Le nez se bouche, la gorge gratte et les éternuements s’enchaînent alors que la température dépasse largement les 25 °C. Contrairement à une idée largement répandue, le rhume n’est pas une maladie exclusivement hivernale. Cette infection virale des voies respiratoires peut tout aussi bien survenir en juin, en juillet ou en août.
Les températures élevées ne font pas disparaître les virus responsables du rhume. Les habitudes estivales, les déplacements, les lieux très fréquentés ou encore les endroits climatisés favorisent les contacts entre les personnes et le virus.
Pourquoi le rhume peut-il aussi s’attraper en été ?
Le rhume est une infection virale qui touche principalement les fosses nasales et le pharynx. Plus de 200 virus respiratoires peuvent en être responsables, même si les rhinovirus restent les plus fréquemment impliqués. Contrairement aux virus de la grippe, ils continuent de circuler pendant l’été.
La chaleur ne suffit donc pas à empêcher leur transmission. Comme en hiver, l’infection survient lorsqu’une personne est exposée à un virus respiratoire. Celui-ci se transmet principalement par les gouttelettes émises lors de la toux, des éternuements ou d’une conversation, mais aussi par les mains et les objets contaminés.
En été, les transports, les aéroports, les festivals et les sites touristiques très fréquentés multiplient les contacts rapprochés et peuvent ainsi favoriser la circulation des virus.
Quel est le véritable rôle de la climatisation ?
La climatisation peut favoriser l’apparition de certains symptômes, mais elle ne provoque pas directement une infection, puisqu’elle ne crée ni virus ni bactérie.
En revanche, l’air froid et sec peut assécher les muqueuses nasales et réduire temporairement leur capacité à éliminer les particules inhalées. Les voies respiratoires deviennent alors plus vulnérables aux irritations.
Le principal facteur de transmission reste toutefois la promiscuité dans les espaces clos, où plusieurs personnes respirent le même air pendant une période prolongée.
Bureaux, voitures, chambres d’hôtel ou avions peuvent ainsi favoriser la circulation des virus lorsqu’une personne contagieuse est présente.
Comment reconnaître un rhume en été ?
Les symptômes du rhume estival sont les mêmes que ceux observés en hiver. L’infection débute généralement par une fatigue modérée, une irritation de la gorge et des éternuements. Le nez se bouche ensuite, avant l’apparition d’un écoulement nasal clair, qui peut devenir progressivement plus épais au fil des jours.
Les sécrétions peuvent également prendre une teinte jaune ou verte. Ce changement correspond le plus souvent à l’évolution normale de l’infection et ne suffit pas, à lui seul, à indiquer une surinfection bactérienne. Il ne justifie donc pas la prescription systématique d’antibiotiques.
Chez certaines personnes, le rhume peut aussi s’accompagner d’une toux légère, de maux de tête ou d’une fièvre modérée.
Comment différencier un rhume d’une allergie ?
En été, un nez qui coule n’est pas nécessairement le signe d’une infection virale. Les pollens présents dans l’air peuvent provoquer une rhinite allergique, dont les symptômes ressemblent parfois à ceux du rhume.
La rhinite allergique se caractérise principalement par des éternuements répétés, un écoulement nasal très liquide, des démangeaisons au niveau du nez ainsi que des yeux rouges et irrités. Contrairement au rhume, elle ne provoque pas de fièvre et n’est pas contagieuse.
La grippe peut également débuter par une congestion nasale ou un mal de gorge. Ces infections s’accompagnent toutefois plus fréquemment de fièvre, de courbatures marquées, d’une fatigue importante ou d’une toux plus intense.
En cas de doute, notamment chez les personnes fragiles, un test de dépistage ou un avis médical peut être recommandé.
Quels traitements permettent de soulager un rhume ?
Aucun traitement ne permet de faire disparaître un rhume en quelques heures. Dans la majorité des cas, l’infection guérit spontanément. Les soins visent donc avant tout à soulager les symptômes, le temps que le système immunitaire élimine le virus.
Les lavages de nez au sérum physiologique ou à l’eau de mer figurent parmi les mesures les plus utiles pour dégager les fosses nasales et faciliter l’évacuation des sécrétions. Une hydratation suffisante, du repos et, lorsque l’état général le permet, une activité physique modérée peuvent également accompagner la récupération.
En cas de douleurs ou de fièvre, le paracétamol peut être utilisé, à condition de respecter les doses recommandées.
Les antibiotiques sont en revanche inutiles puisqu’ils n’agissent pas contre les virus. Quant aux médicaments décongestionnants contenant de la pseudoéphédrine, leur utilisation est désormais très encadrée en France en raison d’effets indésirables rares mais potentiellement graves. Les huiles essentielles, la vitamine C ou d’autres remèdes dits naturels peuvent procurer une sensation de confort chez certaines personnes, mais aucun n’a démontré qu’il réduisait la durée du rhume.
Comment évolue un rhume et quand faut-il consulter ?
Les symptômes atteignent généralement leur intensité maximale au cours des deux ou trois premiers jours, avant de s’atténuer progressivement. Chez l’adulte, un rhume dure le plus souvent entre sept et dix jours, même si la congestion nasale ou la toux peuvent parfois persister plus longtemps.
Pendant cette période, quelques gestes simples permettent de limiter la transmission du virus : se laver régulièrement les mains, aérer les pièces et porter un masque à proximité des personnes fragiles lorsque les symptômes sont importants.
Une consultation médicale est recommandée en cas de fièvre élevée ou persistante, de difficultés à respirer ou à avaler, de maux de tête intenses ou de fortes douleurs à l’oreille. Une douleur marquée d’un seul côté du visage, associée à un écoulement nasal unilatéral, doit également conduire à demander un avis médical, car elle peut évoquer une complication telle qu’une sinusite.
À SAVOIR
En octobre 1969, la mission Apollo 7 serait devenue la première mission habitée du programme Apollo après l’incendie d’Apollo 1. Peu après le décollage, le commandant Wally Schirra aurait développé un rhume contracté avant le départ, qu’il aurait transmis aux deux autres astronautes, rendant la congestion nasale particulièrement pénible en apesanteur. Les difficultés liées à cette infection auraient alimenté des tensions avec le centre de contrôle, jusqu’au refus de l’équipage de porter son casque lors de la rentrée atmosphérique. Cet épisode aurait ensuite conduit la NASA à renforcer les mesures de quarantaine et de surveillance médicale avant les missions habitées afin de réduire le risque d’infections respiratoires.




