
Chlamydia, gonorrhée, syphilis… Ces infections sexuellement transmissibles explosent chez les jeunes. Pour freiner l’épidémie silencieuse, l’Assurance maladie lance ce 1er juillet un kit de dépistage IST gratuit pour les 18-25 ans. Discret, facile à utiliser, sans frais… On vous explique.
Chez les 18-25 ans, les infections sexuellement transmissibles (IST) progressent à vive allure. En particulier les IST bactériennes comme la chlamydia ou le gonocoque (aussi appelé gonorrhée). En France, selon Santé publique France, plus de 310 000 cas de chlamydia ont été recensés en 2022. Soit une augmentation de 10 % chez les hommes et stagnation à un niveau très élevé chez les femmes. Quant à la gonorrhée, elle bondit de +59 % chez les hommes et +46 % chez les femmes entre 2021 et 2023.
Et pourtant… Ces IST sont souvent asymptomatiques, notamment chez les femmes. Pas de douleurs, pas de symptômes visibles… mais des conséquences lourdes en cas de non-dépistage : stérilité, complications obstétricales, douleurs chroniques. Autant dire qu’un test au bon moment peut changer la donne.
Kit de dépistage : un dispositif adapté aux nouvelles générations
Un dépistage gratuit, discret et facile à domicile
L’objectif de l’Assurance maladie est de rendre le dépistage plus simple, plus accessible et moins tabou. Jusqu’ici, il fallait se rendre dans un centre de dépistage, ou chez un médecin, souvent au prix d’un ticket modérateur ou d’un malaise mal dissimulé. Alors, beaucoup de jeunes n’osaient pas franchir le pas.
D’où ce nouveau dispositif lancé le 1er juillet 2025. Un kit de dépistage des IST gratuit pour les jeunes femmes de 18 à 25 ans, disponible en quelques clics sur le site ameli.fr. Un élargissement aux jeunes hommes est déjà prévu à l’automne 2025.
Comment ça marche, ce kit de dépistage à domicile ?
Très simplement. Une fois sur le site de l’Assurance maladie, il suffit de répondre à un court questionnaire (10 questions maximum). Pas de blabla inutile, on va droit au but. Le kit est ensuite envoyé gratuitement à l’adresse souhaitée, en toute confidentialité.
À l’intérieur, un autoprélèvement vaginal, une enveloppe retour préaffranchie, et les instructions claires pour ne pas se louper. Une fois le prélèvement réalisé, il suffit de renvoyer le tout au laboratoire indiqué. Les résultats sont envoyés par SMS sous 5 jours ouvrés. Et en cas de résultat positif ? Une prise en charge médicale vous est proposée, sans frais.
Quels sont les IST détectées ?
Le kit permet un dépistage de quatre infections majeures :
- Chlamydia trachomatis
- Neisseria gonorrhoeae (le fameux gonocoque)
- Syphilis
- Hépatite B
Les trois premières sont des infections bactériennes traitables par antibiotiques, à condition d’être détectées à temps. L’hépatite B, elle, est une infection virale : elle ne se soigne pas avec des antibiotiques, mais peut faire l’objet d’un suivi et d’un traitement antiviral si elle devient chronique. Et tous les frais du kit sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans avance de frais ni ordonnance préalable.
Un dispositif qui s’inscrit dans une stratégie plus large de prévention
Une mesure qui s’appuie sur des preuves
Ce n’est pas la première fois que l’idée d’un dépistage à domicile est testée. Une étude pilote menée en 2012 à Paris, baptisée « Chlamyweb », avait déjà prouvé son efficacité. Le recours au dépistage avait été multiplié par 3,4 par rapport aux méthodes classiques, selon une publication dans Sexually Transmitted Infections Journal.
Autre levier : le programme “Mon test IST”, lancé en septembre 2024, qui permet déjà aux jeunes de faire un test gratuit en laboratoire. Le nouveau kit vient donc compléter ce dispositif, en s’adressant à celles et ceux qui préfèrent faire ça tranquillement, à la maison, sans rendez-vous ni attente.
Ce qu’en pensent les experts
Pour le Dr Florence Lot, médecin à la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam), ce dispositif vise à « lever les freins liés à la gêne, à l’accès aux soins ou au coût ». Elle explique que les jeunes sont souvent mal informés sur les risques réels des IST et sur la nécessité d’un dépistage régulier, même sans symptôme.
Même son de cloche du côté des professionnels de santé publique : dépister plus, plus tôt, plus souvent, c’est la clé pour endiguer l’épidémie silencieuse qui progresse dans cette tranche d’âge.
À SAVOIR
Selon une étude de Santé publique France parue en 2023, près d’un jeune sur deux (47 %) âgé de 18 à 24 ans n’a jamais réalisé de dépistage IST, même après un rapport sexuel non protégé. Parmi les principales raisons invoquées : la gêne, le manque d’information… et le sentiment d’invincibilité.








Bonjour,
Je note une grossière erreur car l’hépatite B n’est pas due à une bactérie mais à un virus!!!
Et ne se soigne pas par des antibiotiques !!
Merci de corriger dans votre texte
Bonjour,
merci pour votre vigilance, la correction a été effectuée.
La rédaction de Ma Santé