Le golf est conseillé pour soigner son cœur, son endurance et sa concentration. Pourtant, derrière ces bienfaits se cachent de nombreuses contraintes physiques. Le geste du swing, en particulier, sollicite intensément les muscles, les tendons et les articulations. De ce fait, les pathologies du golfeur sont bien réelles, parfois invalidantes. Tendinites, lombalgies, troubles articulaires… Petit panorama des bobos du golfeur.
Contrairement aux idées reçues, le golf n’est pas sans risque pour l’appareil musculo-squelettique. Si les chocs directs sont rares, les contraintes mécaniques sont bien présentes. Chaque swing, geste signature du golfeur, mobilise une grande chaîne musculaire et articulaire, allant des chevilles aux poignets, en passant par les hanches, la colonne vertébrale et les épaules.
Ce mouvement asymétrique, répété des dizaines voire des centaines de fois lors d’une séance d’entraînement ou d’un parcours de 18 trous, peut entraîner des troubles liés à la sursollicitation de certains groupes musculaires. Ainsi, l’étude menée par la Fédération française de golf (ffgolf) auprès de ses licenciés révèle que près de 50 % des joueurs souffrent de douleurs musculo-tendineuses au moins une fois par an, souvent en lien avec la technique, le matériel ou une préparation physique insuffisante.
Les pathologies les plus fréquentes chez le golfeur
Tendinites et douleurs articulaires : des affections dominantes
Parmi les pathologies du golfeur, les tendinopathies sont les plus récurrentes. Elles sont favorisées par la répétition du swing et le stress mécanique imposé aux tendons.
L’épicondylite latérale, communément appelée « tennis elbow », ne touche pas que les adeptes du service-volée. Elle est aussi très répandue chez les golfeurs. L’inflammation se situe à l’insertion des tendons extenseurs du poignet sur l’épicondyle latéral de l’humérus. Cette affection se traduit par une douleur au niveau du coude, irradiant parfois vers l’avant-bras. Son pendant, plus spécifique au golf, est l’épitrochléite médiale ou « golf elbow », qui touche l’intérieur du coude, au niveau de l’épitrochlée.
Les tendinites du poignet, notamment du fléchisseur radial du carpe, sont également fréquentes, en particulier lors de gestes mal maîtrisés ou d’un grip trop ferme.
Enfin, les tendinopathies de la coiffe des rotateurs (ensemble de tendons stabilisant l’épaule) sont très présentes chez les golfeurs réguliers. Elles résultent souvent d’un mauvais équilibre musculaire entre les muscles antérieurs et postérieurs de l’épaule, combiné à un geste technique mal ajusté.
Lombalgies et douleurs dorsales : la colonne vertébrale trinque !
Le dos est l’un des points faibles les plus fréquents chez le golfeur. En effet, le swing crée une torsion complexe de la colonne vertébrale, avec une rotation intense et souvent brusque du tronc. Cela peut entraîner des lombalgies chroniques, des tensions musculaires voire, à terme, des atteintes discales, comme une hernie discale.
Selon une enquête menée par l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP), près de 30 % des golfeurs professionnels déclarent des douleurs lombaires fréquentes, souvent exacerbées par une mauvaise posture ou un manque d’échauffement.
Genou et hanche : les victimes collatérales du swing
Les articulations inférieures sont également concernées, notamment chez les joueurs plus âgés. La rotation du genou en pivot lors du downswing (phase descendante du mouvement) peut provoquer des douleurs méniscales ou ligamentaires.
Par ailleurs, chez certains golfeurs, la répétition du mouvement peut accélérer l’apparition d’une arthrose du genou ou de la hanche, particulièrement si la morphologie du golfeur n’est pas adaptée à l’intensité de la pratique.
Des pathologies aux multiples causes
Une technique imparfaite
Le golf est un sport de précision. Mais une technique mal maîtrisée peut vite devenir source de blessure. Un mauvais alignement corporel, une posture déséquilibrée ou un geste trop forcé engendrent des compensations musculaires qui finissent par surcharger certaines structures anatomiques.
Les débutants, en particulier, sont souvent exposés à ces erreurs. Le manque de coaching ou l’apprentissage en autodidacte multiplie le risque de blessure, surtout en l’absence d’échauffement.
Le matériel, un facteur non négligeable
Un club mal adapté à la morphologie du joueur – trop lourd, manche trop rigide ou grip inapproprié – peut modifier le geste naturel et solliciter anormalement certaines articulations. Des études menées par des kinésithérapeutes du sport (source : IFMK Paris) montrent que l’ajustement du matériel peut réduire jusqu’à 40 % le stress mécanique sur les poignets et le dos.
Une préparation physique insuffisante
Le golf, sport de finesse, demande également une condition physique minimale. Une musculature déséquilibrée, un manque de gainage ou une mauvaise souplesse favorisent les blessures. C’est souvent le cas chez les joueurs sédentaires ou âgés, qui reprennent l’activité sans préparation spécifique.
Prévenir les pathologies du golfeur
L’importance d’un échauffement structuré
Comme dans toute activité physique, l’échauffement est essentiel. Il doit être adapté à la gestuelle spécifique du golf : rotation du tronc, mobilisation des épaules, activation des poignets et genoux. Une dizaine de minutes d’exercices dynamiques avant chaque partie peut suffire à prévenir bon nombre de blessures.
Les bons conseils du professionnel
Travailler avec un coach ou un pro du golf permet non seulement d’améliorer sa précision mais aussi de corriger les mauvaises postures. Un simple défaut de placement peut engendrer des microtraumatismes répétés. Le recours ponctuel à une analyse vidéo du swing est d’ailleurs recommandé pour les joueurs réguliers.
Le renforcement musculaire ciblé
Un programme adapté de renforcement musculaire peut réduire le risque de blessure. Il doit cibler en priorité :
- le gainage abdominal et lombaire, pour stabiliser la colonne ;
- les muscles de la ceinture scapulaire, pour soutenir les épaules ;
- les muscles des avant-bras et poignets, pour absorber les vibrations du club.
La kinésithérapie préventive, tout comme le Pilates ou le yoga, est souvent utilisée par les golfeurs professionnels pour entretenir souplesse et posture.
Quand consulter un spécialiste ?
Toute douleur persistante ou inhabituelle après une partie de golf doit alerter. Une consultation auprès d’un médecin du sport, d’un kinésithérapeute spécialisé ou d’un ostéopathe formé aux gestes sportifs peut permettre de poser un diagnostic précis et d’adapter la prise en charge. Les traitements vont de la simple mise au repos à la rééducation fonctionnelle, en passant parfois par des infiltrations ou un traitement anti-inflammatoire.
La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande une prise en charge précoce des tendinopathies afin d’éviter la chronicisation, avec une période de repos relative, un travail de renforcement et, si besoin, une adaptation du geste technique.
Alors, un bon conseil : apprenez à écouter son corps et adaptez votre swing à votre morphologie en n’hésitant à prendre conseil auprès d’un pro. Enfin, consultez un praticien dès les premiers signes et les premières douleurs sous peine de gâcher la suite de votre saison sur les greens….
À SAVOIR
Trop de joueurs amateurs arrivent en courant au tee de départ en oubliant de s’échauffer. Or, l’échauffement avant une partie est essentiel pour limiter les risques de blessures et autres lésions articulaires ou musculaires. Sur son site, la Fédération française de golf conseille un échauffement de cinq minutes à base de mouvements simples expliqués par Philippe Vignon, kiné des équipes de France.








