Un homme se tenant le ventre gonfler, pensant avoir sois un ballonnement sois une aérophalgie
Selon les chiffres de la SNFGE (Société Nationale Française de Gastro-Entérologie) la prévalence des ballonnements chroniques concerne environ 15 % à 30 % de la population adulte. © 8photos/ Freepik

Ventre ballonné après les repas, impression de pression ou gaz désagréables : ces troubles digestifs sont courants, mais souvent mal interprétés. Derrière des symptômes proches se dissimulent en réalité deux phénomènes différents, l’aérophagie et les ballonnements, qui ne mettent pas en jeu les mêmes mécanismes ni les mêmes remèdes. Les connaître, c’est mieux comprendre ce qu’il se passe dans le système digestif… pour mieux les contrer au quotidien.

On confond souvent ballonnements et aérophagie. Cependant, derrière ce ventre gonflé, se cachent des mécanismes différents, qui touchent le circuit digestif.

L’aérophagie correspond à l’ingestion excessive d’air, souvent liée à certaines habitudes alimentaires : manger trop vite, parler en mangeant ou mâcher du chewing-gum de façon répétée.

L’air ingéré passe dans l’oesophage (le conduit qui relie la bouche à l’estomac) et séjourne dans l’estomac. Cela entraîne une distension abdominale (le ventre gonfle sous l’effet des gaz). 

Le système nerveux joue un rôle important : le stress peut perturber la mastication (le broyage des aliments par les dents) et favoriser l’ingestion d’air. Cela entraîne principalement des éructations (les rots) et une sensation de pression abdominale.

Les ballonnements sont dus à la production de gaz dans l’intestin lui-même. Quand certains glucides (sucres) ou fibres alimentaires atteignent le côlon (gros intestin), ils sont fermentés par les bactéries intestinales. Cette fermentation entraîne une production de gaz (hydrogène, méthane) qui gonfle le ventre.

Plusieurs éléments viennent renforcer ce phénomène.

Le transit intestinal est en situation de constipation, c’est-à-dire un ralentissement de l’évacuation des selles, favorise la stagnation des matières dans l’intestin et la production de gaz.

À l’inverse, des diarrhées peuvent être le signe d’une mauvaise absorption des nutriments. Les intolérances : Une intolérance au lactose (sucre du lait) ou au fructose (sucre des fruits) peut provoquer des douleurs abdominales intenses.

La maladie de Crohn : dans le syndrome de l’intestin irritable (colopathie fonctionnelle, hypersensibilité du système digestif), le patient a des spasmes et un ventre souvent ballonné.

Signes d’aérophagie : le ballonnement est haut, au niveau de l’estomac. Il se produit généralement au cours du repas et s’accompagne de gaz dans l’estomac expulsés par la bouche. En langage familier : on rote.

Signes de ballonnements : la douleur est plus basse dans l’abdomen. Elle s’accompagne de flatulences (gaz intestinaux) et de gargouillis (bruits causés par le déplacement des gaz et des liquides). En langage familier : on pète.

Si les douleurs abdominales s’accompagnent de vomissements, de nausées persistantes, de sang ou de perte de poids, une consultation chez un gastro-entérologue (médecin spécialiste des maladies digestives) est nécessaire.

Il pourra éliminer la probabilité que ça soit une maladie de Crohn (une inflammation chronique de l’intestin) ou un ulcère.

Pour retrouver un ventre plat, certains remèdes naturels peuvent aider :

Tisanes et infusions : le fenouil, la menthe poivrée, le gingembre ou le cumin sont réputés pour favoriser la digestion et apaiser les spasmes.

Charbon végétal activé : en gélules, il absorbe l’excès de gaz dans les intestins.

Alimentation : évitez les repas trop gras ou trop lourds, limitez les légumineuses (lentilles, pois chiches) ou les crudités si vous y êtes sensible.

Exercice : marcher après le repas favorise le péristaltisme (contractions de l’intestin) pour expulser les gaz.

Indigestion, dyspepsie (digestion difficile) ou reflux, écoutez votre corps. En ajustant vos habitudes et en intégrant des antispasmodiques naturels, vous pouvez soulager durablement ces désagréments et retrouver une légèreté digestive.

À SAVOIR

D’après la SNFGE (Société Nationale Française de Gastro-Entérologie), le volume de gaz n’est pas toujours la cause d’un ventre gonflé. Chez les patients atteints de colopathie fonctionnelle, le système nerveux perçoit une formation de gaz banale comme un signal de douleur aiguë. C’est donc une hypersensibilité de la muqueuse (la paroi interne de l’intestin) qui peut créer cette sensation de ventre gonflé, plutôt qu’un réel surplus d’air.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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