
Chaque rentrée scolaire est un nouveau départ. Mais pour certains enfants, se reconcentrer sur les apprentissages après les vacances ou surmonter un trouble de l’attention relève du parcours du combattant. En France, plusieurs milliers d’élèves sont concernés, parfois de manière transitoire, parfois de façon plus durable comme dans le cas du TDAH. Quels dispositifs existent ? Quelles pratiques peuvent vraiment aider ? Et surtout, comment redonner confiance à l’enfant pour qu’il retrouve le chemin de la réussite scolaire ?
Le retour à l’école, ce n’est pas seulement le sac à dos flambant neuf et les cahiers tout propres. Pour de nombreux enfants, c’est aussi la confrontation à une exigence de concentration intense, souvent difficile à tenir après deux mois de vacances.
Et pour certains élèves, ces difficultés dépassent la simple remise en route. Elles peuvent révéler un trouble de l’attention, avec ou sans hyperactivité, ou encore s’entremêler à des difficultés d’apprentissage plus globales.
Comprendre les troubles de la concentration chez l’enfant
Trouble de la concentration ou simple fatigue post-vacances ?
D’abord, il faut distinguer deux réalités. La première, très courante, tient à la fatigue et au manque d’habitude. Après les vacances, l’attention est plus fragile, le rythme scolaire demande un réajustement. Ce phénomène touche une majorité d’élèves et se résorbe généralement après quelques semaines.
La seconde réalité est celle des véritables troubles de la concentration, qui s’installent durablement et compliquent le parcours scolaire. On estime que 5 à 6 % des enfants en France présentent des troubles spécifiques des apprentissages (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie…), soit environ un enfant par classe, selon le ministère de la Santé.
TDAH : potentiel coupable
Le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) concernerait entre 3,5 et 5,6 % des élèves scolarisés, d’après la Fédération Française des Dys. L’Assurance Maladie évoque même près de 6 % des moins de 18 ans concernés. Autrement dit, dans chaque classe, au moins un élève est susceptible d’être directement touché.
Mais attention, tous les enfants distraits ou rêveurs ne souffrent pas de TDAH. L’anxiété, un sommeil perturbé, des difficultés visuelles ou auditives, ou même un contexte familial tendu peuvent expliquer ces problèmes d’attention.
Les dispositifs d’aide existants à l’école
En France, plusieurs outils existent pour soutenir les enfants en difficulté de concentration.
- Le premier dispositif est le RASED (Réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté). Présent dans les écoles primaires, il regroupe des enseignants spécialisés et des psychologues qui interviennent auprès des enfants les plus fragiles. Leur rôle est d’apporter un suivi ciblé, en collaboration avec la famille et l’équipe éducative. Toutefois, de nombreux syndicats pointent un manque de moyens, qui limite parfois l’accès rapide à cette aide.
- Autre solution : le PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé). Mis en place sur demande des parents et avec l’avis d’un médecin, il permet d’adapter la scolarité de l’enfant à ses besoins. Cela peut se traduire par des supports écrits simplifiés, des évaluations aménagées ou encore un temps supplémentaire lors des contrôles. Ces aménagements, encadrés par le ministère de l’Éducation nationale, peuvent vraiment faire la différence pour un enfant dont l’attention est fragile.
Enfin, la Haute Autorité de Santé (HAS) a mis à jour ses recommandations en septembre 2024. Pour le TDAH, elle préconise un diagnostic plus précoce, un accompagnement psychologique et éducatif renforcé, et une priorité donnée aux interventions non médicamenteuses. Les traitements, comme le méthylphénidate, doivent rester un recours lorsque les autres mesures ne suffisent pas.
Conseils pratiques pour aider son enfant à la maison et en classe
Troubles de la concentration : aider les enfants en classe
Il est recommandé de placer l’enfant à proximité de l’enseignant, loin des fenêtres ou des couloirs qui captent son attention. Les consignes doivent être données de façon claire, une par une, et parfois reformulées pour vérifier la compréhension.
Prévoir des pauses régulières, utiliser des pictogrammes ou instaurer un signal discret peuvent également réduire les distractions.
Les aider à la maison
Le mot d’ordre est la structure. Un espace dédié aux devoirs, calme et dépourvu d’écrans, facilite la concentration. Des routines fixes (même heure, même lieu, même matériel) aident l’enfant à s’ancrer dans ses habitudes.
Les parents peuvent aussi utiliser des sabliers, des minuteurs ou des plannings visuels pour donner des repères temporels rassurants.
L’activité physique : un atout majeur.
Courir, sauter, faire du sport collectif ou pratiquer le yoga contribue à canaliser l’énergie et à améliorer les capacités d’attention. Plusieurs études montrent que l’exercice régulier stimule les fonctions exécutives, essentielles à la concentration et à la planification des tâches.
Enfin, le regard parental est fondamental. Plutôt que de pointer les échecs, valoriser chaque effort et chaque progrès, même minime, aide l’enfant à renforcer son estime de soi. L’accompagnement psychologique, quand il est nécessaire, permet aussi à l’enfant de mieux comprendre ses émotions et de développer des stratégies de régulation.
Des programmes innovants pour entraîner l’attention
Depuis quelques années, des initiatives originales se développent dans les écoles françaises. C’est le cas du programme ATOLE, conçu par le neuroscientifique Jean-Philippe Lachaux. Ce projet pédagogique propose aux élèves des exercices simples pour apprendre à “faire attention à son attention”. Déjà expérimenté dans plusieurs centaines de classes, de la primaire au collège, il démontre qu’il est possible d’éduquer l’attention comme on entraîne un muscle.
Ces programmes montrent que la concentration n’est pas seulement un talent inné. C’est une compétence qui peut se travailler, se développer et se renforcer avec le temps.
À SAVOIR
Le mois de naissance peut influencer le diagnostic des troubles de l’attention. Selon une étude d’Epi‑Phare, les enfants les plus jeunes de leur classe (nés en fin d’année) sont jusqu’à 55 % plus susceptibles d’être diagnostiqués avec un TDAH que leurs camarades nés en début d’année.







