Encore du changement pour les futurs médecins ! Six ans après la disparition de la première année commune aux études de santé (PACES), le gouvernement veut déjà revoir sa copie. Cette fois, ce sont les parcours PASS et L.AS, créés en 2020, qui doivent disparaître au profit d’une première année unique.
Présentée officiellement le 17 avril 2026, cette réforme concerne près de 40 000 futurs étudiants en santé. Mais à quelques semaines de l’ouverture des inscriptions sur Parcoursup, les responsables des facultés estiment que les conditions ne sont pas réunies pour l’appliquer sereinement dès septembre 2027.
Études de santé : qu’est-ce qui va changer à la rentrée 2027 ?
Aujourd’hui, deux parcours permettent principalement d’accéder aux études de santé. Le PASS, largement consacré aux matières médicales, et la L.AS, une licence classique en droit, biologie ou psychologie, par exemple, avec des cours de santé en complément. Le gouvernement souhaite les remplacer par une licence portail santé, commune aux étudiants qui veulent devenir médecins, pharmaciens, dentistes, sages-femmes ou kinésithérapeutes. Concrètement, cette nouvelle première année comprendrait trois grands enseignements.
- Un bloc santé, avec des cours de biologie, d’anatomie et de sciences médicales.
- Un bloc disciplinaire, consacré à une autre matière comme la biologie, la physique ou les sciences humaines.
- Un bloc transversal, portant notamment sur la communication, l’éthique et les relations humaines.
Autre changement important, les étudiants conserveraient deux chances d’intégrer une formation de santé, en première ou en deuxième année. Le redoublement serait également autorisé une fois, contrairement au fonctionnement actuel du PASS.
Pourquoi les universités réclament-elles un report à 2028 ?
Sur le papier, simplifier l’accès aux études de santé fait plutôt consensus. Le problème, c’est le calendrier et surtout les moyens nécessaires. Les facultés doivent revoir leurs programmes, recruter des enseignants, prévoir des salles supplémentaires et organiser de nouvelles modalités de sélection. Tout cela alors que la formation doit apparaître sur Parcoursup dès décembre 2026.
Les besoins sont considérables. À Sorbonne Université, la réorganisation pourrait nécessiter environ 60 % de personnel enseignant et administratif supplémentaire dans les formations concernées. À l’université Paris Cité, les besoins ont été évalués à une trentaine de postes d’enseignants-chercheurs supplémentaires. Sans moyens adaptés, certaines universités craignent de devoir réduire le nombre d’étudiants accueillis en première année, alors même que la France cherche à former davantage de professionnels de santé.
Une réforme qui risque aussi de pénaliser certains étudiants
Les responsables universitaires s’inquiètent également des différences entre établissements. Toutes les facultés ne disposent pas des mêmes budgets, des mêmes locaux ni du même nombre d’enseignants. La nouvelle organisation pourrait ainsi compliquer l’accès aux études de santé dans certaines universités et accentuer les inégalités entre candidats.
Ces inquiétudes ne sont pas nouvelles. En décembre 2024, la Cour des comptes avait déjà constaté que la réforme PASS-L.AS n’avait pas réellement amélioré la réussite des étudiants ni suffisamment diversifié leurs profils sociaux. Les doyens réclament donc un report à septembre 2028, afin de disposer d’une année supplémentaire pour préparer les formations et garantir des conditions d’accueil satisfaisantes.
Pour l’instant, le gouvernement maintient l’objectif de la rentrée 2027. Les étudiants qui commencent leur parcours en septembre 2026 sont également concernés par les dispositions transitoires prévues pour passer à la nouvelle organisation.
À SAVOIR
Pendant près de 50 ans, le numerus clausus a limité le nombre d’étudiants autorisés à poursuivre des études de médecine en France. Instauré en 1971, il ne permettait qu’à 3 500 étudiants environ d’accéder à la deuxième année en 1993, contre plus de 9 000 en 2020. Supprimé en 2021, il a été remplacé par le numerus apertus, qui fixe les capacités d’accueil en fonction des besoins de santé et des moyens de formation des universités.



