Pourquoi mes vertèbres craquent
Contrairement aux idées reçues, le craquement des vertèbres n'est pas lié au frottement de deux os. ©Freepik

Pourquoi mes vertèbres craquent ? Une question qui revient souvent lorsqu’on entend ou ressent ces petits “cracs” au niveau du dos, du cou ou des lombaires. Ce phénomène physiologique, dans la plupart des cas, est bénin, mais véhicule bien des idées reçues. Explications.

Entendre ou ressentir que « ma colonne vertébrale craque » est un phénomène fréquent. Il se produit au réveil, en se penchant, en tournant le cou, après une séance de sport ou simplement lorsqu’on réalise un étirement.

Beaucoup se demandent : est-ce normal ? Est-ce dangereux ? Dois-je consulter ? En réalité, ce « craquement » a différentes causes – musculaires, articulaires, posturales, dégénératives – mais certains signes doivent alerter.

Le bruit n’est pas un « os qui craque »

D’abord, tuons un mythe : ce ne sont pas les os des vertèbres qui craquent les uns contre les autres au sens littéral d’un frottement os-os.

L’articulation entre les vertèbres (notamment les facettes articulaires postérieures) est entourée d’une capsule articulaire. Elle contient du liquide synovial, et le phénomène sonore – certes désagréable – est souvent dû à un phénomène de cavitation. Explications.

Le phénomène de cavitation

Quand une articulation est sollicitée (étirement, torsion, mouvement rapide), la pression dans la capsule articulaire peut diminuer, ce qui provoque la formation d’une bulle de gaz dans le liquide synovial. Cette bulle s’effondre ou éclate, produisant le fameux « crac ». C’est ce qu’on appelle le phénomène de cavitation.
  
Ainsi, le bruit entendu témoigne d’un changement rapide de pression et de la libération d’un gaz, et non d’un choc osseux. Ouf… 
En réalité, ce phénomène est considéré comme « normal » lorsqu’il survient sans douleur et de façon occasionnelle.

Il existe plusieurs mécanismes pouvant expliquer ce craquement au niveau de la colonne vertébrale. Ce ne sont pas toujours des pathologies graves, mais c’est un signe qu’il convient d’analyser.

Mobilité et compensation articulaire

Lorsque certaines vertèbres ou segments rachidiens sont hypomobiles (c’est-à-dire bougent peu), les segments adjacents peuvent devenir hyper­mobiles pour compenser. Or, ces derniers peuvent craquer davantage. En d’autres termes, des craquements fréquents peuvent être un signe d’instabilité segmentaire : certaines vertèbres bougent trop, alors que d’autres restent figées.  

Tensions musculaires, ligaments et tendons

Autre cas de figure, les muscles paravertébraux, les petits ligaments et tendons peuvent subir des tensions ou frottements, surtout en cas de posture prolongée, de mauvaise ergonomie, ou de pratique sportive intensive. Ce micro-mouvement peut générer un bruit comme un claquement ou un craquement.
  
Par exemple, après être resté longtemps assis ou penché, certains ressentent une sensation de « lâcher » lorsqu’ils redressent le dos.

Usure articulaire et dégénérescence discale

Le poids des ans a aussi son influence sur votre colonne vertébrale. Avec l’âge ou sous l’effet de contraintes répétées, les disques intervertébraux se dessèchent, les articulations facettaires s’usent et peuvent devenir instables. Les modifications d’amplitude de mouvement peuvent alors favoriser le craquement.  

Par exemple, l’arthrose vertébrale (cervicales ou lombaires) peut modifier la mécanique de la colonne, et des segments peuvent « craquer » davantage lors du déplacement.  

Étirement ou manipulation soudaine

Enfin, lors de mouvements d’étirement particuliers, ou lors de manipulations (par exemple chez un chiropracteur ou un ostéopathe), le praticien va solliciter la colonne dans des amplitudes inhabituelles. Ces techniques peuvent générer des craquements.  

Mais attention, autre idée reçue à oublier : chez votre ostéo ou votre chiro, l’objectif n’est pas que cela « craque » absolument pour que ce soit efficace. De nombreuses études ont d’ailleurs démontré que l’effet thérapeutique n’était pas conditionné à un bruit audible. freepik

Des craquements sans douleur généralement bénins

Si vos vertèbres « craquent » mais sans douleur, sans gêne, sans blocage ou raideur persistante, alors il s’agit très souvent d’un phénomène physiologique sans gravité. Le liquide synovial, la mécanique articulaire fonctionnent, et le “crac” est simplement un bruit.
Comme le rappelle un ostéopathe : « lorsque le bruit de craquement n’est pas accompagné d’autres symptômes … il n’y a pas à s’en inquiéter ».  

Signaux d’alerte : quand consulter ?

Il faut en revanche porter attention et consulter un médecin, un kinésithérapeute ou un ostéopathe si :

  • le craquement s’accompagne de douleurs régulières (cervicales, dorsales, lombaires) ;
  • d’une raideur persistante ou d’une perte d’amplitude de mouvement ;
  • de fourmillements, d’une faiblesse ou d’engourdissement dans les bras ou jambes ;
  • d’un craquement récurrent sur un même endroit, surtout après un traumatisme ou en cas d’usure.
    Des automanipulations trop fréquentes peut aussi créer une usure de cartilage ou des lésions ligamentaires.  
    Quant à la douleur lombaire, elle peut résulter d’une lésion discale, d’une arthrose ou d’une compression nerveuse.  

Faire craquer « volontairement » son dos : attention

Chercher à provoquer le craquement de façon répétée peut avoir de fâcheuses conséquences. Certains praticiens déconseillent de systématiquement forcer ce bruit : cela peut favoriser une hyper-laxité de certains segments, et une instabilité à long terme.  
De même, réaliser des exercices dans le seul but de se faire craquer le dos ou le cou n’est pas recommandé. 

Adopter de bonnes postures

Comme beaucoup de phénomènes du rachis, les craquements sont plus fréquents en situation de posture prolongée ou inadéquate : assis longtemps, le dos voûté, le cou penché, etc. Il est donc recommandé :

  • de faire des pauses régulièrement (toutes les 30 à 60 minutes) lorsque vous travaillez assis ;
  • de veiller à avoir un dossier et une hauteur d’écran adaptés, une chaise ergonomique si possible ;
  • d’éviter de rester immobile longtemps dans une seule position, et de bouger ou s’étirer régulièrement.
    Une bonne posture réduit les contraintes musculaires et ligamentaires et donc l’envie que la colonne « craque ».

Renforcer les muscles du tronc et du dos

Le soutien de la colonne passe par les muscles “centrés” : les muscles paravertébraux, abdominaux, fessiers. Ce sont ces muscles qui permettent de stabiliser la colonne.  

Des exercices de renforcement, de gainage ou de renforcement postural (avec un kinésithérapeute) peuvent réduire l’instabilité vertébrale, diminuer la mobilité excessive d’un segment et donc limiter les craquements liés à compenser.

Bouger et s’étirer avec modération

Un étirement doux de la colonne ou une pratique modérée (yoga, Pilates, natation) peut aider à lubrifier les articulations, relâcher les tensions musculaires.

Préférez les mouvements fluides et contrôlés, et si vous sentez une tension ou un blocage, n’hésitez pas à consultez un spécialiste afin de trouver l’origine du mal et adopter les bonnes pratiques.

Consulter un professionnel en cas de doute

C’est notamment la cas si les craquements s’accompagnent de douleurs ou gênes persistantes. Dans ce cas, une consultation peut permettre :

  • d’éliminer une pathologie grave (her­nie discale, sténose, arthrose avancée) ;
  • d’évaluer l’instabilité segmentaire ou une hyper­mobilité locale ;
  • de proposer un traitement adapté (kiné, ostéo, manipulations ciblées).
    Dans tous les cas, les manipulations vertébrales doivent être effectués par des professionnels formés et dans des conditions médicales adéquates.  

A SAVOIR

Notre colonne vertébrale se compose de trois parties distinctes. La colonne cervicale (C1 à C7), la colonne thoracique (T1 à T12) et la colonne lombaire (L1 à L5). Toutes ces vertèbres, qui entourent et protègent la molle épinière, sont séparées par un disque intervertébral. Les vertèbres cervicales et lombaires sont les plus sujettes aux “craquements” en raison de leur sollicitation régulière.

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Figure du monde de la santé en Auvergne-Rhône-Alpes, il traite de vos pathologies sur les ondes comme sur le web.

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