Une femme qui utilise de faux médicaments anti-obésité achetés en ligne.
Qu’ils soient vendus en ligne ou via des circuits informels, ces produits ne respectent pas les normes, peuvent contenir des substances toxiques ou n’avoir aucune efficacité réelle. © Freepik

Sur Internet, des promesses de « maigrir vite » circulent au travers de patchs, flacons ou stylos vendus comme « médicaments anti-obésité ». Mais l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) tire la sonnette d’alarme : ces produits sont illégaux, potentiellement toxiques et distribués hors tout cadre médical. Comment les repérer ? Pourquoi sont-ils dangereux ? Décryptage.

Ces derniers mois, les autorités observent une montée inquiétante de produits vendus en ligne comme s’ils étaient de vrais traitements contre l’obésité ou le diabète. On y retrouve des imitations d’Ozempic, de Wegovy ou encore de Saxenda. Des médicaments normalement prescrits dans des conditions très précises et toujours sous contrôle médical.

Pourtant, certains sites n’hésitent pas à en proposer des versions détournées. Et parfois dans des formats particuliers comme des patchs ou en kits d’injection artisanaux, souvent à des prix extravagants. Face à cette dérive, l’ANSM a commencé à intervenir et à engager des actions contre ces ventes illégales depuis le printemps 2025.

Un médicament, oui : mais encadré

Les analogues du GLP-1 font partie de ces médicaments qui nécessitent une vraie supervision médicale. Ils sont utilisés pour traiter le diabète de type 2 et, dans certaines situations bien précises, pour accompagner une prise en charge de l’obésité. Ce ne sont donc pas des produits anodins. Leur délivrance est encadrée, leur utilisation surveillée, et leur prescription strictement réservée aux professionnels de santé.

L’ANSM rappelle fréquemment que, parce qu’ils sont soumis à ordonnance, ces traitements n’ont absolument pas le droit d’être vendus en ligne. Aucun médicament nécessitant une prescription ne peut être acheté sur internet en France. Quand un site promet un « Ozempic sans ordonnance » ou vante un « patch GLP-1 », on est déjà en dehors de la légalité. Et surtout, on s’éloigne de tout ce qui garantit normalement la sécurité du patient.

Produits douteux, effets imprévisibles

L’ANSM et l’Agence européenne des médicaments alertent depuis plusieurs mois sur la multiplication de faux traitements imitant les analogues du GLP-1. Derrière les vitrines en ligne, beaucoup de ces produits ne contiennent pas la moindre trace des substances annoncées, et certains renferment même des ingrédients inconnus à des doses potentiellement dangereuses.

Les analyses menées par l’ANSM vont dans le même sens. Des patchs vendus comme des « aGLP-1 » se sont révélés totalement dépourvus de principe actif, ce qui confirme le caractère frauduleux et risqué de ces offres.

Les effets indésirables peuvent aller de réactions allergiques à des troubles digestifs sévères, parfois jusqu’à des complications graves déjà décrites avec ces molécules lorsqu’elles sont mal utilisées. Sans suivi médical, ces risques deviennent encore plus imprévisibles.

La santé publique en jeu

Le problème dépasse largement le simple risque individuel. En vendant ces faux traitements comme de simples produits en ligne, on contourne tout le cadre médical qui doit accompagner leur utilisation. On affaiblit au passage la réglementation qui protège les patients et l’on alimente un marché parallèle complètement hors contrôle. Depuis avril 2025, l’ANSM a d’ailleurs saisi le procureur pour engager des poursuites contre plusieurs sites marchands, signe que la situation est prise très au sérieux.

En réalité, derrière ces promesses de “miracles” accessibles en quelques clics, c’est toute la chaîne de sécurité du médicament qui se retrouve fragilisée. Une filière de santé ne peut pas rivaliser avec un commerce clandestin qui, lui, n’a ni règles ni responsabilité.

Quelques signaux d’alerte

Si un site vous propose un produit « médicament anti-obésité sans ordonnance », c’est suspect. L’ANSM rappelle que ces traitements ne peuvent pas être vendus en ligne lorsqu’ils nécessitent une prescription. 

Aussi, l’usage abusif de logos officiels (ANSM, EMA), prix très bas, pression à l’achat immédiat, absence de mention d’accompagnement médical, sites hébergés à l’étranger ou nom de domaine étrange. Et, les véritables analogues du GLP-1 sont uniquement délivrés en stylos injectables, jamais en patchs ou kits bricolés.

Que faire si vous avez déjà acheté ?

Dans ce cas, n’utilisez pas le produit. Le mieux est de le montrer à un pharmacien ou à un professionnel de santé qui pourra donner un avis éclairé. L’ANSM recommande d’ailleurs de consulter rapidement si des effets indésirables se manifestent.

Il est également utile de signaler le site ou la publicité suspecte sur la plateforme officielle PHAROS, afin que les autorités puissent enquêter et, si nécessaire, engager des actions pour faire retirer ces contenus.

Depuis le printemps 2025, l’ANSM a nettement durci le ton. L’agence a saisi le procureur de la République pour engager des poursuites contre plusieurs sites marchands repérés comme illégaux. Quelques mois plus tard, en novembre, elle annonçait avoir pris des mesures de police sanitaire à l’encontre de sept plateformes qui continuaient de vendre frauduleusement des traitements présentés comme anti-obésité.

Parallèlement, l’ANSM fait analyser en laboratoire certains produits mis en circulation sur internet pour en vérifier la composition, tout en renforçant la surveillance des publicités et des colis importés. Ces contrôles permettent régulièrement d’identifier des articles dangereux ou contrefaits.

Mais, malgré ces actions, le phénomène ne disparaît pas. De nouvelles offres réapparaissent régulièrement en ligne, preuve que le marché reste actif. L’agence assure toutefois poursuivre sa veille et multiplie les interventions pour tenter de freiner cette prolifération.

À SAVOIR 

Selon l’OMS, au moins un médicament sur dix dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires est contrefait ou de qualité insuffisante.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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