Culottes menstruelles : qui peut désormais se faire rembourser ?

le 1 octobre 2026 à 17h03
Un pharmacien tend à une jeune femme un sac contenant une culotte menstruelle remboursée.
Le remboursement est limité à deux protections réutilisables par période de douze mois. © Magnific
Depuis ce jeudi 1er octobre 2026, certaines culottes et coupes menstruelles réutilisables peuvent être remboursées en France. Près de 6,7 millions de personnes sont potentiellement concernées, à condition d’avoir moins de 26 ans ou de bénéficier de la Complémentaire santé solidaire. Mais attention, toutes les protections vendues dans le commerce ne sont pas éligibles.
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Chaque mois, c’est une dépense dont il est difficile de faire l’économie. Protections jetables ou réutilisables, les règles ont un coût et celui-ci peut peser lourd lorsque le budget est déjà serré. Pour certaines personnes, la facture va désormais pouvoir s’alléger.

À compter de ce 1er octobre 2026, l’Assurance Maladie prend en charge certaines protections menstruelles réutilisables achetées en pharmacie. Une mesure prévue depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, mais dont l’entrée en vigueur aura donc demandé un peu de patience.

Dans le détail, deux catégories de protections réutilisables sont concernées par la mesure. Les culottes menstruelles et les coupes menstruelles, aussi appelées « cups ». Près de 6,7 millions de personnes menstruées pourraient bénéficier du dispositif.

Culottes menstruelles remboursées : ce qui change ce 1er octobre

Qui peut bénéficier du remboursement ?

Deux publics peuvent bénéficier de cette nouvelle prise en charge. D’abord, toutes les personnes menstruées âgées de moins de 26 ans, sans condition de ressources. Leur niveau de revenus ou leur situation professionnelle n’entre donc pas en compte.

Le remboursement est également ouvert aux bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), sans limite d’âge. Cette complémentaire, gratuite ou accessible avec une participation financière selon les revenus, est destinée aux personnes disposant de ressources modestes.

Concrètement, une personne de moins de 26 ans peut bénéficier du dispositif qu’elle ait ou non la C2S. À partir de 26 ans, en revanche, seules les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire sont éligibles.

Combien les protections sont-elles remboursées ?

Le niveau de remboursement dépend de la situation de la personne concernée. Pour les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), les protections éligibles sont prises en charge à 100 %, dans la limite des prix fixés par le dispositif. Elles n’ont donc ni reste à charge ni somme à avancer.

Pour les moins de 26 ans qui ne bénéficient pas de la C2S, l’Assurance Maladie prend en charge 60 % du prix de la protection. Les 40 % restants peuvent être remboursés par la complémentaire santé, notamment dans le cadre d’un contrat dit « responsable ». Une protection éligible peut ainsi, selon la couverture de la personne, être intégralement prise en charge. Le tiers payant peut également être appliqué en pharmacie. Lorsqu’il l’est, la personne n’a pas à avancer la part couverte par l’Assurance Maladie et, selon sa complémentaire, celle prise en charge par cette dernière.

Jusqu’à 19 euros pour une culotte menstruelle

La prise en charge est encadrée par des prix limites de vente. Pour être remboursable, une culotte menstruelle ne peut pas être vendue plus de 19 euros, tandis que le prix d’une coupe menstruelle est plafonné à 15,80 euros. Il ne s’agit donc pas d’une enveloppe versée à l’assurée, mais bien d’un prix maximal fixé pour les protections qui entrent dans le dispositif.

Concrètement, la démarche est simple et aucune ordonnance n’est nécessaire. Les personnes éligibles peuvent se rendre directement en pharmacie et présenter leur carte Vitale. Le pharmacien vérifie leurs droits et leur propose les modèles référencés disponibles dans son officine.

La quantité remboursable est également limitée. Chaque personne peut bénéficier de la prise en charge de deux protections menstruelles réutilisables sur une période de douze mois, à compter de la date du premier achat remboursé. Il est possible de choisir deux culottes menstruelles, deux coupes ou une protection de chaque type. Une fois ce quota atteint, il faut attendre le renouvellement de la période de douze mois pour bénéficier d’une nouvelle prise en charge.

Attention, toutes les culottes menstruelles ne sont pas remboursées !

Toutes les protections réutilisables disponibles sur le marché ne donnent pas droit au remboursement. Pour être prise en charge, la référence exacte du produit doit avoir été inscrite sur la liste officielle des protections éligibles après avoir satisfait aux critères fixés par les pouvoirs publics. Ces protections doivent respecter un cahier des charges destiné à garantir leur qualité et leur sécurité. Il prévoit notamment des exigences concernant les substances utilisées dans leur fabrication. Sont aussi pris en compte, leurs performances d’absorption et, pour les culottes menstruelles, leur résistance à des lavages répétés. Certaines exigences reposent également sur des certifications ou des tests spécifiques. Parmi les fabricants disposant de références éligibles, il ya notamment 

  • Elia Innovation, 
  • Biocodex, 
  • Petites Choses, 
  • Claripharm,
  • Sisters Républic. 

Cette liste n’est toutefois pas exhaustive et, surtout, tous les produits commercialisés par une même marque ne sont pas nécessairement remboursables. Il faut donc vérifier la référence proposée en pharmacie. Enfin, le lieu d’achat compte autant que le produit choisi. Pour bénéficier de la prise en charge, les protections doivent être achetées en pharmacie. Un achat réalisé sur le site Internet d’une marque, en grande surface ou dans un autre commerce n’ouvre pas droit au remboursement, même lorsqu’il s’agit d’un modèle par ailleurs éligible au dispositif.

Un démarrage qui devrait être progressif dans les pharmacies

Le remboursement entre officiellement en vigueur ce 1er octobre 2026, mais cela ne signifie pas que toutes les pharmacies proposeront immédiatement des protections éligibles. Le dispositif devrait se mettre en place progressivement au fil des approvisionnements des officines et de l’arrivée des références inscrites au remboursement. Dans les premiers jours, le choix pourra donc varier fortement d’une pharmacie à l’autre.

Avant de se déplacer, il peut être utile de contacter directement son pharmacien pour savoir s’il dispose déjà de culottes ou de coupes menstruelles remboursables, ou s’il peut les commander.

Cette mise en œuvre intervient surtout plus de deux ans après l’annonce de la mesure. Le remboursement des protections menstruelles réutilisables avait été inscrit dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, avec une entrée en vigueur initialement envisagée en 2024. Son application a toutefois nécessité plusieurs textes réglementaires et la définition précise des produits pouvant être pris en charge. Leur publication a notamment été retardée par le contexte politique de 2024. Le dispositif devient finalement effectif le 1er octobre 2026.

La précarité menstruelle touche particulièrement les jeunes

Cette nouvelle prise en charge vise notamment à lutter contre la précarité menstruelle, soit la difficulté à acheter suffisamment de protections périodiques pour des raisons financières. Le phénomène touche particulièrement les jeunes. Selon une enquête OpinionWay de 2023, citée par le gouvernement, 31 % des femmes menstruées de 18 à 50 ans interrogées déclaraient avoir déjà été confrontées à la précarité menstruelle. Cette proportion atteignait 44 % chez les 18-24 ans, soit plus de quatre sur dix.

Des dispositifs de distribution gratuite existent déjà pour les publics les plus fragiles. En 2023, 23 millions de protections périodiques ont été distribuées à 1,17 million de femmes, notamment dans les structures accueillant des personnes en situation de précarité ainsi qu’auprès de collégiennes et de lycéennes.

Pourquoi uniquement des protections réutilisables ?

Les serviettes et tampons jetables ne sont pas concernés par ce nouveau remboursement. Le dispositif cible uniquement les protections réutilisables, qui peuvent servir pendant de nombreux cycles et permettent ainsi de réduire les achats réguliers de protections jetables. Le choix répond également à un objectif environnemental, en limitant les déchets générés par les protections à usage unique. Le gouvernement présente ainsi cette mesure comme répondant à trois enjeux : 

  • la solidarité, 
  • la santé publique,
  • la sobriété écologique.

Depuis ce 1er octobre, les personnes éligibles peuvent donc se rendre directement en pharmacie avec leur carte Vitale, sous réserve que les références remboursables soient déjà disponibles.

À SAVOIR 

Les coupes menstruelles, comme les tampons, peuvent être associées au syndrome de choc toxique menstruel, une infection rare mais potentiellement grave. Le risque augmente notamment avec la durée de port. Il est donc recommandé de respecter scrupuleusement les règles d’hygiène et les durées d’utilisation indiquées par le fabricant, notamment en se lavant les mains avant et après chaque manipulation.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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