Un passager du MV Hondius retrouve ses proches après plusieurs semaines de quarantaine.
L’épisode d’hantavirus à bord du MV Hondius touche à sa fin avec la levée de la quarantaine pour la majorité des voyageurs. © Magnific

Le 19 juin 2026, la quasi-totalité des passagers et membres d’équipage du navire d’expédition polaire MV Hondius ont vu leur quarantaine levée après plusieurs cas d’infection au virus Andes, une forme rare d’hantavirus. Si l’épisode sanitaire semble désormais sous contrôle, il rappelle que certaines zoonoses peuvent encore surprendre les autorités de santé.

Le jeudi 19 juin 2026, les autorités sanitaires ont annoncé la levée de la quarantaine pour la quasi-totalité des passagers et membres d’équipage du navire d’expédition polaire MV Hondius, affrété par la compagnie Oceanwide Expeditions. Cette mesure exceptionnelle avait été mise en place après l’identification de plusieurs cas d’infection au virus Andes, une forme rare d’hantavirus, parmi des voyageurs ayant participé à une croisière entre l’Antarctique et l’extrême sud de l’Argentine et du Chili.

Selon les autorités sanitaires internationales, treize cas confirmés ou probables ont été recensés, dont trois décès. L’enquête épidémiologique privilégie l’hypothèse d’une contamination initiale lors d’une excursion terrestre dans le sud du Chili, où le virus circule naturellement chez certains rongeurs sauvages.

En raison de la capacité exceptionnelle du virus Andes à se transmettre, dans de rares cas, d’une personne à l’autre, plus de 600 contacts répartis dans une trentaine de pays ont fait l’objet d’un suivi sanitaire pendant 42 jours, soit la durée maximale d’incubation connue de la maladie. Si la majorité des voyageurs n’ont développé aucun symptôme, cet épisode a mobilisé les autorités de santé du monde entier et mis en lumière les défis posés par les zoonoses émergentes à l’ère des voyages internationaux.

Les hantavirus constituent une famille de virus naturellement hébergés par certains rongeurs sauvages. La contamination humaine survient généralement de manière accidentelle, après l’inhalation de particules contaminées par des urines, des excréments ou de la salive de rongeurs infectés. Selon l’Agence nationale de recherche sur le sida, les hépatites virales et les maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE), ces infections surviennent le plus souvent dans des zones rurales, agricoles ou forestières.

En Europe, les hantavirus provoquent principalement des atteintes rénales. Sur le continent américain, certaines souches peuvent entraîner un syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus, une forme sévère associée à une détresse respiratoire aiguë. Le virus Andes, présent principalement au Chili et en Argentine, appartient à cette catégorie. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il s’agit du seul hantavirus dont la transmission entre humains a été clairement démontrée.

Contrairement à des virus respiratoires comme le SARS-CoV-2 ou la grippe, le virus Andes ne se transmet pas facilement. L’OMS, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) indiquent que les transmissions documentées surviennent essentiellement lors de contacts étroits et prolongés, notamment au sein d’un même foyer ou entre partenaires. Le risque pour la population générale reste donc considéré comme faible.

La durée de la quarantaine s’explique par la période d’incubation du virus, qui peut atteindre six semaines. Selon l’OMS, les symptômes apparaissent généralement entre une et six semaines après l’exposition. Les autorités sanitaires ont ainsi retenu une période maximale de surveillance de 42 jours après le dernier contact à risque. Pendant cette période, les passagers concernés ont fait l’objet d’un suivi médical régulier afin de détecter rapidement l’apparition de symptômes.

Les investigations épidémiologiques se poursuivent afin de déterminer avec précision la chaîne de transmission. L’hypothèse privilégiée est celle d’une contamination initiale lors d’une excursion terrestre au Chili, où le virus Andes circule naturellement chez certains rongeurs sauvages. Des contaminations secondaires entre passagers ne sont toutefois pas exclues.

Le navire lui-même n’est pas considéré comme la source initiale de l’épidémie. Selon les autorités sanitaires, plus de 600 contacts répartis dans une trentaine de pays ont été identifiés et suivis, illustrant la complexité de la gestion d’un tel événement dans un contexte de mobilité internationale.

Les premiers signes d’une infection par le virus Andes ressemblent souvent à ceux d’une grippe. Les personnes infectées peuvent présenter :

  • une forte fièvre ;
  • des douleurs musculaires ;
  • des maux de tête ;
  • une fatigue intense ;
  • des nausées ou des douleurs abdominales.

Dans certains cas, l’état de santé peut se dégrader rapidement avec l’apparition de difficultés respiratoires sévères nécessitant une prise en charge en réanimation. Selon l’ANRS, il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement antiviral spécifique contre le virus Andes. La prise en charge repose principalement sur des soins de soutien, qui améliorent les chances de survie lorsqu’ils sont instaurés précocement.

Selon l’OMS, plus de 60 % des maladies infectieuses émergentes sont d’origine animale. Déforestation, changements climatiques, modification des écosystèmes, intensification des échanges internationaux et multiplication des voyages favorisent les contacts entre l’humain, la faune sauvage et les agents infectieux. Face à ces risques croissants, le Sénat s’est récemment emparé du sujet à travers les travaux de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), qui a consacré plusieurs auditions aux hantavirus et, plus largement, aux enseignements à tirer des zoonoses émergentes.

L’enjeu est désormais d’améliorer la détection précoce de ces infections, de renforcer les systèmes de surveillance et de développer l’approche dite « Une seule santé » (« One Health »), qui repose sur une coopération étroite entre les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale.

À SAVOIR 

Les hantavirus ont la particularité de pouvoir rester infectieux plusieurs jours dans l’environnement, surtout dans les endroits frais, humides et peu ensoleillés, où les poussières contaminées par des excréments ou des urines de rongeurs peuvent favoriser leur transmission. 

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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