Une persоnne avec peu d'appétit devant une assiette presque vide, illustrant la diminutiоn de l'appétit liée aux fоrtes chaleurs.
Lоrsque la température est élevée, l'appétit peut diminuer même chez un adulte en bоnne santé : le cоrps limite naturellement les repas cоpieux afin de réduire la chaleur générée par la digestiоn․ ©Freepik / Magnific

Lоrs des périоdes de fоrtes chaleurs, il est cоurant de ressentir une diminutiоn de l’appétit par rappоrt à la nоrmale․ Beaucоup de persоnnes sautent un repas, grignоtent davantage оu chоisissent instinctivement des aliments plus légers, sans tоujоurs cоmprendre pоurquоi leur faim diminue․ Ce phénоmène cоrrespоnd pоurtant à une réactiоn naturelle du cоrps face à la chaleur․ Pоurquоi mange-t-оn mоins quand il fait très chaud ? Quel est le rôle de la digestiоn et des hоrmоnes dans cette baisse d’appétit ? Quels aliments privilégier pоur cоntinuer à répоndre à ses besоins sans surcharger l’оrganisme ? Explicatiоns․

Lorsque les températures augmentent, l’organisme active plusieurs mécanismes pour maintenir sa température entre 36°C et 37 °C. Cette régulation est assurée par l’hypothalamus, une région du cerveau qui contrôle à la fois la température corporelle, la sensation de soif et l’appétit.

En période de fortes chaleurs, l’hypothalamus diminue la production de ghréline, l’hormone de la faim, tout en renforçant les signaux de satiété. Cette adaptation, appelée anorexie thermique, permet de limiter les prises alimentaires afin de réduire la chaleur produite par la digestion. La durée d’ensoleillement sur la journée et l’augmentation de la luminosité participent également à cette baisse saisonnière de l’appétit.

Si ce phénomène est généralement normal et temporaire, il peut devenir préoccupant chez les personnes les plus fragiles. En France, près de 2 millions de personnes souffrent de dénutrition. Chez les plus de 70 ans vivant à domicile, 4 à 10 % sont concernés, tandis que la moitié des personnes âgées hospitalisées sont dénutries.

Une baisse des apports alimentaires peut favoriser la perte musculaire, des infections, des chutes, un retard de cicatrisation de la peau et un affaiblissement des défenses immunitaires. Une perte d’appétit pendant une période de chaleur justifie donc une vigilance particulière, surtout chez les personnes vulnérables.

La digestion n’est pas un processus passif. Digérer, absorber et métaboliser les aliments nécessite de l’énergie et génère de la chaleur. Ce phénomène, appelé effet thermique des aliments (ETA) ou thermogenèse alimentaire, représente en moyenne 10 % de la dépense énergétique quotidienne, même si son intensité varie selon les nutriments consommés.

Les protéines sont celles qui demandent le plus d’énergie à être assimilées : 20 à 30 % de leur apport énergétique est utilisé pour leur digestion. Les glucides présentent un effet thermique intermédiaire, compris entre 5 et 10 %, tandis que les lipides n’en produisent que 0 à 3 %. En revanche, ces derniers ralentissent la vidange de l’estomac, ce qui peut accentuer la sensation de lourdeur après un repas copieux.

Pendant une canicule, l’organisme doit également envoyer davantage de sang vers la peau afin d’évacuer la chaleur par la transpiration. Or, la digestion nécessite elle aussi une augmentation du débit sanguin au niveau du tube digestif. Cette concurrence entre refroidissement et digestion explique pourquoi les repas abondants favorisent souvent la fatigue, la somnolence et l’inconfort digestif lorsqu’il fait très chaud.

Enfin, lorsque les températures sont élevées, le corps dépense moins d’énergie pour maintenir sa température interne qu’en hiver. Cette diminution des besoins énergétiques participe également à la baisse physiologique de l’appétit.

La diminution de l’appétit pendant une canicule est généralement normale. Plutôt que de se forcer à manger de grandes quantités, il est préférable de fractionner les repas tout au long de la journée afin de couvrir les besoins nutritionnels sans surcharger la digestion.

Les aliments riches en eau, comme la pastèque, le melon, le concombre, la tomate ou les salades, participent à l’hydratation tout en apportant des vitamines et des minéraux. Les yaourts et le fromage blanc, composés d’environ 80 % d’eau, constituent également une source intéressante de protéines lorsque la chaleur réduit l’appétit.

L’hydratation reste toutefois la priorité. Il est recommandé de boire régulièrement sans attendre la sensation de soif, qui apparaît souvent lorsque la déshydratation est déjà installée. À l’inverse, l’alcool favorise les pertes hydriques et perturbe les mécanismes de régulation de la température corporelle.

Avec l’évolution de l’âge, les sensations de faim et de soif diminuent progressivement. Les personnes âgées peuvent ainsi réduire spontanément leurs apports alimentaires et hydriques sans percevoir les premiers signes de déshydratation.

Cette diminution des mécanismes d’alerte augmente le risque de dénutrition, de déshydratation et de coup de chaleur pendant les épisodes caniculaires. Une surveillance attentive de l’entourage est donc essentielle afin d’encourager des apports réguliers en eau et une alimentation adaptée.

Une baisse de l’appétit qui apparaît pendant un épisode de fortes chaleurs est généralement transitoire et disparaît avec le retour de températures plus modérées.

En revanche, une perte de poids rapide, des vomissements empêchant toute hydratation, une confusion, des vertiges, des maux de tête importants ou une peau chaude et sèche qui ne transpire plus doivent conduire à consulter rapidement. Ces symptômes peuvent traduire une déshydratation sévère ou un coup de chaleur, une urgence médicale nécessitant une prise en charge immédiate.

À SAVOIR

En 1902, le physiоlоgiste allemand Max Rubner a avancé que la digestiоn génère de la chaleur, un phénоmène qu’il a nоmmé actiоn dynamique spécifique․ Il aurait expliqué que le fait de digérer un repas accrоît la prоductiоn de chaleur par le cоrps․ Lоrs des périоdes de canicule, le cerveau diminue naturellement la sensatiоn de faim afin de limiter cette dépense thermique․ Ce mécanisme de régulatiоn nоrmal vise à prévenir une élévatiоn excessive de la température cоrpоrelle․

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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