Des joues soudainement rouges, comme après une gifle, puis des plaques qui s’étendent sur les bras, les cuisses ou les fesses… Chez l’enfant, cette éruption caractéristique peut faire penser à la rougeole ou à la rubéole. Pourtant, elle est souvent provoquée par le parvovirus B19, à l’origine de la « cinquième maladie ».
Cette appellation vient d’une ancienne classification des maladies infantiles accompagnées d’une éruption cutanée : à mesure que les médecins apprenaient à les différencier, ils les ont numérotées. L’érythème infectieux causé par ce virus occupait alors la cinquième place.
Et le plus trompeur, c’est que la contamination a généralement eu lieu plusieurs jours auparavant, au contact d’une personne qui ne présentait encore que les signes banals d’un rhume.
Très fréquent chez les enfants, ce virus se transmet principalement par les gouttelettes respiratoires projetées lorsque l’on tousse, éternue ou parle.
L’infection reste le plus souvent bénigne, mais elle peut provoquer des douleurs articulaires chez l’adulte et nécessiter une vigilance particulière pendant la grossesse ou chez les personnes fragiles.
Comment attrape-t-on le parvovirus B19 ?
Le virus se transmet principalement par les voies respiratoires. Lorsqu’une personne infectée tousse, éternue ou postillonne, elle projette des gouttelettes contenant le virus. La contamination peut aussi avoir lieu par contact direct avec ses mains ou avec un objet souillé par des sécrétions respiratoires.
La durée d’incubation varie de 4 à 21 jours. La personne est surtout contagieuse avant l’apparition de l’éruption cutanée, lorsqu’elle présente des symptômes proches d’un rhume ou d’une grippe. Une fois les taches rouges visibles, elle n’est généralement plus contagieuse. Plus rarement, la transmission du virus se fait par le sang ou de la mère au fœtus pendant la grossesse.
Quels sont les symptômes du parvovirus B19 ?
L’infection peut rester asymptomatique : certaines personnes ne présentent aucun symptôme. Chez l’enfant, les premiers symptômes ressemblent souvent à ceux d’une infection respiratoire : fièvre, fatigue, toux sèche, nez qui coule, douleurs musculaires ou maux de tête.
Sept à dix jours plus tard, une éruption apparaît parfois sur les joues, qui deviennent très rouges comme après une gifle. Des plaques rouges peuvent ensuite gagner les bras, les cuisses ou les fesses.
Cette atteinte cutanée, parfois accompagnée de démangeaisons, forme souvent des motifs semblables à de la dentelle. Elle peut être confondue avec d’autres maladies infantiles éruptives, comme la rougeole ou la rubéole.
Le parvovirus B19 est-il dangereux pour les adultes ?
Chez un adulte en bonne santé, la guérison intervient le plus souvent sans séquelles en une à trois semaines. L’éruption est parfois absente, tandis que les douleurs articulaires sont plus fréquentes. Elles touchent surtout les mains, les poignets et les genoux.
Des complications sévères peuvent toutefois survenir chez les personnes immunodéprimées ou atteintes d’une anémie chronique, notamment d’une drépanocytose ou d’une thalassémie. Une femme enceinte exposée au virus doit consulter un médecin, même sans symptôme.
Une prise de sang peut rechercher les anticorps IgM, signes d’une infection récente, et les IgG, témoins d’une immunité ancienne. Le virus ne provoque pas de malformations, mais une primo-infection peut entraîner une anémie du fœtus et augmenter le risque de fausse couche, surtout pendant les deux premiers trimestres.
Comment soigner l’infection ?
Il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement antiviral spécifique contre le parvovirus B19. Les antibiotiques sont inutiles puisque la maladie est causée par un virus et non par une bactérie. Le repos, une bonne hydratation et, en l’absence de contre-indication, le paracétamol permettent de soulager la fièvre et les douleurs. L’ibuprofène ne doit être utilisé qu’après un avis médical.
Pour limiter la contagion, il faut se laver régulièrement les mains, aérer les pièces et éviter le partager son verre ou ses couverts.
À SAVOIR
À la fin du XIXe siècle, les médecins européens ont classé plusieurs maladies infantiles provoquant des éruptions cutanées afin de mieux les différencier․ Le mégalérythème épidémique est le seul à avoir conservé durablement sa place dans le langage courant sous le nom de « cinquième maladie »․ En 1974, la virologue Yvonne Cossart a découvert par hasard ce virus lors d’une campagne de dépistage à Londres․ Le nom B19 ferait simplement référence à l’emplacement de l’échantillon sur son portoir : rangée B, position 19․




