Covid-19 : malgré la hausse des cas, la vaccination ne sera pas avancée 

le 6 octobre 2026 à 15h36
Un professionnel de santé présente le vaccin qui sera utilisé lors de la campagne de vaccination contre le Covid-19, à partir du 13 octobre.
La campagne de vaccination contre le Covid-19 débutera en même temps que celle contre la grippe, le 13 octobre prochain. © Magnific
Le Covid-19 gagne du terrain en France. Mais pas question, pour l'instant, de bousculer le calendrier vaccinal. Malgré une circulation du virus en hausse depuis plusieurs semaines, le ministère de la Santé maintient le lancement de la campagne de vaccination au 13 octobre 2026. Une décision qui peut surprendre alors que les contaminations progressent. Mais les autorités sanitaires se veulent rassurantes sur la situation actuelle.
Sommaire

Depuis la rentrée de septembre, le Covid-19 regagne du terrain en France. Les consultations médicales et les passages aux urgences pour suspicion d’infection se multiplient, signe d’une circulation plus active du virus. Cette reprise intervient à quelques jours du lancement de la campagne de vaccination contre la grippe et le Covid-19. Alors que les personnes les plus fragiles restent particulièrement exposées aux complications. Malgré cette hausse, le ministère de la Santé ne juge pas nécessaire d’avancer le calendrier. La vaccination débutera donc bien le 13 octobre 2026, la situation sanitaire ne faisant pas état, pour l’heure, d’une pression hospitalière préoccupante.

Covid-19 : une hausse de 19 % des consultations en une semaine

Entre le 21 et le 27 septembre, SOS Médecins a enregistré une hausse de 19 % des consultations pour suspicion de Covid-19 chez les adultes, soit 173 actes supplémentaires en une semaine. Une progression qui s’inscrit dans une tendance déjà bien engagée, puisque ces consultations avaient bondi de 76 % la semaine précédente. Même constat dans les services d’urgences, où les passages pour suspicion de Covid-19 ont augmenté de 22 % chez les adultes, avec 114 passages supplémentaires sur la même période.

Des chiffres qui témoignent d’une circulation plus active du virus, sans pour autant annoncer une nouvelle crise hospitalière. Ces augmentations restent relativement limitées en nombre de patients supplémentaires. Elles ne s’accompagnent pas, à ce stade, d’une hausse majeure de l’activité globale des urgences. Il faut également garder à l’esprit que ces données concernent des suspicions de Covid-19, et non exclusivement des infections confirmées par un test. Elles permettent surtout de mesurer l’évolution de la circulation du virus sur le territoire.

Pourquoi le ministère de la Santé refuse-t-il d’avancer la vaccination ?

Une hausse des cas, mais pas de pression hospitalière majeure

Malgré la hausse des contaminations, le ministère de la Santé maintient le lancement de la campagne de vaccination au 13 octobre 2026. Une décision qui s’explique principalement par l’absence de dégradation majeure de la situation hospitalière. Car si le virus circule davantage, ses conséquences sur le système de soins restent, pour l’heure, limitées. Dans son bulletin du 30 septembre, Santé publique France indique que l’activité globale des urgences et des associations SOS Médecins demeure stable, toutes tranches d’âge confondues. Les consultations liées aux infections respiratoires progressent. Mais sans atteindre des niveaux particulièrement préoccupants.

En clair, le Covid-19 regagne du terrain, mais les hôpitaux ne connaissent pas, à ce stade, d’afflux massif de patients lié au virus. Une situation qui ne justifie donc pas, aux yeux des autorités sanitaires, de modifier le calendrier vaccinal à une semaine de son lancement. Le ministère reste néanmoins attentif à l’évolution des indicateurs. Notamment aux hospitalisations et aux formes graves, qui pourraient conduire à réévaluer la situation si la circulation du virus venait à s’intensifier.

Une décision qui dépend aussi de la surveillance hospitalière

Depuis la fin de la crise sanitaire, la manière de surveiller le Covid-19 a évolué. Fini le suivi quotidien du nombre de tests positifs comme au plus fort de la pandémie. Désormais, les autorités sanitaires s’appuient principalement sur les consultations médicales. Les passages aux urgences, les hospitalisations et les analyses permettant de mesurer la circulation du virus.

Cette surveillance repose notamment sur le réseau OSCOUR, qui couvrait 96 % des passages aux urgences en France en 2024. Mais aussi sur les données de 62 associations SOS Médecins, représentant environ 95 % de leur activité. L’objectif est de repérer rapidement une éventuelle aggravation de la situation sanitaire, même lorsque les personnes infectées ne se font pas tester.

Car une hausse des passages aux urgences ne signifie pas nécessairement une augmentation des hospitalisations pour formes graves. C’est justement cette distinction qui permet aux autorités d’évaluer la pression réelle du Covid-19 sur les établissements de santé. Et d’adapter, si nécessaire, les mesures de prévention.

Quels sont les risques avec les variants actuels ?

Le SARS-CoV-2 continue d’évoluer et de produire de nouveaux sous-variants. Ces évolutions peuvent modifier sa capacité à se transmettre ou à échapper partiellement aux défenses immunitaires. En revanche, la seule apparition d’un nouveau variant ne signifie pas automatiquement qu’il provoque des formes plus graves. Les symptômes du Covid-19 restent généralement proches de ceux d’autres infections respiratoires : 

  • fièvre, 
  • toux, 
  • fatigue, 
  • maux de gorge, 
  • douleurs musculaires, 
  • maux de tête.

Pour la majorité des personnes sans facteur de risque, l’infection guérit sans complication majeure. Mais le Covid-19 peut toujours provoquer des pneumonies, des difficultés respiratoires et, plus rarement, des complications nécessitant une hospitalisation. Il existe également un risque de Covid long, avec des symptômes qui persistent ou apparaissent après la phase aiguë de l’infection, parfois pendant plusieurs mois.

Qui doit particulièrement se protéger face à cette reprise du Covid-19 ?

Si les autorités sanitaires ne jugent pas nécessaire d’avancer la vaccination, certaines personnes restent particulièrement exposées aux conséquences du virus. C’est notamment le cas des personnes âgées, dont les défenses immunitaires peuvent être moins efficaces. Mais aussi des patients atteints de maladies chroniques.

Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, respiratoires, de diabète ou de certaines pathologies rénales présentent notamment un risque accru de complications. Les patients immunodéprimés, dont le système immunitaire est affaibli par une maladie ou un traitement, nécessitent également une attention particulière. Les femmes enceintes font aussi partie des publics auxquels la vaccination est recommandée. Pour ces personnes, l’enjeu n’est pas seulement d’éviter quelques jours de fièvre ou de fatigue. Il s’agit surtout de réduire le risque de développer une forme grave du Covid-19 et de devoir être hospitalisé.

Vaccination Covid-19 : ce qui est prévu à partir du 13 octobre

La campagne de vaccination contre le Covid-19 débutera bien le mardi 13 octobre 2026, en même temps que celle contre la grippe saisonnière. Les personnes concernées pourront ainsi recevoir les deux vaccins lors d’un même rendez-vous, avec une injection dans chaque bras, sans avoir à respecter de délai particulier entre les deux.

Cette nouvelle campagne s’adresse en priorité aux personnes les plus exposées aux formes graves du Covid-19, notamment les personnes âgées de 65 ans et plus, les femmes enceintes, les patients atteints de maladies chroniques et les personnes immunodéprimées, dont les défenses immunitaires sont affaiblies.

La vaccination est également recommandée aux professionnels de santé, aux personnels des établissements médico-sociaux et aux personnes en contact régulier avec des publics fragiles. L’objectif reste avant tout de limiter les hospitalisations et les complications graves, particulièrement chez les personnes dont la protection immunitaire peut diminuer avec le temps.

Faut-il attendre après une infection pour se faire vacciner ?

Le calendrier vaccinal tient également compte des infections et vaccinations précédentes. Pour la plupart des personnes concernées, un délai de six mois après la dernière infection au Covid-19 ou la dernière injection est recommandé avant de recevoir une nouvelle dose. Ce délai est ramené à trois mois pour les personnes âgées de 80 ans et plus ainsi que pour les personnes immunodéprimées, afin de tenir compte de leur vulnérabilité.

L’objectif est de renforcer leur protection lorsque celle-ci risque de diminuer plus rapidement. Il faut également rappeler que la protection vaccinale n’est pas immédiate. L’organisme a besoin d’environ deux semaines pour développer une réponse immunitaire renforcée après l’injection. Le vaccin ne garantit pas l’absence d’infection, mais il contribue à diminuer le risque de formes graves, particulièrement chez les personnes les plus fragiles.

À SAVOIR 

En 2023, le lancement de la campagne de vaccination contre le Covid-19 avait été avancé de 15 jours, du 17 au 2 octobre, afin de protéger plus rapidement les personnes les plus fragiles. Une décision prise sur recommandation du COVARS, le comité chargé à l’époque d’anticiper les risques sanitaires. En 2026, malgré la hausse actuelle des indicateurs, les autorités n’ont pas fait le même choix.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partagez sur