaque semaine.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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