Consultations trop chères : les dépassements d’honoraires bientôt mieux encadrés ?

le 23 octobre 2026 à 18h21
Un homme règle des dépassements d’honoraires chez son médecin par paiement sans contact avec son smartphone.
Les médecins doivent informer leurs patients du montant des dépassements d’honoraires avant la consultation et remettre une information écrite lorsque les honoraires atteignent 70 euros. © Magnific
Payer 80 euros une consultation qui devrait en coûter bien moins, une situation que connaissent de nombreux Français. Face à la hausse des dépassements d’honoraires, l’Assurance maladie et les syndicats de médecins spécialistes ont engagé des discussions pour mieux encadrer les tarifs et limiter les frais supportés par les patients.
Sommaire

Chez le dermatologue, le gynécologue ou encore le cardiologue, la facture peut vite grimper. En cause, les dépassements d’honoraires, ces sommes que certains médecins facturent en plus du tarif fixé par l’Assurance maladie. En 2025, ils auraient atteint 4,7 milliards d’euros chez les spécialistes.

Le problème dépasse la simple question du prix. Pour certains patients, ces frais supplémentaires compliquent l’accès aux soins, notamment lorsque les spécialistes pratiquant les tarifs conventionnels sont peu nombreux à proximité. Les négociations engagées doivent permettre de trouver un équilibre entre la rémunération des médecins et le coût des consultations.

Dépassements d’honoraires : pourquoi les patients paient-ils aussi cher ?

En France, tous les médecins ne pratiquent pas les mêmes tarifs. Ceux du secteur 1 appliquent les prix fixés par l’Assurance maladie, tandis que ceux du secteur 2 peuvent facturer davantage, avec des dépassements qui doivent rester raisonnables.

Prenons un exemple. Pour une consultation de spécialiste dont le tarif conventionnel est de 31,50 euros, un médecin qui facture 70 euros applique un dépassement de 38,50 euros. L’Assurance maladie rembourse sur la base du tarif conventionnel, pas sur les 70 euros réellement payés. La complémentaire santé peut couvrir une partie de la différence, selon le contrat souscrit. Sans une bonne couverture, le patient doit régler lui-même le supplément.

Ce que l’Assurance maladie veut changer

Plusieurs pistes sont sur la table pour limiter les factures trop élevées, sans pénaliser les médecins.

  • Davantage de consultations sans supplément, y compris chez les spécialistes qui pratiquent habituellement des dépassements.
  • Des règles revues pour les médecins du secteur 2, notamment concernant leurs conditions d’exercice.
  • Une évolution de l’OPTAM, un dispositif qui encourage les médecins à modérer leurs tarifs en échange d’avantages.
  • Une surveillance renforcée des prix excessifs, avec la création envisagée d’un observatoire chargé de suivre les pratiques tarifaires.

La revalorisation de certains actes médicaux est également prévue dans les discussions, pour mieux rémunérer les praticiens sans nécessairement augmenter les sommes demandées aux patients.

Quand les consultations pourraient-elles coûter moins cher ?

Pour l’instant, aucune baisse des tarifs n’est décidée. L’Assurance maladie prévoit un cycle de concertation dans les prochaines semaines, avec les syndicats de spécialistes et, potentiellement, les représentants des complémentaires santé.

Aucune date d’entrée en vigueur ni aucun nouveau plafond de dépassement n’ont été annoncés. Les patients peuvent toujours consulter les tarifs et le secteur d’exercice des médecins dans l’annuaire santé de l’Assurance maladie avant de prendre rendez-vous.

À SAVOIR 

Un médecin peut pratiquer des dépassements d’honoraires, mais pas avec tous ses patients ! Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS) et de l’aide médicale de l’État (AME) ne peuvent normalement pas se voir facturer de supplément, même lorsqu’ils consultent un spécialiste de secteur 2. Une protection qui s’applique sauf demande particulière du patient, comme une consultation en dehors des horaires habituels.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partagez sur