Un groupe d'amis heureux devant un match de foot.
Eh oui, les supporters pourraient eux aussi profiter des bienfaits psychologiques du sport. © Magnific

Et si suivre un match de football, une étape du Tour de France ou une finale de tennis faisait aussi du bien au moral ? Une étude récente menée auprès de plus de 7 000 adultes suggère que les personnes qui regardent régulièrement des compétitions sportives présentent moins souvent des symptômes dépressifs. Plaisir, émotions partagées, sentiment d’appartenance et lien social… Des effets qui pourraient faire du simple spectateur un bénéficiaire inattendu des vertus du sport.

Joie, suspense, soulagement, euphorie… Un match de sport peut faire passer par toute une palette d’émotions. Et selon une étude récente menée auprès de plus de 7 000 personnes, ces moments vécus devant un écran ou dans les tribunes pourraient avoir des effets bien réels sur le moral.

Les chercheurs ont observé que les personnes qui regardent régulièrement des compétitions sportives déclarent moins souvent de symptômes dépressifs que celles qui n’en regardent jamais. Un constat surprenant, alors que les bienfaits du sport sur la santé mentale sont généralement attribués à sa pratique et non à son simple visionnage.

Selon les auteurs, cet effet ne s’expliquerait pas seulement par la passion pour une équipe ou le plaisir de suivre une compétition. Les émotions ressenties pendant un match, le sentiment d’appartenir à une communauté de supporters et les interactions sociales générées par les événements sportifs pourraient contribuer à renforcer le bien-être psychologique. Une manière de rappeler que, parfois, le sport se joue aussi dans la tête.

Des émotions positives qui stimulent le cerveau

Selon les neurosciences, les compétitions sportives activent les circuits de la récompense, un ensemble de régions cérébrales impliquées dans le plaisir, la motivation et les émotions positives. Lors d’un but marqué à la dernière minute, d’une victoire inattendue ou d’un exploit sportif, le cerveau libère notamment de la dopamine. Souvent surnommée « molécule de la récompense », cette substance participe à la sensation de plaisir et à l’anticipation d’un événement positif.

Même sans être sur le terrain, le spectateur vit une partie de ces émotions. Le suspense, l’excitation et l’identification aux athlètes provoquent une véritable réaction émotionnelle. Ce phénomène est bien connu des spécialistes du sport qui parlent parfois d’« émotion par procuration ». Autrement dit, notre cerveau réagit en partie comme si nous participions nous-mêmes à l’événement.

Le sentiment d’appartenir à un groupe, un facteur protecteur

Les bénéfices observés ne semblent pas uniquement liés à l’émotion sportive. Les chercheurs avancent une autre explication majeure : le sentiment d’appartenance sociale. Soutenir une équipe, partager une victoire ou commenter une compétition avec d’autres personnes contribue à renforcer les liens sociaux.

Or ce facteur joue un rôle essentiel dans la santé mentale. L’isolement social est aujourd’hui reconnu comme un facteur de risque de dépression. À l’inverse, le fait de se sentir intégré à une communauté ou à un groupe peut exercer un effet protecteur. Le sport possède une capacité particulière à créer ce sentiment d’appartenance. Peu importe l’âge, la profession ou le niveau d’études : pendant quelques heures, des milliers de personnes peuvent vibrer pour le même objectif.

Dans un stade, devant un écran géant ou simplement sur les réseaux sociaux, les supporters partagent les mêmes émotions. Cette expérience collective favorise les échanges et renforce les interactions sociales, deux éléments associés à un meilleur bien-être psychologique.

Une observation cohérente avec d’autres travaux scientifiques

Même si cette étude porte spécifiquement sur les spectateurs, ses conclusions rejoignent des travaux antérieurs. Des chercheurs de l’Université de Tsukuba, au Japon, ont notamment montré en 2026 que les personnes âgées assistant régulièrement à des événements sportifs présentaient moins de symptômes dépressifs que celles qui n’en regardaient jamais. Les auteurs soulignaient déjà l’importance des interactions sociales et des émotions partagées comme mécanismes explicatifs.

Les spécialistes de la santé mentale rappellent depuis plusieurs années que la qualité du réseau social constitue l’un des principaux facteurs de protection contre la dépression. Les activités collectives, les loisirs partagés et les occasions de maintenir des liens réguliers avec les autres jouent un rôle important dans le maintien du bien-être psychologique. Dans ce contexte, regarder du sport pourrait représenter une forme particulière de participation sociale.

Faut-il pour autant remplacer sa séance de marche par une soirée devant un match ? Pas vraiment. Les chercheurs soulignent que les bénéfices observés chez les spectateurs ne doivent pas être confondus avec ceux de l’activité physique. Les preuves scientifiques concernant les effets du sport pratiqué sur la santé mentale sont aujourd’hui beaucoup plus solides.

De nombreuses études ont montré qu’une activité physique régulière réduit le risque de dépression, améliore l’humeur et contribue à diminuer le stress et l’anxiété. L’exercice agit notamment sur la production de neurotransmetteurs comme la dopamine, la sérotonine ou les endorphines. Regarder du sport pourrait donc constituer un complément intéressant, mais certainement pas un substitut à l’activité physique.

À SAVOIR

Vibrer ensemble devant un exploit sportif ne crée pas seulement des souvenirs communs. Selon plusieurs travaux en neurosciences, les personnes qui partagent une même émotion forte peuvent voir certaines de leurs activités cérébrales se synchroniser temporairement. Une curiosité scientifique qui pourrait contribuer à renforcer le sentiment de proximité et de cohésion au sein d’un groupe.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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