Une équipe chirurgicale effectuant une transplantatiоn du fоie au blоc оpératоire pоur sоigner une cirrhоse avancée․
Selon l’Association Française pour l'Étude du Foie, environ 75 % à 80 % des greffes du foie réalisées aujourd’hui concernent des patients atteints de Cirrhose. ©gpointstudio / Canva

Fatigue persistante, ventre ballоnné, jaunisse, saignements digestifs․․․ La cirrhоse du fоie est une maladie chrоnique qui peut évоluer silencieusement pendant lоngtemps avant d’entraîner des cоmplicatiоns graves․ Sоuvent assоciée à l’alcооl, aux hépatites virales оu à la stéatоse hépatique, cette atteinte du fоie cоrrespоnd à une destructiоn prоgressive du tissu hépatique remplacé par des cicatrices fibreuses․ Peut-оn vraiment guérir une cirrhоse ? Quels traitements permettent de freiner sоn évоlutiоn ? À quel mоment dоit-оn envisager une greffe du fоie ? Explicatiоns․

La cirrhose est une maladie évolutive dans laquelle les cellules hépatiques sont progressivement remplacées par un tissu cicatriciel appelé fibrose, perturbant le fonctionnement du foie. En France, elle toucherait plus de 200 000 personnes et provoque plusieurs milliers de décès chaque année. Les principales causes restent l’alcool avec 50 à 75 % des cas. Les hépatites virales et la stéatose hépatique, aussi appelée MASH (Metabolic dysfunction-Associated SteatoHepatitis) dans ses formes inflammatoires.

Les chercheurs s’intéressent également au rôle du microbiote intestinal. Selon l’Inserm, les patients cirrhotiques présentent souvent une dysbiose, c’est-à-dire un déséquilibre des bactéries intestinales. Cette altération fragilise la barrière intestinale, favorise le passage de substances inflammatoires vers le foie et pourrait aggraver les lésions hépatiques ainsi que l’affaiblissement du système immunitaire.

Ces travaux ouvrent de nouvelles pistes thérapeutiques visant à restaurer un microbiote plus équilibré afin de ralentir l’évolution de la maladie et de limiter certaines complications.

Le traitement de la cirrhose consiste avant tout à stopper l’agression responsable des lésions hépatiques. Le foie possède une forte capacité de régénération, mais lorsque les atteintes se répètent pendant des années, une fibrose hépatique apparaît puis désorganise progressivement toute l’architecture du foie.

En cas de cirrhose liée à l’alcool, l’arrêt total de la consommation reste indispensable, souvent avec un accompagnement médical, addictologique et psychologique. Lorsque la maladie est provoquée par une hépatite B ou une hépatite C, des traitements par vaccin permettent d’éliminer le virus selon les cas.

Si la cirrhose est liée à une stéatose hépatique (maladie du foie gras, accumulation anormale de graisses), la prise en charge repose d’abord sur une perte de poids progressive, la pratique régulière d’une activité physique ainsi que le contrôle du diabète, du cholestérol et des triglycérides.

Dans certaines maladies auto-immunes ou atteintes des voies biliaires, des traitements spécifiques peuvent également être prescrits, comme les corticoïdes, les immunosuppresseurs ou encore l’acide ursodésoxycholique, afin de limiter l’inflammation chronique et de protéger les cellules du foie.

Non, les compléments alimentaires présentés sur internet comme des « soutiens du foie » ou des solutions naturelles capables de « réparer » le foie ne peuvent pas guérir une cirrhose. Cette maladie correspond à une destruction progressive et irréversible du foie : le tissu hépatique sain est progressivement remplacé par des cicatrices appelées nodules fibreux, qui empêchent l’organe de fonctionner normalement.

À ce jour, aucun complément alimentaire ni traitement naturel ne permet de faire disparaître ces lésions. Dans les formes les plus avancées, la greffe du foie reste le seul traitement véritablement curatif.

De nombreux produits issus des plantes ou des médecines traditionnelles sont pourtant commercialisés sur internet pour leurs supposées vertus « détoxifiantes » ou protectrices pour le foie. Certains peuvent parfois être utilisés dans le cadre de troubles hépatiques légers, mais leur efficacité contre les maladies graves du foie reste très discutée au sein de la communauté scientifique.

Les médecins alertent également sur les risques de l’automédication. Un foie cirrhotique élimine déjà difficilement certaines substances. Consommer des compléments ou des plantes sans suivi médical peut alors devenir dangereux. Certains produits naturels peuvent provoquer une Hépatotoxicité et aggraver l’état du patient au lieu de protéger le foie.

L’hygiène de vie joue un rôle essentiel dans la prise en charge de l’cirrhose. L’arrêt complet de l’alcool reste indispensable, car il accélère les lésions hépatiques et augmente fortement le risque de cancer du foie.

L’alimentation doit être équilibrée et suffisamment riche en protéines afin de limiter la dénutrition et la perte musculaire fréquentes chez les patients cirrhotiques. En cas d’ascite ou d’œdèmes, une réduction du sel peut être recommandée pour limiter la rétention d’eau.

Une activité physique régulière aide aussi à préserver la masse musculaire et à améliorer les troubles métaboliques liés à une stéatose hépatique non alcoolique. Enfin, la prévention des infections reste importante grâce à une bonne hygiène, un suivi médical régulier et certaines vaccinations adaptées.

Prévenir les complications constitue un élément central du suivi de l’cirrhose. Avec le temps, la maladie peut provoquer une Ascite, des hémorragies digestives liées aux varices Å“sophagiennes, une encéphalopathie hépatique, des infections, une insuffisance rénale ou un carcinome hépatocellulaire. Les médecins rappellent d’ailleurs que la cirrhose représente l’un des principaux facteurs de risque de cancer du foie, ce qui justifie une surveillance régulière.

Le suivi repose sur des prises de sang évaluant la coagulation, la bilirubine, l’albumine ou les plaquettes, ainsi que sur des échographies abdominales répétées pour dépister précocement une tumeur hépatique. Une endoscopie digestive permet aussi de rechercher des varices de l’œsophage ou de l’estomac, pouvant être traitées par bêtabloquants ou gestes endoscopiques afin de limiter le risque d’hémorragie.

En cas d’ascite importante, des diurétiques, une réduction du sel ou une ponction évacuatrice peuvent être nécessaires. Lorsqu’une encéphalopathie hépatique apparaît, des traitements spécifiques servent à diminuer les toxines qui s’accumulent dans le sang lorsque le foie ne parvient plus à les éliminer correctement.

La greffe peut être envisagée lorsque la cirrhose devient trop avancée, en cas de cirrhose décompensée, d’insuffisance hépatique sévère ou parfois de Cancer du foie répondant à certains critères médicaux. La transplantation hépatique consiste à remplacer le foie malade par un foie sain provenant d’un donneur et reste aujourd’hui le seul traitement réellement curatif des formes les plus graves.

Cette intervention nécessite ensuite un traitement immunosuppresseur à vie afin d’éviter le rejet du greffon. Avant la greffe, les médecins évaluent précisément l’état général du patient, les autres maladies éventuelles, les risques opératoires, l’arrêt durable de l’alcool et la capacité à suivre un suivi médical rigoureux.

Même si la cirrhose reste une maladie grave, un diagnostic précoce, le traitement de la cause et une surveillance régulière par un hépatologue permettent souvent de ralentir son évolution et de limiter les complications.

À SAVOIR

Au début du XIXe siècle, le médecin français René Laennec introduit le terme Cirrhose Ã  partir du grec kirrhos, signifiant « jaunâtre », pour décrire l’aspect cicatriciel d’un foie gravement abîmé. La cirrhose correspond au stade avancé et irréversible de nombreuses maladies du foie, où les cellules hépatiques sont progressivement remplacées par des tissus fibreux perturbant le fonctionnement de l’organe.Longtemps liée surtout à l’alcool et aux hépatites B et C, la maladie est aujourd’hui aussi fortement associée à la stéatohépatite non alcoolique liée au surpoids et au diabète de type 2. Son évolution reste souvent silencieuse pendant des années, et lorsque apparaissent fatigue, jaunisse ou ascite, les lésions sont souvent déjà avancées avec un risque accru de Carcinome hépatocellulaire.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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